Elections 2026 : le capital confiance est totalement amorti

Ecrit par Houssifi El Houssaine I
À l’approche des élections, le théâtre politique marocain lève le rideau sur une tragi-comédie bien familière, où les promesses de changement peinent à masquer la pauvreté du débat. Ce rendez-vous démocratique, qui devrait être le moment d’un sursaut national et d’une confrontation d’idées, met une nouvelle fois en lumière le décalage flagrant entre les aspirations du peuple et la stature de ses représentants.
Avec le coup d’envoi de la campagne électorale, les Marocains ont rapidement réalisé combien nos politiciens sont pauvres, ils n’ont que de l’argent. Ni présence, ni charisme, ni intelligence, ni assurance, pour le pays, ils font une belle jambe. Ils font patte de velours pour accéder à l’hémicycle. Mais, ils oublient que quand un clown entre dans un palais, il ne devient pas roi. C’est le palais qui devient un cirque.
Aujourd’hui, tous les Marocains ont saisi que nos politiciens sont incapables d’être les auteurs des réalisations, ô combien nombreuses, dont ils font l’article, sans rougir, devant un public qui ne connaît pas la musique. Ces réalisations sont l’œuvre d’une équipe royale qui a de l’huile de coude à revendre. Les équipes qui ont gouverné, ces derniers temps, ne sont que des comptables qui enregistrent, au jour le jour, dans des journaux royaux, les exploits inédits du palais.
Nous avons eu droit, lors de ces premiers jours de la campagne, à des meutes qui se guerroient avec une main de maitre. Tous les moyens sont bons pour envoyer l’autre sur les roses. Nous avons vu certains, ou du moins un, mordre la main qui lui a été tendue, si longtemps, alors qu’il découvrait dans le berceau argentin des rouages administratifs. Pour être juste, ils s’échangeaient les services, alors que tous devraient être au service du pays. Ils ne doivent pas perdre de vue qu’aujourd’hui en chaire, demain en bière. Il ne serait pas étonnant, une fois que le thermomètre des urnes se sera stabilisé, qu’ils se retrouvent autour d’une même table dans le cadre d’une coalition qui fait cohabiter les frères ennemis. Il est vrai que deux époux doivent se garder de se quereller quand ils ne s’aiment plus assez pour se réconcilier.
Il est de bonne guerre, de voir coalition et opposition se disputer la confiance du peuple. Mais de voir une guerre déclarée à l’intérieur de la coalition sortante, ça saoule plus d’un. Une guerre de recrutement de personnes à même de faire la guerre pour leurs élocutions, leurs capacités à fédérer et surtout pour leur blé qui sent l’humidité.
Un mercato qui défie toute concurrence. On a assisté à un mouvement migratoire interpartis sans précédent qui ne peut être rivalisé que par celui organisé, dans le noir, au nord. Ces personnes qui changent de conviction ou nient leurs responsabilités et ne sont pas dignes de confiance. Adulte signifie assumer une responsabilité. Ils doivent savoir que la plus grande difficulté n’est pas tant de prendre de décisions que de les assumer. Ces comportements honteux ne font que déprécier le capital confiance, ou du moins ce qui en reste, dans une société en déconfiture. Ce qui est certain, c’est ce que la classe moyenne est en panne de confiance. C’est pourquoi, tous les partis politiques ont élu, les campagnes et les fiefs de la pauvreté, comme quartiers généraux. Là-bas, ils peuvent encore débiter leurs chapelets qui puent l’absurdité.
Charles de Gaulle l’avait si bien dit : « En politique, on ne succède qu’à des imbéciles et on ne laisse la place qu’à des charlatans ». De Gaulle est mort, mais sa citation est toujours en vie. C’est pour quand la délivrance ?
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