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Economie

Phosphates : hausse des prix du DAP, sur fond de renchérissement des intrants et du fret

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Le conflit au Moyen-Orient a ravivé les tensions sur le marché des engrais. En temps normal, environ 16 millions de tonnes d’engrais — soit près d’un tiers des expéditions mondiales par voie maritime — proviennent du Golfe et transitent par le détroit d’Ormuz. Depuis le début de la crise, les flux de phosphates, d’urée et de soufre ont nettement reculé, perturbant l’offre et renchérissant les intrants ainsi que le fret.

En juin, le prix du phosphate brut a progressé de 3% pour s’établir à 157 $/t, après environ 30 mois de stabilité. De son côté, le DAP (spot FOB US Gulf) a poursuivi sa remontée pour atteindre 784 $/t, son plus haut niveau depuis août 2025, en hausse de 2% par rapport à mai, de 27% depuis son creux de janvier et de 10% sur un an.

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Les prix des engrais phosphatés restent élevés, soutenus par la hausse des coûts d’intrants et une demande agricole résiliente. En moyenne sur le premier semestre 2026, le DAP affiche une hausse de 9,5% en glissement annuel, soutenu par une demande ferme sur les grands marchés importateurs, notamment en Inde et au Brésil.

Plus largement, l’indice mondial des engrais a rebondi de 30% sur un an sur la même période, porté principalement par l’envolée de l’urée (+53%)5 , signe d’un marché globalement tendu. En juin, toutefois, cet indice a reculé de 22% sur un mois, sous l’effet du reflux de l’urée (-41%), malgré la fermeté persistante des phosphates et du soufre.

La reprise partielle des cargaisons après l’accord de juin a été remise en cause par la nouvelle escalade de juillet : la nouvelle baisse du trafic dans le détroit d’Ormuz ravive les risques sur l’urée, l’ammoniac et le soufre, tandis que le maintien des restrictions chinoises à l’exportation de DAP/MAP limite les solutions de remplacement.

Pour le Maroc, ce contexte conforte le rôle stratégique d’OCP, mais souligne sa dépendance structurelle à l’égard du soufre importé — son exposition à l’ammoniac restant plus limitée. La diversification des approvisionnements et la montée en puissance du TSP — dont la part devrait dépasser 50% des volumes en 2026 — renforcent la flexibilité du groupe face aux tensions mondiales, relève la note de conjoncture de la DEPF.

Contraction de l’activité du secteur extractif à fin mai 2026

Au Maroc, la valeur ajoutée du secteur extractif a baissé de 3,2%, au terme du premier trimestre 2026, après une hausse de 9,3% un an auparavant, imputable notamment aux perturbations géopolitiques et logistiques internationales qui ont affecté les flux mondiaux de matières premières, selon la même source.

La contraction de l’activité de ce secteur s’est poursuivie au terme des cinq premiers mois de 2026 avec le recul de la production du phosphate roche, composante importante de l’activité du secteur, de 12,4%, après une hausse de 14,5% un an plus tôt. La production de ses dérivés s’est aussi repliée, avec une baisse de 11,5% à fin mai 2026 (après +7,9%).

S’agissant des exportations de phosphates et dérivés, elles se sont réduites de 11,2% au terme des cinq premiers mois de 2026, après une augmentation de 18,4% il y a une année, pour avoisiner les 32,7 Mds de DH.

Les exportations des dérivés de phosphates se sont contractées de 10,3% (après +15,6%) et ce, en dépit de l’évolution positive des expéditions de l’acide phosphorique (+2,1%). Quant à celles de phosphate roche, elles ont régressé de 19,2%, après une consolidation de 48,2% un an passé.

En revanche, les ventes à l’étranger des autres extractions minières ont quasiment doublé entre fin mai 2025 et fin mai 2026 (+95,4% après +3,2%) portées plus particulièrement par la dynamique des expéditions de minerai de cuivre (+321,3%) et de plomb (+24,6%).

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