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Economie Internationale

Prix des denrées alimentaires : le sursis de mai ne brise pas la spirale haussière de 2026

FAO PRIX DENRÉES ALIMENTAIRES FAO phytosanitaires

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont enregistré un léger recul en mai 2026, mettant fin à plusieurs mois de hausse consécutive.

Cette baisse demeure toutefois très limitée et ne remet pas en cause la tendance générale observée depuis le début de l’année. Selon les dernières données publiées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’indice mondial des prix alimentaires s’est établi à 130,8 points en mai, en retrait de seulement 0,2 % par rapport au mois d’avril. Malgré ce repli, l’indice reste supérieur de 2,9 % à son niveau de mai 2025 et évolue toujours à proximité de son plus haut niveau depuis janvier 2023.

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Cette relative stabilité masque toutefois des évolutions contrastées selon les filières agricoles. Les huiles végétales, qui avaient fortement contribué à la hausse des prix mondiaux ces derniers mois, ont enregistré leur première baisse de l’année. L’indice FAO des huiles végétales a reculé de 4,6 % en mai sous l’effet d’un repli des cours de l’huile de palme et de l’huile de soja. Les marchés ont notamment réagi à des perspectives de ralentissement de la demande internationale ainsi qu’à l’incertitude persistante sur les marchés énergétiques.

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Malgré cette correction, les huiles végétales restent plus de 20 % plus chères qu’il y a un an. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la hausse des coûts de l’énergie continuent en effet d’alimenter la demande en biocarburants, renforçant l’intérêt pour les matières premières oléagineuses.

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À l’inverse, les céréales poursuivent leur progression. L’indice FAO des céréales a progressé de plus de 2,6 % en mai. Le blé a enregistré une quatrième hausse mensuelle consécutive, soutenue par des perspectives de récolte moins favorables chez plusieurs grands exportateurs mondiaux, notamment aux États-Unis. Les marchés subissent également l’impact de l’augmentation des coûts du carburant et des engrais, facteurs directement liés aux tensions géopolitiques actuelles.

Le maïs a lui aussi bénéficié d’un soutien des prix en raison d’une demande internationale soutenue et d’une offre plus limitée au Brésil et aux États-Unis. Cette évolution mérite une attention particulière pour les pays importateurs de céréales, où les coûts d’approvisionnement restent fortement dépendants des marchés internationaux.

Le sucre figure parmi les produits ayant connu la plus forte hausse au cours du mois. L’indice correspondant a bondi de 7,5 % par rapport à avril. Les opérateurs anticipent un resserrement de l’offre mondiale dans les prochains mois, ce qui soutient les prix malgré un niveau encore inférieur de 13,1 % à celui observé un an auparavant.

Au-delà des évolutions de court terme, la FAO alerte également sur les perspectives de production céréalière mondiale. Dans son rapport sur l’offre et la demande, l’organisation prévoit une baisse de 2 % de la production mondiale de céréales pour la campagne 2026-2027, qui s’établirait à environ 2,98 milliards de tonnes. Toutes les grandes céréales devraient enregistrer un recul de production par rapport aux niveaux records atteints en 2025, le blé étant la culture la plus concernée.

Si la légère détente observée sur les huiles végétales apporte un signal positif, l’équilibre des marchés agricoles mondiaux reste fragile. Entre tensions géopolitiques, coûts énergétiques élevés, perspectives climatiques incertaines et risque de baisse de la production céréalière mondiale, les prochains mois pourraient continuer à alimenter la volatilité des prix agricoles à l’échelle internationale. Pour les opérateurs marocains, le suivi des indicateurs de la FAO demeure plus que jamais un outil essentiel d’anticipation des évolutions de marché.

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