Flash
OCP North America annonce l’arrivée aux États-Unis de la première cargaison d’engrais phosphatés marocains suite à la suspension temporaire des droits compensateurs ( CVD) Faute grave : ce que les dirigeants doivent prouver avant de licencier L’AMMC enregistre la mise à jour annuelle du dossier d’information de CFG Bank PLF 2027 : le gouvernement fixe le cap autour de quatre axes majeurs Le Maroc à l’heure de la souveraineté économique Les médecins du privé interpelle Akhannouch sur la révision de la tarification nationale de référence Fromageries Bel Maroc : 1,5 million de portions solidaires pour SOS Villages d’Enfants 27 ans de règne : SM le Roi dresse le cap pour consolider les acquis du Maroc 27 ans de règne : le Maroc métamorphosé par la Vision Royale Sous l’impulsion de Mohammed VI, le Maroc réussit le pari de la stabilité et de la modernité
Economie

Privatisation : un programme mis en stand-by en attendant la réforme

Privatisation

Ecrit par Lamiae Boumahrou I

L’absence de nouvelles prévisions relatives au programme de privatisation dans le PLF 2026 marque un tournant révélant le manque de visibilité, et un flou de la volonté de l’Etat quant audit programme.  La réforme en cours du cadre légal des privatisations, menée avec l’ANGSPE dans le cadre de la loi-cadre 50-21, doit aboutir à un nouveau régime plus moderne et clarifié. Reste à savoir si ce dispositif rénové permettra enfin de relancer une dynamique de privatisation à la hauteur des objectifs budgétaires du gouvernement.

Face aux besoins pressants de financement pour résorber le déficit budgétaire, alléger la dette publique et réduire la charge des entreprises publiques, la privatisation apparaît comme l’un des leviers privilégiés du gouvernement. Pourtant, malgré sa relance officielle en 2018, ce programme stratégique peine toujours à décoller et atteindre les objectifs fixés depuis plusieurs années.

Publicité

Depuis 2022, les prévisions de recettes issues des privatisations ne cessent d’être reportées d’un exercice à l’autre. Initialement fixées à 8 Mds de DH en 2022 puis reprogrammées en 2023, elles avaient été portées à 9 Mds DH en 2024, tandis que les exercices 2025 et 2026 étaient censés générer 3 Mds de DH chacun. Faute de réalisations concrètes, le projet de loi de finances (PLF) 2025 avait finalement revu sa copie en arrêtant à nouveau les prévisions de 2025 à 9 Mds de DH.

Dans les faits, une seule opération majeure a été menée à son terme : la cession de 26 % du capital de La Mamounia, conclue en 2024 pour un montant d’environ 1,7 Md de DH. Un montant qui reste bien en-deçà des ambitions du plan de privatisation, mais qui confirme néanmoins la volonté de l’État de mobiliser certains actifs pour améliorer sa situation financière.

Aucune autre privatisation structurante n’a été officialisée, alors même que plusieurs entreprises restent inscrites sur la liste potentielle des entités transférables au privé.

Qu’en est-il alors des prévisions pour l’exercice 2026 ? 

Fait significatif, le projet de loi de finances 2026 marque une rupture dans la communication autour du programme. La partie dédiée aux privatisations et aux cessions d’actifs, traditionnellement intégrée dans le rapport sur les établissements et entreprises publics (EEP), a été entièrement retirée.

La suppression d’un chapitre aussi stratégique n’est pas anodine mais elle révèle un manque de visibilité de la part du gouvernement, lié à une réforme structurelle majeure encore en cours d’élaboration.

En effet, rappelons qu’un cadre de privatisation est en cours et sera amendé prochainement conformément à la loi cadre de la réforme.

Il s’agit de la loi-cadre n°50-21 relative à la réforme des EEP qui prévoit dans son article 51 des mesures législatives pour fixer le régime des privatisations et ce, en application des dispositions de l’article 71 de la Constitution.

Le nouveau régime a pour objectif d’établir, selon une approche globale et intégrée, un cadre juridique moderne permettant d’encadrer les opérations de privatisation, les opérations du portefeuille et sur le capital. Il sera mis en place à travers l’amendement de la loi n° 39-89 autorisant le transfert d’entreprises publiques au secteur privé.

Selon une source proche du dossier, les travaux d’élaboration sont à un stade avancé, menés conjointement par les pouvoirs publics et l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), devenue un acteur central dans la gouvernance du portefeuille public.

Avec la suspension des prévisions dans le PLF 2026 le gouvernement semble privilégier une approche prudente plutôt que d’annoncer des recettes difficilement réalisables.

Reste à savoir si ce nouveau régime permettra enfin de relancer une dynamique de privatisation plus conforme aux ambitions budgétaires du gouvernement. La relance dépendra aussi de la cadence de finalisation du cadre juridique et de la capacité de l’ANGSPE à piloter une stratégie cohérente, alignée avec les besoins budgétaires et les objectifs de développement économique.

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!