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Economie

Pourquoi les mesures du gouvernement n’ont pas réussi à préserver le cheptel national ?

aid al adha bétails

Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Malgré les mesures prises par le ministère agriculture pour sauver le cheptel national, le constat est sans appel. Un cheptel fragilisé qui risque de compromettre l’une des fêtes religieuses les plus sacrées chez les Marocains. A qui incombe la responsabilité ?

Plus la date du Aïd Al Adha s’approche, plus les rumeurs s’accentuent quant à l’annulation de cette fête religieuse à laquelle les Marocains sont très attachés pour plusieurs considérations.

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Sécheresse, baisse de la production du cheptel et hausse des prix des viandes rouges, tels seraient les raisons qui motiveraient une telle décision. Le gouvernement n’a ni confirmé ni infirmé ces rumeurs puisque le porte-parole du gouvernement s’est contenté de dire qu’il était encore tôt pour se prononcer sur la question du maintien ou de l’annulation de Aïd Al-Adha.

Bien que la grande majorité des acteurs alertent sur le maintien de cette fête qui risque de fragiliser davantage le cheptel et de provoquer un choc post-Aïd sur les prix de la viande rouge, et bien que la conjoncture tende vers une annulation inévitable, les Marocains restent divisés entre ceux qui s’attachent au sacrifice malgré les prix qui risquent d’être élevés et ceux qui préfèrent l’annulation pour des raisons purement financières.

Faut-il rappeler qu’en termes de dépenses, le sacrifice de l’Aid Al-Adha représente près de 30% de la dépense globale des ménages marocains dédiée annuellement à la consommation des viandes. Cette part est de 41 % chez les ménages des 10% les moins aisés et de 23% chez ceux des 10 % les plus aisés (enquête HCP 2022).

Mais en attendant que le gouvernement se décide et dans le cas où il opterait pour le maintien de la célébration de Aïd Al Adha, la question qui se pose : va-t-il reconduire le même dispositif de l’année dernière à savoir la subvention des ovins importés trésor décrié par ailleurs ?

Rappelons que l’année dernière et à moins de 3 mois de la fête du sacrifice de 2024 (tenue le 17 juin) soit le 29 mars 2024, le gouvernement, à travers l’ONICL, avait annoncé la mise en place d’un dispositif de subvention à l’importation des ovins pour la période allant du 15 mars courant au 15 juin 2024. Ce dispositif consistait à la mise en place d’une prime forfaitaire de 500 dirhams par tête à restituer par l’État en faveur des importateurs pour un objectif de 300.000 têtes. L’objectif de cette mesure exceptionnelle et temporaire était de préserver le cheptel national et de stabiliser les prix.

Or, non seulement ce dispositif a été très critiqué notamment en raison de la qualité du cheptel importé, des prix appliqués par les revendeurs, de la gouvernance du dispositif qui a profité principalement aux grands, mais il n’a pas atteint les objectifs fixés.

Les prix de la viande ont continué à flamber après Aïd Al-Adha et ce malgré des mesures supplémentaires prises par le gouvernement relatives à la suspension de la perception des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée applicables aux bovins et ovins domestiques. En effet, en novembre 2024, le gouvernement décide d’augmenter les quotas de 120.000 à 200.000 têtes pour les bovins domestiques et de 100.000 à 200.000 têtes pour les ovins jusqu’au 31 décembre 2024.

Mais il s’avère que ces mesures sont insuffisantes et que l’état actuel du cheptel est d’autant plus fragilisé. Certes la sécheresse est en grande partie responsable de cette situation, mais pas que. La politique du gouvernement tend de plus en plus vers la dépendance à l’importation. Cette importation n’est-elle pas aussi responsable de cette fragilisation du produit national ?

Cela dit, le suspense autour de la tenue ou pas de la célébration de la fête de Aïd al-Adha ne va pas trop durer. Les Marocains seront fixés au plus tard vers fin mars et sauront s’ils vont devoir revivre la situation des années 1963, 1981 et 1996. A suivre !

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