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Parlements africains : les commissions des affaires étrangères condamnent toutes les manifestations du séparatisme

Parlements africains

Les travaux de la deuxième édition du Forum des présidents des Commissions des Affaires étrangères des parlements africains se sont ouverts, jeudi au siège de la Chambre des représentants, sous le thème “Vers la mise en place de fondements durables pour la stabilité et la sécurité en Afrique”. Cette 2e édition a été sanctionnée par une Déclaration finale poignante.

La séance d’ouverture de ce Forum, qui connaît la participation des représentants d’une quarantaine de pays africains, a été marquée par les allocutions du président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et de la présidente de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense nationale, des Affaires islamiques, des Affaires de la migration et des Marocains résidant à l’étranger, Salma Benaziz.

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Organisée par la Chambre des représentants, cette édition, qui s’inscrit dans le cadre de la coopération et de la coordination des efforts des parlements africains afin de relever les défis auxquels le continent est confronté, reflète la volonté du Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de renforcer la coopération et la solidarité à l’échelle africaine.

Le Forum a été l’occasion pour les participants de renforcer la coordination, le dialogue et la concertation entre les commissions des Affaires étrangères des parlements africains, sur les questions de la paix et de la sécurité, à travers deux axes principaux.

Cette 2e édition a été sanctionnée par une Déclaration finale poignante, en voici le texte intégral : 

Nous, Présidentes et Présidents des Commissions des Affaires Etrangères des Parlements nationaux Africains, réunis à Rabat, capitale du Royaume du Maroc, pour notre deuxième session afin d’examiner les moyens d’unir nos efforts au service des causes de nos pays et de notre continent.

Ayant examiné la situation actuelle de l’Afrique dans un contexte international marqué par les incertitudes et leurs répercussions sur nos pays confrontés à des défis majeurs tels que le terrorisme, les conflits armés et les crises, les effets du dérèglement climatique sur le développement, les migrations, les déplacements et l’asile ; à travers deux axes : i) la prévention des conflits en Afrique et ii) l’intégration économique, une voie de développement pour la paix sur le continent.

Soulignant le rôle crucial qui est celui des parlements nationaux pour relever ces défis et contribuer à faciliter la réalisation des enjeux de nos pays et des aspirations de nos peuples à la paix, à la sécurité, au développement et au progrès.

Conscients de la nécessité urgente d’opérer un tournant décisif dans les relations intra-africaines, de s’orienter vers une coopération plus étroite et des échanges économiques plus intenses et de mettre en œuvre des projets continentaux, régionaux, nationaux, transnationaux et structurés, de façon à mettre en place des affluents pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) et pour d’autres blocs et projets régionaux réussis et de stimuler l’essor de l’Afrique, et de se mettre au diapason des aspirations de nos peuples à la prospérité commune; Nous insistons sur les points suivants :

1- Nous louons l’initiative de tenir cette réunion, qui constitue une nouvelle phase de coordination, d’action conjointe et de consultation constructive et productive entre nos institutions législatives.

2- Nous affirmons notre détermination à renforcer les relations entre les Commissions des Affaires étrangères des parlements nationaux africains et à coordonner leurs efforts et leurs positions sur les questions qui relèvent de leurs compétences, dans le respect de la souveraineté de chaque pays et des décisions souveraines de chaque parlement national.

3- Nous décidons de conjuguer nos efforts et de coordonner nos positions au sein des foras parlementaires multilatéraux, régionaux, continentaux et internationaux dans le cadre de notre plaidoyer pour les causes de notre continent, l’Afrique, notamment en faveur de la justice climatique pour nos Etats, la correction des perceptions sur la migration dans les pays d’accueil, et la prévention des risques et menaces pour nos pays, notamment le terrorisme, les conflits armés et le crime organisé.

4- Tout en exprimant notre grande préoccupation face aux conflits qui sévissent dans notre continent et aux tragédies humaines qui en découlent, ainsi que les coûts économiques et géopolitiques qu’ils engendrent, et suivant avec une grande inquiétude les souffrances endurées par certains pays du continent du fait du terrorisme aveugle et de l’extrémisme haineux et violent, nous affirmons notre solidarité avec les pays qui pâtissent de ce phénomène, condamnons fermement toutes les manifestations de terrorisme et de violence, et insistons sur la nécessité d’adhérer au règlement pacifique des conflits et à leur prévention.

5- Conscients de la nécessité d’une nouvelle prise de conscience africaine quant aux dangers du séparatisme et de l’ingérence dans les affaires intérieures des Etats sur l’intégrité territoriale et la souveraineté des Etats, et rappelant que l’unité et l’intégrité territoriale des Etats constituent la pierre angulaire des relations internationales, du droit international et d’un ordre international juste, nous affirmons notre rejet catégorique et notre condamnation de toutes les manifestations du séparatisme, de ses instigateurs et de ses auteurs, et nous mettons en garde contre toute tentative de s’en accommoder ou de traiter ce phénomène avec désinvolture.

6. Affirmant notre ferme conviction et notre confiance dans les potentialités de notre continent, en termes de ressources humaines incarnées notamment par la jeunesse, et en matière de ressources naturelles minérales stratégiques que recèle la terre africaine, de terres agricoles fertiles et de vastes ressources marines, nous affirmons notre détermination à contribuer à transformer ces atouts et l’expertise de nos pays en leviers pour l’intégration économique africaine et la garantie de notre sécurité alimentaire, pour une Afrique prospère et développée, permettant l’accomplissement de l’objectif de « l’Afrique continent de l’avenir » et l’aspiration légitime à convertir les potentialités en richesses et en outils de prospérité économique et stratégique, sur la base de la valorisation de la coopération et du partenariat Sud-Sud et la concrétisation d’une vision d’une « Afrique qui fait confiance à l’Afrique » au service du bien-être de nos peuples.

7- Rappelant les multiples défis auxquels notre continent est confronté, nous considérons l’investissement dans l’intégration économique entre nos pays comme un outil crucial pour atteindre la stabilité et la paix, et permettre aux citoyens d’accéder aux services sociaux et à l’emploi qui garantit la dignité et conforte le sentiment d’appartenance à la communauté nationale.

8- Nous nous engageons à hisser le niveau de coopération et d’échanges d’expertise entre nous dans le domaine de l’action parlementaire afin de renforcer les capacités de nos institutions et la confiance de nos peuples en ces potentialités, de promouvoir l’édifice institutionnel et démocratique, la participation et la stabilité, de développer nos législations et de les adapter aux exigences du développement national et continental et de l’intégration africaine escomptée, dans le respect des contextes de chaque pays et de ses traditions institutionnelles.

9- Rappelant ce qui précède, et dans un souci d’institutionnaliser notre coopération, de coordonner nos efforts et nos positions, et de communiquer entre nos institutions, nous avons créé le Forum des « Présidents des commissions des affaires étrangères des parlements nationaux africains », un cadre ouvert à tous les parlements africains des États membres des Nations Unies.

10- Nous remercions le Royaume du Maroc d’avoir accueilli cette réunion qui s’inscrit dans le cadre des initiatives africaines authentiques visant à accélérer le rythme de l’action africaine commune.

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