USA-Russie : le traité de désarmement nucléaire de 2010 a expiré ce jeudi

Depuis la Guerre froide, des accords de maîtrise des armements nucléaires lient Washington et Moscou, qui détiennent aujourd’hui plus de 80 % des ogives nucléaires dans le monde. New Start, signé en 2010, limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification. Ce traité a expiré aujourd’hui à minuit GMT.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exhorté mercredi Washington et Moscou à « s’entendre » rapidement sur un nouveau traité de désarmement nucléaire, alors qu’expire « à partir de minuit (GMT) aujourd’hui » l’accord existant, marquant « un moment grave pour la paix et la sécurité internationales ».
« Cette dissolution de décennies d’acquis ne pourrait survenir à un pire moment – le risque d’utilisation d’une arme nucléaire est à son plus haut niveau depuis des décennies, observe A. Guterres, qui » exhorte les deux Etats à revenir sans délai à la table des négociations et à convenir d’un nouveau cadre ».
« Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, nous faisons face à un monde sans aucune limite contraignante sur les arsenaux nucléaires stratégiques de la Fédération de Russie et des Etats-Unis d’Amérique », déplore le chef de l’ONU.
Dès mercredi, la Russie a déclaré n’être « plus liée » par ce traité.
« Nous partons du principe que les parties au traité New Start ne sont plus tenues par aucune obligation ni déclaration réciproque dans le cadre du traité », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Cependant, lors d’une conversation mercredi avec son homologue chinois Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine « a souligné que dans cette situation, nous agirons de manière réfléchie et responsable », a rapporté le conseiller diplomatique du président russe, Iouri Ouchakov, lors d’un briefing avec des journalistes, dont l’AFP.
Coté américain, interrogé lors d’une conférence de presse, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est contenté d’expliquer mercredi que le président Trump s’exprimerait « plus tard » à ce sujet, sans préciser quand, et rappelé la position américaine qui vise à inclure la Chine dans toute discussion.

