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Economie

Repenser le tourisme en Méditerranée : l’heure du changement a sonné

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À l’occasion de la récente Journée mondiale du tourisme (27 septembre), l’UICN met en lumière les défis et opportunités urgents pour le tourisme côtier et maritime en Méditerranée.

Le nouveau rapport Tourisme Bleu Durable en Méditerranée : Tendances, Défis et Voies Politiques souligne l’importance économique vitale du secteur touristique côtier et maritime dans la région, tout en avertissant des pressions climatiques, environnementales et sociales croissantes qui menacent sa viabilité à long terme.

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La publication a été coordonnée par le Centre de Coopération Méditerranéenne de l’UICN (UICN Med), avec le soutien de l’Institut andalou de recherche et d’innovation en tourisme (IATUR) à travers l’Université de Málaga (UMA), et avec le soutien d’Eco-union et de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).

Le tourisme est l’épine dorsale de l’économie bleue méditerranéenne, représentant 171 milliards d’euros et générant la majorité des emplois du secteur. En 2024, la région a accueilli près de 360 millions de visiteurs, et les chiffres devraient atteindre 635 millions en 2025, soit un niveau supérieur à celui d’avant la pandémie. Cependant, cette croissance est inégale : l’Espagne, la France et l’Italie attirent à elles seules 64 % des arrivées, montrant une forte concentration dans seulement quelques pays.

À moins que les politiques ne changent, les arrivées de touristes devraient continuer à augmenter, aggravant davantage les pressions environnementales et sociales dans toute la région. Le rapport insiste sur la nécessité pour les gouvernements, les opérateurs privés et la société civile d’intégrer la protection de la biodiversité dans les stratégies touristiques, d’investir dans des modèles à faible impact et d’aligner le développement touristique sur les objectifs du Pacte vert pour l’Europe ainsi que sur les objectifs mondiaux en matière de climat et de biodiversité.

« Ce rapport montre à la fois les risques de poursuivre avec le statu quo et les opportunités qu’offre une nouvelle vision du tourisme en Méditerranée », a déclaré Maher Mahjoub, Directeur de l’UICN Med. « Nous devons travailler ensemble pour assurer une transition urgente vers des modèles touristiques plus durables qui protègent la biodiversité, les moyens de subsistance locaux et le patrimoine culturel de notre région méditerranéenne. »

L’urgence de la transformation

Le nouveau rapport dirigé par l’UICN appelle à un changement fondamental du tourisme méditerranéen, passant d’un paradigme orienté vers la croissance à un modèle régénératif, inclusif et résilient face au climat. Il identifie sept voies politiques concrètes pour guider cette transition, en transformant la manière dont les destinations, les entreprises et les décideurs abordent le développement, la gouvernance et l’engagement communautaire.

Parmi les propositions clés figurent l’accélération de la décarbonisation et de l’efficacité des ressources, ainsi que le renforcement de la capacité d’adaptation au changement climatique. Le rapport appelle à remplacer le tourisme de masse par des modèles de faible impact et ancrés localement tels que l’écotourisme, le pescatourisme et le tourisme culturel. Il met également en avant le rôle essentiel des Aires Marines Protégées (AMP) pour la protection des écosystèmes, le renforcement de la résilience et la création d’opportunités de tourisme à faible impact au profit des communautés locales.

Des alternatives positives existent déjà et sont présentées dans le rapport, allant de l’écotourisme et du tourisme culturel aux initiatives communautaires qui réduisent la pression sur les écosystèmes fragiles et garantissent une répartition plus équitable des bénéfices entre les populations locales. Ces approches montrent qu’un avenir différent pour le tourisme en Méditerranée est non seulement possible, mais nécessaire.

 

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