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Economie Internationale

Turquie : la Banque centrale relève son taux directeur, à 35%

Turquie banque centrale

La banque centrale turque a relevé jeudi son taux directeur pour le cinquième mois consécutif, à 35%, au plus haut depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2003.

La Banque a relevé son taux de cinq points comparé au mois denier et explique, dans un communiqué, qu’elle entend « poursuivre le resserrement monétaire afin d’entamer le plus rapidement possible le processus de désinflation ».

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Depuis les élections de mai et la reconduction au pouvoir du président Erdogan, la nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du ministère de l’Economie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 35% afin de tenter de réduire l’inflation qui a atteint le mois dernier plus de 60 %, selon les statistiques officielles.

Le coût des emprunts a ainsi presque quadruplé depuis que le chef de l’Etat a renoncé à sa théorie selon laquelle augmenter les taux d’intérêt aide à lutter contre l’inflation.

R. T. Erdogan a été réélu en mai dernier en s’engageant durant sa campagne à ne jamais autoriser la banque centrale à relever son taux directeur tant qu’il serait président.

Il a cependant changé de cap, en nommant une nouvelle équipe d’économistes respectés, formés à Wall Street et dans le privé, chargés de sortir la Turquie de la crise qui altère gravement le quotidien des Turcs.

Le taux d’inflation annuel officiel de la Turquie a culminé à 85 pour cent en octobre dernier puis, après une nette réduction durant la campagne, a de nouveau bondi au-dessus de 60 % en septembre.

Le président Erdogan a assuré mercredi devant le parlement que la Turquie « lutte contre l’inflation sur tous les fronts ».

« Il faut du temps pour voir les effets des mesures prises se répercuter sur la vie quotidienne des gens », a-t-il déclaré.

La Turquie s’est enfoncée dans la crise il y a deux ans, quand le président a ordonné à la banque centrale, théoriquement indépendante, de réduire son taux directeur, suscitant une flambée de l’inflation.

La livre turque s’est rapidement effondrée quand les Turcs, pour tenter de sauver leurs économies, ont commencé à acheter des dollars et de l’or afin de se prémunir contre de nouveaux chocs économiques.

La banque centrale aurait, selon les estimations, dépensé plus de 200 milliards de dollars pour tenter de soutenir la livre turque au cours des deux dernières années.

Les nouveaux responsables de l’économie et des finances en poste depuis juin ont décidé de laisser la monnaie s’affaiblir afin d’alléger la pression sur ses réserves.

Mais les analystes considèrent aussi que les interventions répétées sur la monnaie commençaient également à éroder la compétitivité des principales exportations turques.

La livre turque est passée de 20 livres pour un dollar au moment de la réélection d’Erdogan à plus de 28 jeudi.

« Il semble que (la banque centrale) ait actuellement bloqué la livre turque, avec un objectif probable d’environ 30 livres (pour un dollar) à la fin de l’année », a estimé la banque ING dans une note.

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