Ouverture du capital des pharmacies : le gouvernement tente d’apaiser la colère des pharmaciens

Ecrit par la Rédaction I
Alors que la polémique enfle autour de l’éventuelle ouverture du capital des pharmacies, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a tenté de rassurer les représentants de la profession lors d’une réunion tenue ce jeudi 5 mars à Rabat.
Face aux inquiétudes grandissantes des pharmaciens, le ministre a assuré que l’ouverture du capital des pharmacies ne figurait pas, pour l’heure, parmi les orientations adoptées par son département. Une déclaration qui intervient après plusieurs semaines de tensions dans le secteur, alimentées par des discussions et consultations autour de la réforme du marché du médicament.
Au cœur des préoccupations des professionnels : la crainte de voir le modèle actuel des officines fragilisé par l’entrée éventuelle d’investisseurs extérieurs. Les syndicats redoutent notamment une transformation profonde du secteur, susceptible de bouleverser l’équilibre économique déjà précaire de nombreuses pharmacies.
Cette controverse s’inscrit dans un contexte de débat plus large sur l’avenir du secteur pharmaceutique, notamment après les échanges engagés entre les organisations professionnelles et le Conseil de la concurrence. Les avis de cette institution, bien que consultatifs, ont relancé la question de la régulation et de l’organisation du marché du médicament au Maroc.
Lors de la réunion, le ministre a également évoqué l’accord signé le 6 avril 2023 avec les représentants de la profession, qui prévoit plusieurs mesures destinées à répondre aux revendications du secteur. Mais plus d’un an après sa signature, certains pharmaciens estiment que la mise en œuvre de ces engagements reste lente et insuffisante.
Dans un climat de méfiance, les organisations professionnelles réclament désormais des garanties claires sur l’avenir du modèle économique des pharmacies. Pour beaucoup d’acteurs du secteur, la question dépasse la seule ouverture du capital, elle touche à la viabilité même de la profession et à l’équilibre de la chaîne du médicament.
Le ministère assure vouloir poursuivre le dialogue avec les syndicats afin de faire avancer les réformes en cours. Reste à savoir si ces assurances suffiront à calmer les tensions dans un secteur qui se dit de plus en plus fragilisé.


