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Programme gouvernemental 2026-2031 : sept priorités pour un Maroc plus juste et plus compétitif

programme gouvernemental

Présenté devant les deux Chambres du Parlement, le programme gouvernemental pour la période 2026-2031 ambitionne de concilier croissance économique, justice sociale et développement territorial. La lutte contre la vie chère, la réforme des services publics, l’insertion professionnelle des jeunes et le renforcement des souverainetés stratégique, énergétique et alimentaire figurent parmi les principales priorités annoncées.

Au nom du gouvernement, Fatima-Zahra El Mansouri a présenté les grandes orientations du programme gouvernemental pour la législature 2026-2031, en mettant l’accent sur la nécessité de traduire les engagements politiques en résultats concrets pour les citoyens. Ce programme s’inscrit dans la continuité des réformes engagées au Maroc, tout en affichant la volonté de corriger les déséquilibres persistants en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’accès aux services publics.

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Dès l’ouverture de son intervention, la responsable gouvernementale a exprimé sa reconnaissance à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour la confiance royale, soulignant que cette nomination constitue un honneur, mais également une responsabilité envers le pays et ses citoyens.

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« Nous sommes conscients de l’ampleur de notre responsabilité et de la sensibilité des échéances à venir. Nous nous engageons à être à l’écoute, à dire la vérité sur nos moyens et nos contraintes, et à traduire nos engagements en programmes réalisables », a-t-elle déclaré.

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Le programme sera mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat avec le Parlement, dans le respect de ses prérogatives législatives, de contrôle et d’évaluation, ainsi que du rôle de la majorité et de l’opposition dans la vie démocratique.

Une nouvelle étape dans le processus de réforme du Maroc

La période 2026-2031 est présentée comme une étape déterminante dans la consolidation du modèle de développement marocain. Le gouvernement entend poursuivre les réformes institutionnelles et économiques, tout en renforçant la confiance entre les citoyens et les institutions.

Le discours rappelle le rôle de la Constitution de 2011 dans la consécration du choix démocratique, le renforcement du Parlement, l’indépendance de la justice, la participation citoyenne et le principe de responsabilité associée à la reddition des comptes.

Les élections législatives du 23 septembre 2026 sont également présentées comme une expression des attentes des Marocains, notamment en matière de protection du pouvoir d’achat, d’amélioration de l’école et de l’hôpital publics, de création d’emplois pour les jeunes et de réduction des disparités territoriales.

Si le Maroc a réalisé des avancées importantes en matière d’infrastructures, d’investissement et de rayonnement international, le gouvernement reconnaît que les bénéfices du développement n’ont pas été répartis de manière égale entre les catégories sociales et les territoires.

« Nous voulons passer de l’élargissement de la couverture sociale à l’amélioration de la qualité des services, du volume des investissements à leur rendement, et de la multiplication des programmes à leur complémentarité et à leur impact. »

Cette orientation constitue le fil conducteur du programme : préserver les acquis, poursuivre les grands chantiers et concentrer les ressources publiques sur les priorités qui influencent directement les conditions de vie des citoyens.

Sept priorités pour la période 2026-2031

Le programme gouvernemental s’articule autour de sept axes complémentaires :

  • La consolidation de l’État de droit et des institutions.
  • La lutte contre la corruption et la rente.
  • La préservation de l’identité nationale et de la cohésion sociale.
  • La garantie d’une vie digne et le renforcement de l’État social.
  • L’intégration des jeunes dans l’éducation, la formation et l’emploi.
  • La sécurisation des souverainetés stratégiques et le renforcement du rayonnement international du Maroc.
  • La construction d’une économie capable de financer les ambitions sociales et souveraines du pays.

La jeunesse occupe une place transversale dans ces priorités, qu’il s’agisse de participation politique, d’éducation, de formation professionnelle, d’entrepreneuriat, de développement rural ou d’accès aux métiers du numérique.

Le gouvernement prévoit notamment l’élaboration d’une stratégie nationale intégrée en faveur des jeunes, reposant sur une gouvernance coordonnée, participative et adaptée à leurs besoins.

État de droit, justice et droits fondamentaux

La première priorité consiste à consolider l’État de droit, à renforcer les institutions et à promouvoir les libertés fondamentales. Le gouvernement entend rétablir la confiance dans l’action publique à travers un dialogue institutionnel renforcé, une participation citoyenne accrue et une meilleure prise en considération des propositions constructives de l’opposition.

La modernisation de la justice doit permettre de faciliter l’accès des citoyens aux tribunaux et de renforcer la sécurité juridique.

Le programme prévoit également de poursuivre les réformes législatives et institutionnelles destinées à intégrer davantage les droits humains dans les politiques publiques.

L’égalité entre les femmes et les hommes constitue un autre engagement majeur. Les mesures annoncées concernent notamment l’autonomisation économique des femmes, l’accès à un emploi décent, la lutte contre les violences, l’amélioration de l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection sociale, ainsi qu’une représentation accrue des femmes dans les postes de décision.

Une régionalisation avancée plus efficace

Le gouvernement entend accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée, en clarifiant les compétences des régions et en améliorant les mécanismes d’exécution des projets territoriaux.

Les transferts financiers au profit des régions devraient atteindre au moins 12 Mds de DH à partir de 2027. Les contrats-programmes entre l’État et les régions seront également développés et liés à des objectifs mesurables en matière d’emploi, d’investissement et de réduction des inégalités.

L’exécutif prévoit, en parallèle, d’accélérer la déconcentration administrative et de placer les nouveaux programmes de développement territorial intégré au cœur de son action.

Lutte contre la corruption et encadrement des marchés

Le deuxième axe repose sur le renforcement de l’intégrité publique et la lutte contre les pratiques qui fragilisent la confiance dans les institutions.

Le programme prévoit de compléter le dispositif national de lutte contre la corruption, notamment par la criminalisation de l’enrichissement illicite, la sanction des conflits d’intérêts, le renforcement des déclarations obligatoires de patrimoine et la lutte contre la divulgation d’informations à des fins d’obtention d’avantages indus.

Une réforme structurelle de l’organisation des marchés doit également contribuer à combattre les monopoles et les pratiques d’intermédiation abusives, en coordination avec le Conseil de la concurrence.

Les marchés publics seront davantage contrôlés afin de détecter les ententes et les irrégularités dans les appels d’offres.

Le gouvernement annonce, à cet égard, l’objectif de réserver légalement 30 % de la valeur des marchés publics aux petites et moyennes entreprises marocaines, afin de favoriser leur développement et leur intégration dans l’économie nationale.

Identité nationale, famille et cohésion sociale

Le troisième axe porte sur la préservation de l’identité marocaine, la solidarité entre les générations et les territoires, ainsi que la protection de la famille.

Le gouvernement prévoit de poursuivre la mise en œuvre de la réforme du Code de la famille, conformément aux orientations royales, et de développer des politiques intégrées en faveur de l’enfance, de la jeunesse et des personnes âgées.

La protection des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap figure également parmi les engagements annoncés.

Le programme prévoit par ailleurs de renforcer les institutions chargées des droits, de l’égalité et de la parité, de protéger les données personnelles et de faciliter les démarches administratives des associations. L’accès à l’information publique doit également être amélioré.

Un fonds de 2 Mds de DH pour l’amazighe

La promotion de la langue amazighe constitue un volet important de cette priorité. Le gouvernement annonce la création d’un fonds spécial doté de 2 Mds de DH, ainsi que la mise en place d’une commission interministérielle permanente chargée de suivre son intégration dans l’éducation, l’administration, la justice, les médias et la communication publique.

Un rapport annuel comportant des indicateurs de couverture doit permettre de suivre les progrès accomplis.

Le gouvernement souhaite également élargir l’accès à la culture, préserver le patrimoine national et renforcer la participation des Marocains résidant à l’étranger au développement du pays, à travers une politique qui facilite leur implication citoyenne et leur accès aux services.

Pouvoir d’achat : des mesures contre la vie chère

La lutte contre la hausse du coût de la vie constitue l’un des principaux engagements sociaux du programme.

La stratégie annoncée repose sur quatre leviers : l’amélioration des revenus des ménages, la maîtrise des facteurs à l’origine de la hausse des prix, l’élargissement de la protection sociale et l’amélioration des services publics.

Pour rendre les produits alimentaires plus accessibles, le gouvernement prévoit de renforcer les dispositifs d’approvisionnement des produits stratégiques, de rapprocher les producteurs des consommateurs grâce à des plateformes régionales de regroupement et de commercialisation, et de réorganiser les circuits de distribution des viandes et des poissons.

L’exécutif entend également mieux encadrer les relations entre les exportations et l’approvisionnement du marché national, au moyen de règles annoncées comme stables et transparentes.

Une aide ciblée sur les factures d’électricité

Parmi les mesures les plus concrètes figure la mise en place d’une compensation sociale automatique équivalente à la facture mensuelle d’électricité, lorsque celle-ci ne dépasse pas 100 DH, pour la résidence principale des ménages éligibles.

L’objectif affiché est de supprimer les démarches administratives et les déplacements nécessaires à l’obtention de cette aide.

Le gouvernement prévoit également une réforme progressive de l’impôt sur le revenu afin d’augmenter le revenu net des salariés et d’encourager l’emploi déclaré.

La réforme de la protection sociale sera poursuivie pour garantir une couverture sanitaire effective et assurer la pérennité de l’assurance maladie obligatoire.

Le dispositif d’aide sociale directe doit, quant à lui, être réajusté sur la base des revenus réels des ménages. Le montant de l’aide devrait passer de 500 à 1 000 DH à l’horizon de la fin de la législature, tout en devenant davantage un levier d’insertion sociale. Le gouvernement prévoit aussi d’élargir l’accès à l’indemnisation pour perte d’emploi.

Retraites : un minimum de 3 000 dirhams et une meilleure protection des veuves

La réforme des retraites figure parmi les grands chantiers sociaux annoncés. Elle sera engagée en concertation avec les partenaires sociaux et économiques.

L’objectif ne se limite pas à modifier l’âge de départ à la retraite ou les taux de cotisation. Il s’agit de construire un système plus cohérent, capable d’élargir la couverture aux personnes qui ne bénéficient d’aucune pension, de rapprocher les droits et les obligations entre les différents régimes et de garantir la soutenabilité financière du dispositif.

Le programme prévoit un relèvement progressif du minimum des pensions principales à 3 000 DH par mois dans les différents régimes.

Autre mesure annoncée : porter la pension de réversion versée aux veuves à 100 % de la pension principale à laquelle le conjoint décédé avait droit, contre 50 % actuellement, tout en préservant les droits des orphelins et des autres ayants droit.

Le gouvernement présente cette réforme comme un chantier structurel devant associer dialogue social, calendrier de mise en œuvre et financements identifiés.

Santé publique : améliorer l’accès aux soins et la qualité des services

Le programme gouvernemental entend passer de la généralisation de la couverture médicale à un accès effectif, équitable et durable à des soins de qualité.

Les mesures prévues comprennent la réduction des déficits territoriaux en infrastructures sanitaires, la structuration des parcours de soins, la réforme de l’accueil des patients et des services d’urgence, ainsi que la généralisation de l’assistance médicale d’urgence.

Le gouvernement annonce également la mise en place d’un système national d’information sanitaire unifié.

Ces mesures doivent accompagner la poursuite de la réforme institutionnelle du secteur, le renforcement de la fonction publique sanitaire et l’amélioration des ressources humaines.

L’ambition affichée est de faire de la qualité des soins un critère central de l’évaluation de la politique de santé, au-delà de la seule extension de la couverture médicale.

Éducation : 80 % des élèves maîtrisant les apprentissages fondamentaux

La réforme de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation professionnelle constitue une autre priorité majeure.

Le gouvernement fixe un objectif de 80 % au moins des élèves maîtrisant les apprentissages et compétences fondamentaux d’ici à 2031.

Pour y parvenir, il prévoit de poursuivre le développement du modèle des écoles pionnières, d’élaborer un référentiel national obligatoire des apprentissages essentiels, d’organiser des évaluations diagnostiques régulières et de renforcer le soutien pédagogique individualisé.

Les outils numériques seront également mobilisés pour suivre les acquis des élèves et améliorer la qualité des apprentissages.

Un autre objectif structurant est celui du « zéro décrochage scolaire » à l’horizon 2030. Le dispositif envisagé doit permettre de repérer précocement les élèves exposés au risque d’abandon, d’assurer un suivi individualisé et de proposer une solution adaptée à chaque jeune ayant quitté l’école : réintégration dans le système éducatif, formation professionnelle ou apprentissage.

L’enjeu est de mieux relier l’école aux besoins du marché du travail et de donner aux jeunes les compétences nécessaires pour s’insérer durablement dans la vie économique.

Logement : 100 000 habitations rurales et une aide de 40 000 DH

Le gouvernement prévoit une politique intégrée du logement, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de la ville pour la période 2026-2031.

Cette politique doit dépasser une logique centrée sur la seule production de logements pour privilégier des habitations adaptées aux besoins des familles, financièrement accessibles et situées à proximité des emplois, des transports et des services.

L’exécutif entend poursuivre le soutien à l’accession à la propriété, augmenter l’offre de logements et développer une offre nationale de logements locatifs. Des solutions spécifiques sont également envisagées pour les fonctionnaires exerçant dans les secteurs confrontés à des difficultés de recrutement.

La résorption de l’habitat insalubre, l’amélioration des conditions de logement en milieu rural et la promotion de l’autoconstruction sécurisée figurent parmi les engagements annoncés.

Le programme rural prévoit ainsi de réhabiliter ou de construire 100 000 logements pendant la législature, notamment dans les centres ruraux émergents.

Chaque ménage éligible devrait pouvoir bénéficier d’une aide directe de 40 000 DH, accompagnée d’un soutien technique gratuit.

Un projet de loi sur l’urbanisme en milieu rural doit également simplifier les procédures de construction et permettre la régularisation de bâtiments existants lorsque leur sécurité et le respect des droits des tiers sont établis.

Emploi des jeunes : 100 000 formations et 100 000 premières expériences professionnelles par an

L’insertion des jeunes constitue l’un des dossiers les plus urgents du programme.

Le discours fait état d’environ 2,9 millions de jeunes âgés de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, d’un taux de chômage de 29,2 % chez les 15-24 ans et d’environ 300 000 élèves quittant chaque année le système scolaire sans qualification.

Face à cette situation, le gouvernement prévoit de lancer, à partir de 2027, un programme national d’accompagnement social territorial.

Ce programme doit permettre :

  • De former 100 000 jeunes par an en fonction des besoins des entreprises.
  • D’offrir à environ 100 000 jeunes par an une première expérience professionnelle.
  • De porter la capacité de formation par apprentissage à un niveau compris entre 150 000 et 200 000 bénéficiaires par an.

Le soutien aux entreprises constitue un autre volet du dispositif. Le gouvernement prévoit d’accompagner 60 000 entreprises, notamment à travers l’incubation, la facilitation de l’accès au financement, les mécanismes de garantie, les marchés publics et les débouchés commerciaux.

Il envisage également des accords de mobilité professionnelle avec les pays ayant besoin de certaines compétences, ainsi que la mise en place d’un passeport de mobilité pour les personnes qui trouvent un emploi hors de leur région de résidence.

Cette mobilité devrait être accompagnée par une offre de logements locatifs à prix abordables.

Souveraineté énergétique : plus de 52 % d’énergies renouvelables en 2030

Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, la concurrence économique et les effets du changement climatique, le gouvernement place la souveraineté stratégique au cœur de son programme.

Sur le plan énergétique, il prévoit d’accélérer le développement des énergies renouvelables afin de porter leur part à plus de 52 % du mix énergétique à l’horizon 2030.

Le déploiement de l’offre marocaine en hydrogène vert et la mise en œuvre progressive de la feuille de route consacrée aux infrastructures gazières figurent également parmi les priorités.

Le gouvernement souhaite, en parallèle, maîtriser la progression de la demande énergétique et améliorer l’efficacité énergétique.

Sécurité hydrique : 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée en 2031

La sécurité hydrique demeure un enjeu stratégique majeur pour le Maroc, confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau.

Le programme prévoit de diversifier et de renforcer l’offre hydrique, notamment par l’accélération de la construction de barrages dans les régions arides, semi-arides, montagneuses et oasiennes.

L’exécutif entend également accélérer la réalisation des stations de dessalement de l’eau de mer, avec un objectif de 1,8 milliard de mètres cubes mobilisés à l’horizon 2031.

Des projets de transfert d’eau entre bassins et régions pourront être réalisés lorsque cela sera nécessaire, sous réserve de préserver les équilibres hydriques des territoires concernés.

Un plan national de l’eau doit servir de cadre stratégique de long terme, en assurant une meilleure coordination entre les politiques relatives à l’eau, à l’agriculture, à l’énergie, à l’environnement et à l’aménagement du territoire.

Sécurité alimentaire : renforcer la production nationale

Le gouvernement prévoit de passer d’un soutien ponctuel à une stratégie plus structurelle de maîtrise des facteurs de production agricole.

Un programme de souveraineté semencière doit permettre de faire passer la part des semences nationales de 20 % à 50 % pendant la législature.

Le programme prévoit également de renforcer les stocks stratégiques, de sécuriser l’approvisionnement du marché, de réexaminer les réserves céréalières et d’encadrer les exportations des filières sensibles.

La reconstitution du cheptel constitue un autre engagement. Les mesures envisagées comprennent un meilleur accès des petits éleveurs aux races à haut rendement, le soutien aux races locales et le renforcement de la surveillance sanitaire et épidémiologique.

Ces orientations visent à réduire la vulnérabilité du pays face aux perturbations des marchés internationaux et aux aléas climatiques.

Souveraineté numérique et développement industriel

Le programme prévoit la création d’un mécanisme national intégré de cybersécurité et de protection des données et des systèmes vitaux.

L’extension de l’accès à Internet, notamment dans les zones éloignées, figure également parmi les objectifs, tout comme l’élaboration d’un cadre pour une intelligence artificielle sûre et responsable.

Le gouvernement souhaite créer un environnement favorable aux investissements technologiques et soutenir les jeunes entreprises innovantes.

La souveraineté industrielle sera renforcée à travers le développement des chaînes de valeur, des corridors maritimes et logistiques, des infrastructures énergétiques et des industries à faible intensité carbone.

Le programme prévoit aussi de créer les conditions nécessaires au développement d’une base industrielle et technologique de défense, en améliorant le cadre juridique, la compétitivité et les mécanismes d’incitation.

Enfin, la constitution d’une flotte maritime commerciale nationale compétitive et l’accélération des grands projets portuaires et des zones logistiques et industrielles associées doivent contribuer à renforcer la position du Maroc dans les échanges internationaux.

Économie : une croissance annuelle moyenne de 5 %

La septième priorité vise à construire une économie suffisamment productive pour financer les ambitions sociales du pays et consolider ses souverainetés.

Le gouvernement entend diversifier les activités économiques, renforcer l’industrie nationale, développer la maîtrise technologique et favoriser la production locale afin de réduire la dépendance aux importations, en particulier pour les produits finis.

La modernisation de l’agriculture, l’investissement dans les infrastructures, le développement de l’économie sociale et solidaire, des coopératives et de l’économie du sport figurent également parmi les axes annoncés.

Sur le plan touristique, le gouvernement prévoit une nouvelle feuille de route pour 2027-2030, avec un objectif de 26 millions de touristes à l’horizon 2030.

Le secteur privé au cœur de l’investissement

Le programme vise à porter la contribution du secteur privé aux deux tiers de l’investissement national, en consolidant les dispositifs prévus par la Charte de l’investissement.

Les mesures annoncées comprennent l’accélération des projets contractualisés, la poursuite de la réforme des centres régionaux d’investissement, l’accompagnement des très petites, petites et moyennes entreprises et la facilitation de l’accès au financement, aux garanties et aux marchés publics.

Le gouvernement entend également mobiliser davantage les financements bancaires et non bancaires en faveur de l’investissement productif, de l’innovation, de l’industrialisation et des exportations, tout en encourageant l’épargne nationale, notamment institutionnelle.

La restructuration du portefeuille public doit, de son côté, contribuer à améliorer la situation financière des établissements et entreprises publics.

Des objectifs macroéconomiques ambitieux

Le programme fixe plusieurs objectifs chiffrés pour la période à venir :

  • Une croissance économique moyenne de 5 % par an entre 2027 et 2031.
  • Une inflation autour de 2 % par an.
  • Un déficit budgétaire limité à 3 % du produit intérieur brut sur la période 2026-2031.
  • Une dette publique orientée à la baisse, pour atteindre environ 62 % du PIB en 2031.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement prévoit d’élargir l’assiette fiscale, d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques, de tirer parti des effets de la croissance et d’accroître la contribution des établissements et entreprises publics.

Ces engagements doivent permettre de préserver les équilibres macroéconomiques tout en finançant les investissements nécessaires au développement social et territorial.

Sahara marocain et politique étrangère : continuité des positions nationales

Le programme réaffirme la place centrale de la question du Sahara dans les priorités nationales.

Le gouvernement annonce la poursuite de ses efforts diplomatiques en faveur de la souveraineté du Maroc et de son intégrité territoriale, ainsi que la mobilisation du soutien à l’initiative d’autonomie sous souveraineté marocaine.

Le développement des provinces du Sud doit également être accéléré, avec l’ambition de renforcer leur rôle de passerelle vers l’Afrique et l’espace atlantique.

Sur la question palestinienne, le discours réaffirme la position constante du Royaume en faveur d’un règlement pacifique fondé sur la solution à deux États, afin de parvenir à une paix juste et durable. Cette position s’inscrit dans le cadre du rôle du Roi Mohammed VI, en sa qualité de président du Comité Al-Qods.

Le programme s’appuie par ailleurs sur les orientations royales, le Nouveau Modèle de développement et l’ambition d’un Maroc à l’horizon 2035, fondée sur une économie productive, un capital humain qualifié, une meilleure inclusion sociale et territoriale et une administration publique plus efficace.

Un engagement à gouverner dans le dialogue et la responsabilité

En conclusion, le discours insiste sur la responsabilité collective dans la mise en œuvre du programme. Si le gouvernement en assume l’exécution, le Parlement conserve son rôle de contrôle et d’évaluation, tandis que les acteurs économiques, sociaux, associatifs, médiatiques et les compétences nationales sont appelés à contribuer à sa réussite.

La responsable gouvernementale affirme vouloir placer l’action de l’exécutif au service de l’ensemble des Marocains, indépendamment de leurs appartenances et de leurs choix politiques.

« Je tends la main à la majorité et à l’opposition, aux partenaires sociaux et économiques, à la société civile, aux acteurs des droits humains, aux médias et à toutes les compétences nationales. »

Elle ajoute que le dialogue restera ouvert aux propositions sérieuses et aux critiques constructives, avant de solliciter la confiance de la Chambre des représentants pour mener à bien les engagements annoncés.

Au-delà des objectifs économiques et des mesures sectorielles, le programme 2026-2031 entend ainsi répondre à une exigence centrale : faire en sorte que les progrès du Maroc se traduisent plus directement par une amélioration du quotidien des citoyens.

Le défi sera désormais de transformer ces ambitions en résultats mesurables, dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires, les tensions internationales, le stress hydrique et les attentes croissantes de la population en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et de qualité des services publics.

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