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Economie

Marché du travail et chômage : les derniers chiffres du HCP (EMO2026)

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La nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026) constitue la première enquête d’une nouvelle génération d’enquêtes sur le marché du travail au Maroc. Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail, qui mesure la main-d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail (totale ou partielle), s’élève à 16,6% au premier trimestre 2026. 

Le HCP vient de publier la nouvelle Enquête sur la main-d’œuvre (EMO2026) qui constitue la première enquête d’une nouvelle génération d’enquêtes sur le marché du travail au Maroc, conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19e, 20e et 21e Conférences internationales des statisticiens du travail (CIST) de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Elle se substitue à l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE).

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La population en âge de travailler (15 ans et plus) se répartit en deux catégories mutuellement exclusives selon la situation vis-à-vis du marché du travail : la main-d’œuvre (comprenant les personnes en emploi contre revenu et les chômeurs au sens strict) et la population hors main-d’œuvre, laquelle inclut la main-d’œuvre potentielle.

Au premier trimestre 2026, la population en âge de travailler s’établit à 27,8 millions personnes. Sa répartition se décline comme suit :

marché du travail chômage hcp

Au premier trimestre 2026, la main d’œuvre (personnes en emploi contre revenu et les chômeurs en sens strict) s’établit à 11.617.000 personnes. Près de 63,6% de cette catégorie de la population résident en milieu urbain. Par ailleurs, les femmes ne représentent que 21% de la main d’œuvre, contrastant nettement avec leur poids prédominant au sein de la population hors main-d’œuvre (71,2%).

Le taux de participation à la main d’œuvre (part de la main d’œuvre dans la population en âge de travailler) a atteint 41,8% au niveau national ; 41% en milieu urbain et 43,3% en milieu rural. Un écart très marqué a été constaté entre les hommes et les femmes ; ce taux culmine à 66,4% pour les hommes contre seulement 17,5% pour les femmes.

Les tranches d’âge 25-34 ans et 35-44 ans enregistrent les taux de participation à la main d’œuvre les plus importants, avec respectivement 56,7% et 56,5%, suivi par les personnes âgées de 45 ans et plus (38%). Alors que, les jeunes âgés de 15 à 24 ans enregistrent le taux le plus faible (23,4%).

Emploi contre revenu

Au premier trimestre 2026, le volume des personnes pourvues d’un emploi contre revenu a atteint 10.364.000 personnes. Près de 61,7% de cette population résident en milieu urbain et 19,7% sont de sexe féminin.

Le taux d’emploi contre revenu s’établit, ainsi, à 37,3% ; 35,5% en milieu urbain et 40,7% en milieu rural. Ce taux est de 60,1% pour les hommes contre 14,7% pour les femmes.

Selon les tranches d’âge, il culmine à 52,8% pour les personnes âgées de 35 à 44 ans, suivi par celles âgées de 25 à 34 ans (47,6%). Il décline à 36,4% pour les personnes âgées de 45 ans et plus avant d’atteindre le niveau le plus faible pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans (16,6%).

Contribution sectorielle dans l’emploi contre revenu

Le secteur des « services » est le principal pourvoyeur de l’emploi contre revenu, avec 5.085.000 personnes, concentrant à lui seul près de la moitié des personnes en emploi contre revenu (49,1%). Il est suivi de celui de l’ »agriculture, sylviculture et pêche » qui emploie 2.541.000 personnes, soit 24,5% du volume total d’emploi contre revenu, de l’ »industrie », avec 1.409.000 personnes (13,6%) et des BTP, avec 1.314.000 personnes (12,7%).

Il est à souligner que près des deux-tiers (64,3%) des personnes en emploi contre revenu, en milieu urbain, exercent dans le secteur des « services » et 17,7% dans l’ »industrie ». En milieu rural, 55,2% des personnes en emploi contre revenu exercent dans le secteur de l’ »Agriculture, sylviculture et pêche » et 24,4% dans les « services ».

La sous-utilisation de la main-d’œuvre 

Pour appréhender toutes les formes de besoin non satisfait de travail en échange d’une rémunération ou d’un bénéfice, une approche multidimensionnelle est désormais préconisée. Elle met en lumière l’ampleur et la diversité des pressions qui s’exercent réellement sur le marché du travail en intégrant :

  • Le chômage au sens strict qui appréhende les situations d’absence totale d’emploi contre revenu chez des personnes qui en cherchent un et sont disponibles pour travailler ;
  • Le sous-emploi lié à la durée du travail qui appréhende l’insuffisance du temps de travail des personnes en emploi contre revenu ;
  • La main-d’œuvre potentielle qui constitue un réservoir potentiel de la main d’œuvre et qui fait référence aux personnes hors main d’œuvre ayant un intérêt pour l’emploi contre revenu, mais dont les conditions actuelles limitent leur recherche active ou leur disponibilité.

Au premier trimestre 2026, le volume du chômage en sens strict a atteint 1.253.000 personnes, dont 79,6% résident en milieu urbain et 31,3% sont des femmes. Parmi les personnes en emploi contre revenu, 671.000 sont en situation de sous-emploi lié à la durée de travail, dont 52,9% résident en milieu urbain. Enfin, la main-d’œuvre potentielle s’est établie à 884.000 personnes, soit 5,5% de la population hors main-d’œuvre.

Dans ce nouveau dispositif, l’analyse de la sous-utilisation de la main-d’œuvre ne se limite plus au seul taux de chômage : elle repose sur un ensemble cohérent de quatre indicateurs composites intégrant les diverses formes de la sous-utilisation de la main d’œuvre.

Taux de chômage strict

Au premier trimestre 2026, le taux de chômage strict s’établit à 10,8%, 13,5% en milieu urbain et 6,1% en milieu rural. Ce taux culmine à 16,1% pour les femmes contre 9,4% pour les hommes. Les jeunes de 15 à 24 ans restent la catégorie la plus exposée avec un taux de 29,2%, suivi par les personnes âgées de 25 à 34 ans (16,1%).

Taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail

Le taux combiné du chômage strict et du sous-emploi lié à la durée de travail, qui mesure la main-d’œuvre subissant une insuffisance de temps de travail (totale ou partielle), s’élève à 16,6% au premier trimestre 2026. Ce taux est de 18,3% en milieu urbain et 13,6% en milieu rural. Il culmine à 19,8% pour les femmes contre 15,7% pour les hommes.

Taux combiné du chômage strict et la main-d’œuvre potentielle

Le Taux combiné du chômage strict et la main-d’œuvre potentielle, qui mesure la pression actuelle et potentielle sur le marché du travail, s’établit à 17,1% au premier trimestre 2026, 20,4% en milieu urbain et 11,2% en milieu rural. Un écart très marqué est enregistré entre les hommes et les femmes ; ce taux culmine à 27,9% pour les femmes contre 13,9% pour les hommes.

Taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre

Taux composite de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, qui reflète le besoin global non satisfait de travail (en associant le chômage strict, le sous-emploi lié à durée et la main-d’œuvre potentielle), s’établit à 22,5% au niveau national, 24,8% en milieu urbain et 18,3% en milieu rural. Les taux les plus élevés concernent les jeunes âgés de 15 à 24 ans (45,3%) et les femmes (31,1%), indiquant une coexistence des différentes composantes du besoin non satisfait de travail pour ces deux catégories.

Situation régionale du marché du travail

Six régions affichent des taux participation à la main d’œuvre supérieurs à la moyenne nationale (41,8%). Il s’agit des régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab avec 63,9%, de Tanger-Tétouan-Al Hoceima avec 46,4%, de Casablanca-Settat avec 45,6%, de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 43,1%, de Rabat-Salé-Kénitra avec 42,6%, et de Marrakech-Safi avec 42,2%. En revanche, les taux les plus bas sont enregistrés dans les régions de Drâa-Tafilalet (31,1%), de l’Oriental (37%) et de Guelmim-Oued Noun (37,2%).

S’agissant du chômage strict, les taux de chômage les plus élevés sont observés dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (20,3%), de l’Oriental (14,9%), de Guelmim-Oued Noun (14,8%), et de Fès-Meknès (14,2%). Avec moins d’acuité, deux régions dépassent la moyenne nationale (10,8%) à savoir Rabat-Salé-Kénitra (10,9%) et Casablanca-Settat (12,7%). Cependant, les régions de Dakhla-Oued Ed-Dahab, de Marrakech-Safi et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima enregistrent les taux les plus bas, respectivement 5,7%, 7,0% et 7,3%.

 

 

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