Palestine : à quand la fin de l’horreur et de la barbarie ?

Écrit par Imane Bouhrara I
Horreur, barbarie, on peut s’évertuer à sasser le bagage linguistique pour décrire ce qui se passe en Palestine depuis le 7 octobre 2023, mais la cruauté dépasse largement la linguistique.
Ce n’est pas omettre les horreurs que vivent les Palestiniens depuis des décennies, mais juste se focaliser sur ces 8 mois d’épouvante qui ont fait tomber les masques sur un monde cruel, violent, injuste, hypocrite, immoral et lâche.
En ces 8 mois, l’humanité s’est avérée une supercherie grandeur nature, excusez le langage, mais à ce stade, inutile de ménager les sensibilités. En réalité, il n’y en a pas. L’insensibilité oui. L’indifférence oui. On se complait à continuer à faire semblant, à mener une existence normale, jusqu’à ce qu’une vidéo d’un bébé décapité de Rafah vous explose à la gueule. Je vous aurai prévenu, ce coup-ci, on ne va pas faire dans la dentelle. Ça y est, le seuil de tolérance est bien franchi.
S’il s’agissait de tester nos limites, Israël doit comprendre qu’elle a épuisé son solde auprès de tous même des États qui la couvaient, finançaient et approvisionnaient en armes. Les complices d’hier se défilent aujourd’hui, mais l’histoire telle un éléphant a bonne mémoire, comme les taches de sang qui ne disparaissent jamais.
Cette guerre, non, conflit, non, ce terrorisme d’État contre des civils révèle la lie de l’humain. Et l’on trouve encore ceux qui voudraient nous faire berner par le discours des relations, nations, droit, géopolitique… oui, on se faisait berner facilement jusqu’à pas longtemps d’ailleurs sur le monde, les valeurs humaines, l’inclusion, vous vous rappelez certainement ce discours bisounours post Covid-19. Une posture dans laquelle on se complait car pas prêts à affronter la réalité, cette impuissance à faire bouger les choses, oui parce que dans ce dossier c’est un jeu de puissances… puissance des armes. Et personne ne veut se prendre dans des tirs croisés ! Osez me dire le contraire, nous sommes bien trop lâches.
Dans ce panorama chaotique, apocalyptique, il y a eu un merveilleux éveil des consciences et pas que du côté du monde oriental, arabo-musulman… non, l’Occident vit des sécessions de la plèbe, (oui, nous sommes la plèbe et nous l’avons toujours été), et où s’exerce le pouvoir informel des citoyens face à des patriciens qui s’évertuent à repousser le seuil de tolérance.
Que c’est magnifique ! Il existe encore des humains parmi nous, qui n’ont ni la même couleur, ni la même langue, ni la même religion, tout nous sépare et pourtant nous unit… cette même volonté de sauver l’once d’humanité en nous, pour ne pas devenir des monstres. Ou des crapauds, car vous devez connaître la Fable de la grenouille.
Le mur de la peur est tombé, pour preuve, des étudiants de prestigieuses universités préfèrent sauver leur humanité qu’un diplôme. De prestigieuses, ces universités n’en ont que le nom. Depuis quand le monde académique est-il devenu aussi fourbe et sanguinaire ?
Certains bien évidemment continuent à faire la sourde oreille, à trouver ces postures absurdes, tandis que d’autres nous crachent leur venin en plein visage. Ils ne s’en cachent plus pour le faire. Pourquoi le feraient-ils ? Qui se fiche de ce que peut bien penser une grenouille ? Alors crapaud, monstre ou humain, que chacun fasse son examen de conscience et choisisse de quel côté il se range.
