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Economie

Programme d’aide directe au logement : un bilan maigre par rapport aux objectifs

programme logement

Ecrit pat Lamiae Boumahrou I

Un an après le lancement du programme aide directe au logement, l’heure est au bilan. Un bilan d’étape qui permet de mesurer l’impact de ce programme sur le plan économique et social. Malheureusement et contrairement aux attentes, le programme n’a pas suscité l’engouement ni le dynamisme tant espérés aussi bien par les promoteurs immobiliers, les citoyens ainsi que le gouvernement.

Rappelons qu’après 2 ans d’attente, depuis la fin des incitations fiscales accordées aux promoteurs immobiliers, promoteurs et futurs acquéreurs attendaient avec impatience ce nouveau programme qui allait marquer une relance du secteur de l’immobilier, résorber le déficit et surtout garantir le droit constitutionnel à un logement décent.

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Certes le programme a relancé le secteur de l’immobilier avec des indicateurs qui ont renoué avec le vert notamment les ventes du ciment, la hausse des crédits immobiliers (+ 9,45%), la hausse des crédits immobiliers (+1,7 %) et hausse des crédits alloués accordés au promoteurs immobiliers (7,2%)…

Cependant, force est de dire que le programme a trébuché tout au long de cette première année de démarrage. Ce constat repose sur les objectifs que le gouvernement s’est fixé pour ce programme.

Chiffres à l’appui, au 27 décembre 2024 le nombre de demandes a totalisé 125.280, dont 111.569 ont obtenu une approbation favorable et seulement 35.000 ont bénéficié sur programme. C’est ce qu’a annoncé Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville lors de la séance question réponse devant la chambre des représentants ce 6 janvier 2025 en précisant que plus de 40 % des bénéficiaires sont des femmes, 26% des MRE et 32% des jeunes. Seulement 30,5% des objectifs des bénéficiaires fixés pour l’exercice 2024 a été atteint soit 33.565 des 110.000 bénéficiaires. Quant au budget, seulement 3 Mds de DH ont été débloqués des 9,5 Mds de DH par an (contribution de l’Etat).

L’écart entre les objectifs et les réalisations interpelle à plusieurs titres notamment sur les raisons.

Le gouvernement a-t-il été très ambitieux ? L’offre ne suit pas la demande ? Les taux de crédit sont-ils encore trop élevés ?

Rappelons que l’Etat octroie une aide de 100.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est inférieur à 300.000 DH et de 70.000 DH pour l’acquisition d’un logement dont le prix de vente est compris entre 300.000 DH et 700.000 DH.

63% des 3 Mds de DH concernent les logements supérieurs à 300.000 DH et seulement 37 % les logements inférieurs à 300.000 DH. Donc c’est plus la classe moyenne qui est parvenue à acquérir un bien dans le cadre de ce programme.

Autre constat et pas des moindres, Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la Ville, avait annoncé lors de la séance des questions réponses au Parlement du 11 novembre que 97% des unités de logement ont été produites par des PME et TPE. Cela veut-il dire que les grands promoteurs immobiliers boudent-ils ou tout simplement ne s’intéressent-ils pas au programme ?

Qu’en est-il des 12 agences régionales d’Urbanisme et d’Habitat prévues en vue de permettre la mise en œuvre du programme d’aide au logement et d’accompagner la rénovation de la planification urbaine et territoriale ?

Ce qui est certain, les promoteurs avaient soulevé des freins qui ralentissent la mise en œuvre du programme bien avant la fin de l’exercice pour ne citer que la rareté et la cherté du foncier dans les grandes villes.

Le gouvernement a-t-il rectifié le tir dans l’optique d’accélérer la cadence de mise en œuvre ?

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