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Finances

Trésor : arbitrage réussi entre levées domestiques et offensive à l’international

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Le Trésor optimise sa stratégie de financement. En mai 2026, l’argentier de l’État a opéré un arbitrage rigoureux pour couvrir ses besoins, combinant une mobilisation intensive de l’épargne locale à hauteur de 9,74 Mds de DH et une sortie internationale hautement réussie de 2,25 milliards d’euros.

En mai 2026, le Trésor a intensifié son recours au marché primaire domestique, mobilisant 9,74 Mds de DH, soit un niveau très proche de l’enveloppe annoncée de 10,0 Mds de DH. Cette séquence s’inscrit dans un environnement de financement marqué par un recours renouvelé aux marchés internationaux et matérialisé par une émission réussie de 2,25 Mds d’euros venue élargir le spectre des ressources mobilisables et renforcer la présence du souverain sur les compartiments externes.

Sur la courbe primaire, les ajustements sont demeurés limités avec une légère détente concentrée sur les maturités les plus liquides, notamment le 52 semaines et le 2 ans tandis que le segment long s’inscrit dans une relative stabilité à des niveaux néanmoins supérieurs à ceux observés en début d’exercice.

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Le profil d’ensemble reste cohérent avec des conditions de liquidité accommodantes dans un contexte où les taux monétaires (TMP et MONIA) continuent d’évoluer au voisinage du taux directeur fixé à 2,25%, assurant un cadre de référence lisible pour le segment court et un environnement globalement porteur pour les stratégies de portage obligataire ;

Les placements du Trésor ont reculé de -66% en m-o-m à 9,2 Mds de DH  après un mois d’avril marqué par un niveau exceptionnellement élevé porté par le pic des encaissements fiscaux.

Le retour à des volumes plus en ligne avec la saisonnalité habituelle combiné au recours au financement externe traduit un pilotage plus fin de la trésorerie, articulé autour d’un arbitrage entre mobilisation des ressources et préservation de l’équilibre sur le compartiment domestique sans perturber les conditions de liquidité.

Rétrospective des marchés internationaux

En mai 2026, la progression de l’Indice Dollar DXY de +0,87% est principalement redevable (i) au resserrement des anticipations monétaires américaines dans un contexte de pressions inflationnistes persistantes liées au choc énergétique qui ont soutenu le rendement des T-bonds et renforcé l’attractivité du Dollar américain et (ii) à la résilience des fondamentaux économiques américains ;

De son côté, le repli de l’EUR/USD de -0,71% sur le mois reflète le manque de traction de l’Euro dans un environnement de croissance européenne hésitante et de visibilité monétaire limitée tandis que le différentiel de taux continue de jouer en faveur du Dollar américain avec des rendements obligataires plus attractifs ;

S’agissant des commodités énergétiques, le repli marqué du Brent (-19,3%) et du WTI (-16,9%) en mai s’explique avant tout par (i) le désengagement de la prime de risque géopolitique accumulée lors des tensions au Moyen-Orient à mesure que les craintes de rupture d’approvisionnement se dissipent, (ii) l’enclenchement de prises de profit dans un contexte où les fondamentaux, bien que toujours contraints, ne justifiaient pas le maintien de niveaux de prix aussi élevés et (iii) un mouvement de normalisation des prix renforcé par un environnement financier plus restrictif ;

Enfin, l’Or s’est inscrit en repli de -1,9% dans le sillage de la remontée des rendements réels dans un environnement de taux qui reste contraignant et qui continue de peser sur l’arbitrage en faveur des actifs non rémunérateurs. À l’inverse, l’Argent progresse de +2,5%, porté par une dynamique à la fois sensible aux flux de couverture mais également aux perspectives liées au cycle industriel. (Avec BKGR)

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