Flash
Faute grave : ce que les dirigeants doivent prouver avant de licencier L’AMMC enregistre la mise à jour annuelle du dossier d’information de CFG Bank PLF 2027 : le gouvernement fixe le cap autour de quatre axes majeurs Le Maroc à l’heure de la souveraineté économique Les médecins du privé interpelle Akhannouch sur la révision de la tarification nationale de référence Fromageries Bel Maroc : 1,5 million de portions solidaires pour SOS Villages d’Enfants 27 ans de règne : SM le Roi dresse le cap pour consolider les acquis du Maroc 27 ans de règne : le Maroc métamorphosé par la Vision Royale Sous l’impulsion de Mohammed VI, le Maroc réussit le pari de la stabilité et de la modernité Election du Secrétaire Général de l’ONU le 1er Janvier 2027 : pour une profonde réforme de l’ONU  
Economie

L’évolution de l’électricité nette appelée à fin Juin 2025 annonce un rythme de croissance économique de 3,99%

électricité

La demande d’électricité n’est pas qu’une grandeur physique mesurable : au Maroc, sa forte corrélation à la croissance économique en fait un moyen d’estimer l’évolution du PIB.

En rythme annuel, la demande récente d’électricité indique qu’à fin du 2ème trimestre 2025, le rythme annuel de croissance serait de 3,99%/an qui, si toutefois il se maintenait à fin 2025, permettrait d’atteindre un PIB de 1’327 GDh constants de 2014.

Publicité

Sauf quand spécifiquement mentionné, les sources de données sont strictement officielles : nationales pour les données énergétiques[1], [2], [3], [4], [5], [6], [7] et, si besoin est, internationales pour les revenus[8].

Pour 12 mois glissants, la Figure 1 montre la composition de l’électricité nette appelée (courbe noire enveloppe haute) ainsi que l’évolution de l’électricité livrée par l’ONEE-BE (courbe noire la plus basse). Les moyens mis en œuvre (production et imports) pour satisfaire la demande en électricité nette appelée sont :

  • en violet, la somme des productions nettes d’électricité à partir de sources fossiles, de chaleur industrielle et de turbinage de la STEP (déduction faite des absorptions STEP et auxiliaires),
  • la production d’électricité renouvelable : hydroélectrique (bleu), éolienne (vert) et solaire (jaune),
  • le complément de solde positif importé pour satisfaire la demande (rayures rouges verticales).

Capture decran 2025 09 01 a 08.55.52

Figure 1 Evolution de la satisfaction de la demande d’électricité sur 12 mois glissants

La mauvaise nouvelle dans le graphique de droite de la Figure 1, c’est que depuis fin 2024, l’éolien perd des parts sur le reste du mix électrique.

Certes, les revenus dépendent des achats d’électricité par les abonnés et dans nos articles précédents, les livraisons d’électricité assurées par l’ONEE-BE ont été, à juste titre, considérées comme le meilleur Proxy de ces achats. Toutefois, depuis 2024, toute la distribution d’électricité MT et BT est progressivement transférée aux 12 Sociétés Régionales Multiservices (SRM), ce qui a pour effet d’augmenter les livraisons de l’ONEE pour compenser les pertes techniques et non-techniques descendues vers ces SRM. Pour que cette augmentation ne perturbe pas nos calculs, nous sommes contraints à utiliser la corrélation entre électricité nette appelée et PIB montrée à gauche dans la Figure 2 et qui est acceptable depuis 65 ans.

Capture decran 2025 09 01 a 08.56.01

Figure 2 PIB en Dh de 2014 calculé (droite) à l’aide de sa corrélation à l’électricité nette appelée (gauche)

Si certains chercheurs se penchent sur la causalité du nexus énergie – PIB pour savoir lequel est la cause de l’autre, il nous suffit la forte corrélation à 99.83% par une simple cubique entre le PIB en valeur constante et l’électricité nette appelée, comme confirmé par les cercles et la courbe bleue de la Figure 2, les erreurs conjoncturelles n’ayant que très rarement dépassé 4%. D’ailleurs même l’atypique année 2020 (COVID) ne s’écarte que très peu du comportement global de la corrélation cubique représentée par la courbe en bleu. Le graphique de droite de la Figure 2 superpose les données réelles annuelles du PIB (cercles rouges) avec les mensuelles calculées pour 12 mois glissants. On notera le bon accord dans la période post-COVID.

Les carrés noirs de la Figure 3 montrent l’évolution du PIB (en GDh, millions de Dh de 2014) des 12 mois précédents calculé à partir des livraisons d’électricité de l’ONEE-BE avec la corrélation établie dans la Figure 2. Pour chacun des 12 mois précédents, le rythme de la croissance annuelle glissante du PIB est représenté par les cercles rouges sur cette même Figure 3 et se rapporte à l’échelle de droite.

Capture decran 2025 09 01 a 08.56.08

Figure 3 Evolution du PIB calculé par corrélation polynomiale de 12 mois glissants et sa croissance

Malgré toutes les incertitudes, l’analyse de la demande d’électricité du Maroc indique que :

  • l’inversion du signe de la croissance se serait produite en mai 2020, à cause de COVID,
  • le retour à la croissance positive se serait produit en avril 2021, grâce à la « fin » de COVID,
  • finissant à 2.63% à fin 2024, le PIB s’y serait situé à 1’273 GDh de 2014,
  • à la fin du 2ème trimestre de 2025 la croissance aurait atteint 3.99% là où le HCP donne 4,6%[9],
  • avec une telle croissance, le PIB de fin 2025 pourrait atteindre 1’327 GDh de 2014.

Quels sont les éléments causant des erreurs sur cette évaluation indirecte de la croissance ?

Utiliser une corrélation extraite du structurel (sur 65 ans) pour l’utiliser sur le conjoncturel (12 mois glissants) peut être source d’erreurs causées par les fluctuations interannuelles influençant la corrélation entre énergie et PIB, notamment celles liées à la météorologie et à la structure du PIB (surtout les fluctuations excessives du PIB agricole du Maroc). Mais tant que persistera cette corrélation, l’observation de l’économie par la demande de l’électricité ne sera pas aussi farfelue qu’on pourrait le penser.

Par Amin BENNOUNA (sindibad@uca.ac.ma)

Références

[1] Royaume du Maroc, Ministère de l’Energie, des Mines et de l’Environnement, Portail qui a été désactivé des statistiques de l’Observatoire Marocain de l’Energie (OME), https://www.observatoirenergie.ma/data/

[2] Royaume du Maroc, Ministère de l’Economie, des Finances, et de la Réforme de l’Administration, Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF), Notes de Conjoncture, http://depf.finances.gov.ma/etudes-et-publications/note-de-conjoncture/

[3] Royaume du Maroc, Ministère de l’Economie, des Finances, et de la Réforme de l’Administration, Direction du Trésor et des Finances Extérieures (DTFE), Notes de Conjoncture, https://www.finances.gov.ma/fr/Nos-metiers/Pages/notes-conjoncture.aspx

[4] Royaume du Maroc, Bank Almaghrib, Revue de la Conjoncture Economique, http://www.bkam.ma/Publications-statistiques-et-recherche/Documents-d-analyse-et-de-reference/Revue-de-la-conjoncture-economique

[5] Haut Commissariat au Plan, Annuaire Statistique du Maroc, Version électronique après 2013 https://www.hcp.ma/downloads/Annuaire-statistique-du-Maroc-version-PDF_t11888.html, Version papier ou scannées avant 2013 https://cnd.hcp.ma/

[6] Haut Commissariat au Plan, Bulletins statistiques, https://www.hcp.ma/downloads/?tag=Bulletins+statistiques

[7] Red Eléctrica de España, Intercambios, https://www.ree.es/es/datos/intercambios

[8] Banque Mondiale, https://donnees.banquemondiale.org/pays/maroc?view=chart

[9]  HCP, Point de conjoncture, https://www.hcp.ma/Point-de-conjoncture-du-premier-trimestre-2025-et-perspectives-pour-les-deuxieme-et-troisieme-trimestres_a4148.html

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!