Les Etats-Unis veulent bloquer lundi les ports iraniens

Le blocus des ports iraniens, annoncé par les Etats-Unis après l’échec de pourparlers avec l’Iran, doit débuter lundi, une perspective qui a fait rebondir les prix du pétrole.
Lundi 14H00 GMT: c’est à cette heure que l’armée américaine a prévu d’imposer un blocus aux « navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens ».
Une heure confirmée lundi par Donald Trump: « Les Etats-Unis vont imposer un blocus aux navires entrants et sortants des ports iraniens le 13 avril à 10H », heure de Washington, a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.
L’annonce inattendue du blocus américain, couplée à l’échec des négociations à Islamabad durant le week-end pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, a fait déferler une nouvelle vague d’inquiétudes pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures du Golfe.
Après l’accalmie des derniers jours, le baril de pétrole a directement commencé la semaine au-dessus du prix symbolique de 100 dollars, bondissant de plus de 7% pour le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, et de plus de 8% pour le WTI, référence américaine, vers 05H00 GMT.
L’incapacité des deux parties à trouver un accord après plus de 20 heures de pourparlers à Islamabad fait craindre une reprise des attaques après plus de six semaines d’une guerre qui a fait plus de 6.000 morts, principalement en Iran et au Liban et a déstabilisé l’économie mondiale.
Le respect du cessez-le-feu de deux semaines qui doit expirer le 22 avril reste incertain: si le Pakistan, médiateur dans les pourparlers infructueux, a appelé à ce qu’il continue d’être observé, ni les Etats-Unis ni l’Iran n’ont évoqué le sujet.
Dans une première déclaration après le retour de la délégation américaine du Pakistan, Donald Trump a annoncé dimanche un « processus de BLOCUS de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz », étroite voie maritime stratégique pour la circulation mondiale du pétrole, dont les Etats-Unis exigent le déblocage par l’Iran.
Néanmoins sera autorisée la circulation des navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran à travers le détroit d’Ormuz, a précisé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom.
Sans détailler les modalités d’une telle opération, Donald Trump a affirmé sur Fox News que le Royaume-Uni « et quelques autres pays » enverraient des dragueurs de mines.
La réponse de l’Iran ne s’est pas fait attendre: l’influent président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a répondu que son pays « ne cèdera à aucune menace », et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont menacé de piéger leurs ennemis dans un « tourbillon mortel ».
Sans fermer la porte à une reprise des tractations, Washington et Téhéran se renvoient la responsabilité de l’échec des discussions au Pakistan.
Donald Trump a mis la faute sur le refus de l’Iran de renoncer à se doter de l’arme nucléaire, une ambition démentie par Téhéran. Et leur éventuel retour à la table des négociations « est égal » au président américain.
« S’ils ne reviennent pas, ça me va très bien », a déclaré M. Trump aux journalistes sur la base militaire d’Andrews, près de Washington, à son retour d’un weekend passé en Floride.
Selon l’Iran, un accord était « à deux doigts » d’être trouvé. Pour le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, l’un des principaux négociateurs de la République islamique, l’échec est dû au « jusqu’au-boutisme américain ».
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baqaei, avait auparavant évoqué « une atmosphère de suspicion et de méfiance », jugeant « évident » qu’un accord ne pouvait être obtenu « en une seule session » (AFP).

