Tôles laminées à chaud : le Maroc prolonge sa mesure de sauvegarde jusqu’à l’horizon 2029

Ecrit par la Rédaction I
Le gouvernement marocain réaffirme sa volonté de protéger son industrie sidérurgique nationale. Par un arrêté conjoint du ministre de l’Industrie et du Commerce et de la ministre de l’Économie et des Finances (n°996.26), le Royaume officialise la prorogation de la mesure de sauvegarde sur les importations de tôles laminées à chaud jusqu’au 18 juin 2029. Détails.
Cette décision prolonge un dispositif de protection qui arrivait initialement à échéance ce mois-ci.
Une libéralisation progressive : Le calendrier des tarifs
Pour rester en conformité avec les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Maroc opte pour un démantèlement tarifaire progressif. Le droit additionnel ad valorem, qui s’ajoute aux droits de douane habituels, baissera de 1 point de pourcentage chaque année :
- 19 juin 2026 – 18 juin 2027: Un droit additionnel de 19% est appliqué.
- 19 juin 2027 – 18 juin 2028: Le taux passe à 18%.
- 19 juin 2028 – 18 juin 2029: Le taux descend à 17%.
- À compter du 19 juin 2029: Libéralisation totale (0% de droit additionnel).
Deux exceptions majeures au droit additionnel
Le texte de loi prévoit des mécanismes de flexibilité pour ne pas pénaliser les industries locales dépendantes de certains approvisionnements spécifiques.
Le droit additionnel ne s’applique pas aux :
Importations stratégiques : Les cargaisons accompagnées d’une facture commerciale expressément visée par le Département de l’Industrie.
Pays en développement partenaires : Une liste spécifique de pays (comme l’Afrique du Sud, la Colombie, les Émirats Arabes Unis ou le Brésil) bénéficie d’une exemption totale, conformément aux règles du traitement spécial et différencié.
Quels enjeux pour l’économie marocaine ?
La tôle laminée à chaud est une matière première stratégique pour la métallurgie, le BTP, et l’industrie automobile en plein essor au Maroc.
- Pour les producteurs locaux (comme Maghreb Steel): Cette extension de trois ans offre un répit crucial pour consolider les investissements, moderniser les outils de production et faire face à la concurrence internationale, notamment asiatique et européenne.
- Pour les utilisateurs industriels : Le défi consistera à absorber le coût de ce droit additionnel ou à privilégier le sourcing local et les circuits d’importation exonérés.
Cette mesure illustre parfaitement la stratégie d’équilibre du Maroc : protéger le « Made in Morocco » tout en programmant une ouverture économique irréversible à l’horizon 2029.



