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Economie

Sociétés de financement : que cache le retard du lancement des campagnes de Aïd Al Adha ?

Aïd al adha

Ecrit par L.B. I

Aïd Al Adha est souvent associé au lancement de larges campagnes de communication des sociétés de financement proposant des solutions de prêts destinés à financer les dépenses de cette fête religieuse. Sauf que cette année, il n’y a toujours pas eu de communication dans ce sens. La conjoncture actuelle a-t-elle dissuadé le secteur à mettre le focus sur cette fête? 

Le compte à rebours a commencé. Plus qu’un mois, jour pour jour, pour la célébration de l’une des fêtes religieuses les plus importantes pour les Marocains Aïd Al Adha. Cette année, la célébration de cette fête a fait couler beaucoup d’encre. La raison, la sécheresse qui a encore frappé fort notre pays et sévèrement impacté l’activité de l’élevage du cheptel. Plus la fête approche plus les Marocains appréhendent les conséquences de la sécheresse sur le prix du bétail mais aussi sur sa disponibilité.

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Et bien que le gouvernement n’ait cessé de rassurer sur la maîtrise de la situation, le flou persiste. En effet, pour pallier la flambée des prix des ovins et l’insuffisance de l’offre, le gouvernement a mis en place des mesures pour encourager l’importation notamment à travers une subvention de 500 DH par tête.

Mais si la situation est aussi rassurante, pourquoi les sociétés de financement n’ont à ce jour pas lancé de campagne de communication sur les produits destinés au financement de l’achat du mouton comme à l’accoutumée ? Un constat qui nous interpelle surtout que lesdites sociétés ne ratent jamais cette occasion pour faire du chiffre.

Car faut-il rappeler que bon nombre de Marocains recourent de plus en plus aux microcrédits ou aux tontines pour financer l’achat du mouton. Ce phénomène a pris de l’ampleur en raison de la cherté du coût de la vie, de l’inflation, de la sécheresse et bien d’autres raisons.

Les Marocains n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Selon les derniers chiffres du HCP, 42,3% des Marocains ont déclaré s’endetter ou puiser dans leur épargne pour couvrir leurs dépenses au T1-2024. Une tendance qui se confirme durant cette fête mais aussi durant les événements phares de l’année notamment les vacances scolaires, la rentrée scolaire…

Et comme dit l’adage, le malheur des uns fait le bonheur des autres. En effet, ces périodes de fortes dépenses chez les Marocains sont une aubaine pour les sociétés de financement. D’ailleurs, à l’approche de chaque Aïd Al-Adha, lesdites sociétés lancent des campagnes offensives de communication avec des offres pour attirer le consommateur.

Les prêts dédiés à la fête du mouton ont d’ailleurs connu ces dernières années une croissance annuelle de plus de 2%. Des dizaines de millions de DH sont consacrés chaque année par les banques pour financer les prêts de Aïd Al Adha.

C’est pourquoi ce retard de lancement des campagnes nous taraude. Les institutions bancaires ont-elles compris qu’il ne sert à rien de consacrer un budget de communication cette année en raison de la conjoncture et de l’indisponibilité de l’offre ? Ou temporisent-elles le temps de voir comment les choses vont évoluer les prochains jours ?

Ce qui est certain, les prix du cheptel sont toujours élevés ce qui suscite la grogne des Marocains sur les réseaux sociaux. Le bétail importé sauvera-t-il cette fête tant spéciale pour les Marocains ? Le gouvernement mettra-t-il les moyens nécessaires pour contrôler les prix notamment du cheptel importé et subventionné ? Les prochains jours nous le diront.

 

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