Sécurité alimentaire de l’Afrique : l’UA appelle au renforcement du système de recherche et d’innovation

Ecrit par la Rédaction I
Une agriculture durable et résiliente passe impérativement par l’investissement dans la recherche scientifique. Dans un contexte marqué par le changement climatique, la sécurité alimentaire est un défi de taille notamment pour les pays africains dont 60% des sols ne sont pas cultivables.
Parmi les sujets abordés lors de cette 16ème édition du SIAM, la recherche agricole, un outil vital pour accélérer le développement durable du continent africain. C’est ce qu’a affirmé Josefa Leonel Correia Sacko, commissaire à l’Économie rurale et à l’Agriculture de la Commission de l’Union africaine (UA) en rappelant les multiples défis qui menacent la sécurité alimentaire de l’Afrique et le bien-être de sa population.
Elle a affirmé que la cause principale de l’insécurité alimentaire en Afrique est le fait que la productivité agricole n’a pas suivi le rythme de la croissance économique du continent.
Et pour cause, la croissance de la productivité est entravée par le changement climatique, par l’accès limité des intrants agricoles, à l’irrigation, aux connaissances, aux financements ainsi qu’aux marchés.
« Le conflit Ukraino-Russe, la dégradation des sols ainsi que les capacités limitées des agriculteurs et des institutions chargées de stimuler la croissance de la production autant de facteurs qui augmentent les facteurs de risque et les chocs pour l’agriculture et le système alimentaire de l’Afrique », a précisé Josefa Leonel.
Outre l’augmentation de la productivité et de la résilience, il est impératif et essentiel que le système agricole soit durable sur le plan environnemental.
Ce constat établi, Josefa Leonel a mis l’accent sur la recherche et de l’innovation, deux outils essentiels pour augmenter la productivité agricole, la résilience, la durabilité et atteindre les objectifs définis dans la stratégie de développement agricole du continent.
« Les pays et les régions qui ont réussi à répondre leurs besoins en matière de sécurité alimentaire ont réalisé cette réussite sur la base de systèmes de recherche agricole et d’innovations solides », a-t-elle précisé.
Rappelons que l’objectif fixé par le Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) pour la recherche agricole est de 1%. Or seuls quelques pays africains investissent au moins 1% de leur PIB.
Josefa Leonel a souligné que pour faire avancer le renforcement du système de recherche et d’innovation du continent, la commission de l’UA a commandé l’élaboration d’un agenda scientifique de l’agriculture en Afrique.
« En tant que commissaire de l’Union africaine je m’engage pleinement à soutenir les initiatives de recherche et d’innovation et à promouvoir la recherche agricole comme un pilier fondamental de notre agenda », s’est engagée Josefa Leonel.
Elle a précisé que la recherche agricole est impérative pour atteindre les objectifs de développement de l’agenda 2063 de l’UA.
« Nous devons renforcer nos capacités institutionnelles en Afrique, investir dans la recherche et l’innovation et promouvoir des partenariats stratégiques avec les acteurs des secteurs publics et privés », a-t-elle souligné. Josefa Leonel a également salué l’initiative du Maroc à travers les mesures prises pour renforcer son système national de recherche.
« Je mets au défi le gouvernement marocain de mener des efforts pour transformer l’organisation sous régionale de l’Afrique du nord pour l’agriculture à un acteur fondamental et dynamique dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la résilience en Afrique du nord », a appelé la commissaire de l’UA.
Et de conclure « ensemble nous pouvons surmonter les défis qui entravent le développement agricole en Afrique et réaliser notre ambition d’un continent prospère et résilient ».
