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Economie

Stress hydrique au Maroc : l’urgence d’une révolution circulaire

stress siteau

Face au stress hydrique, la gestion des ressources vitales impose une transformation radicale de nos modèles de développement. Au Maroc, le contexte actuel, exacerbé par une urgence climatique, une urbanisation galopante et des pressions industrielles accrues, marque la fin de l’ère de l’abondance. Dès lors, l’enjeu ne se limite plus à la simple disponibilité de l’eau, mais réside dans notre capacité collective à en rationaliser l’usage et à en préserver la qualité.

C’est dans cette perspective de rupture que s’est tenue, à Marrakech, la 9e édition du Salon international des technologies de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie (SITEAU). Réunis autour du Nexus « Eau, Énergie, Assainissement », experts et décideurs ont plaidé pour un changement profond de paradigme : le passage d’une logique de consommation linéaire à un modèle de gestion circulaire et résilient. Cette transition repose désormais sur une gouvernance territoriale rénovée, incarnée par la réforme des Sociétés Régionales Multiservices (SRM), et sur le déploiement de financements innovants capables de garantir la pérennité du service public face aux défis mondiaux.

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Au Maroc, la situation est devenue critique : la dotation en eau par habitant est passée de 2 600 m³ par an dans les années 1960 à seulement 600 m³ en 2025, frôlant le seuil de pénurie absolue fixé à 500 m³. Malgré un répit conjoncturel début 2026 grâce à des pluies hivernales exceptionnelles ayant porté les réserves des barrages à environ 13 milliards de mètres cubes, le stress hydrique national demeure structurel. Ce contexte, exacerbé par une urbanisation galopante et une dépendance à la pluie de 81 % de nos terres agricoles, marque définitivement la fin de l’ère de l’abondance.

Les participants ont mis l’accent sur la nécessité de passer d’une logique de consommation de l’eau à une logique de gestion circulaire de la ressource hydrique, afin d’optimiser les usages, renforcer la qualité et la résilience des systèmes.

“Le contexte actuel, marqué par le stress hydrique, la pression industrielle, l’urbanisation accélérée et les exigences sanitaires croissantes, impose un changement profond de paradigme dans la gestion de la ressource hydrique”, ont relevé les intervenants à cette session tenue sous le thème “Pour l’effectivité du nexus EEAS: une gouvernance et un financement innovants et articulés entre différents niveaux”.

Dans ce cadre, les participants ont souligné que le véritable enjeu de l’eau au Maroc ne réside plus uniquement dans la disponibilité de la ressource, mais surtout dans la capacité collective à préserver sa qualité, optimiser son utilisation et intégrer chaque goutte dans une logique d’économie circulaire.

Pour le directeur général adjoint de la Société régionale multiservices Marrakech-Safi (SRM-MS), Adil Daoudi, la réforme des sociétés régionales multi-services vise à rapprocher les services essentiels des citoyens à l’échelle des régions, à travers une gestion intégrée de l’eau potable, de l’électricité et de l’assainissement liquide.

Il a également mis en avant l’importance d’un modèle de financement durable permettant de soutenir les investissements et d’assurer la pérennité de l’exploitation, tout en favorisant la mutualisation des ressources afin de renforcer la qualité et la continuité du service public.

Pour sa part, Nicolas Imbert, expert en résilience des territoires et en santé globale, a souligné que la gouvernance de l’eau s’inscrit dans une dynamique internationale progressive, marquée par les grands accords et forums climatiques, insistant sur le rôle des collectivités locales dans la mise en œuvre des solutions.

Il a également mis l’accent sur la nécessité d’adopter une approche intégrée liant eau, climat et biodiversité, ainsi que la prise en compte des risques et conflits d’usage à travers des outils de résilience et des cadres juridiques adaptés.

De son côté, Saad Azzaoui, directeur Asset management et ESG au sein du groupe Managem, a présenté une stratégie basée sur trois axes, à savoir compétences, intégration ESG et développement d’offres durables, mettant l’accent sur la nécessité d’investir dans les eaux non conventionnelles et les énergies renouvelables, ainsi que le recyclage des eaux usées.

Il a aussi appelé à renforcer la gouvernance et les mécanismes de financement pour accompagner la transition hydrique et énergétique des industries.

Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le SITeau est initié en partenariat avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la Coalition marocaine pour l’eau (COALMA), l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech, ainsi que des acteurs médiatiques et institutionnels.

Le programme scientifique de cette édition propose une rencontre intergénérationnelle intitulée “Intergenerational 4 Water”, qui réunit jeunes et experts autour du thème “Le nexus eau-énergie-agriculture-santé au service du développement durable : le cas du Maroc”, dans une logique de transmission et de partage d’expériences.

Au menu figurent également une compétition de golf visant à promouvoir les golfs écologiques, une exposition consacrée aux métiers de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie avec l’intégration des secteurs de l’agriculture et de la santé, en plus d’un atelier ludique destiné aux enfants, axé sur le thème “L’eau, école de citoyenneté”.

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