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Assurances

12e RDV de l’assurance : Abderrahim Chaffai « L’assurance tend à dépasser sa fonction traditionnelle d’indemnisation »

assurance Chaffai

À l’ouverture du 12ᵉ Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance, Abderrahim Chaffai a souligné l’importance croissante de cet événement, devenu, selon lui, « un cadre de référence pour les acteurs du secteur, au Maroc comme à l’international ».

Il a, d’emblée, salué l’organisation de cette édition par la Fédération Marocaine de l’Assurance, présidée par Mohamed Hassan Bensalah, rappelant qu’elle se tient sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Revenant sur la thématique de cette année, il a indiqué qu’elle s’inscrit pleinement dans les mutations du secteur : « Les nouveaux services et couvertures traduisent une évolution structurelle, celle d’une assurance qui élargit progressivement son champ d’intervention ».

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Selon lui, cette transformation se traduit par « l’intégration de nouveaux risques, l’adaptation à de nouveaux usages et la couverture de publics aux besoins de plus en plus diversifiés ».

À l’échelle internationale, le président de l’ACAPS a relevé un constat partagé : « L’assurance est engagée dans une phase de transformation à la fois profonde et durable ». Cette mutation se manifeste notamment par « la persistance d’écarts de couverture et l’émergence de nouveaux risques », en particulier sous l’effet du changement climatique, qui accentue leur fréquence et leur intensité. Elle se traduit également par une évolution des modèles : « Le développement d’offres combinant services et couverture, l’essor de l’assurance embarquée, le recours accru à la data et à l’intelligence artificielle redéfinissent le secteur ».

Dans ce contexte, il a souligné que « l’assurance tend à dépasser sa fonction traditionnelle d’indemnisation pour s’inscrire dans une logique globale de prévention et d’accompagnement ».

Évoquant le marché national, Abderrahim Chaffai a mis en avant une dynamique positive au cours de la dernière décennie. « Le chiffre d’affaires global a plus que doublé pour atteindre près de 67,6 Mds de DH en 2025 », a-t-il indiqué, soulignant la forte progression du segment Vie. Les indicateurs financiers témoignent également de la solidité du secteur : « Le total de bilan dépasse 331 Mds de DH et les provisions techniques s’élèvent à plus de 240 Mds de DH ». Il a ajouté que « les prestations versées ont atteint près de 56 Mds de DH », illustrant le rôle croissant de l’assurance dans la protection économique et sociale.

Par ailleurs, les assureurs confirment leur rôle d’investisseurs institutionnels : « Les placements affectés dépassent 244 Mds de DH », contribuant significativement au financement de l’économie. Malgré cette progression, il a reconnu que « le taux de pénétration demeure perfectible », révélant des marges importantes en matière d’inclusion assurantielle. Face à ces enjeux, l’ACAPS déploie une stratégie articulée autour de trois axes.

Le premier concerne l’accès à l’assurance. « La mise en place d’un cadre dédié à la micro-assurance permet le développement de produits simples et accessibles », a-t-il expliqué, évoquant également l’ouverture de leur distribution aux établissements de paiement. Il a toutefois précisé que « ce cadre ne saurait, à lui seul, garantir une inclusion effective », appelant à davantage d’innovation et d’adaptation des offres.

Dans la même logique, il a évoqué l’assurance Takaful : « En 2025, les primes ont atteint 141,9 MDH, en hausse de 49,5 % », tout en notant une forte concentration sur certaines branches, notamment l’assurance décès. Le deuxième axe porte sur l’extension des couvertures. « Le régime de couverture des événements catastrophiques constitue un dispositif structurant », garantissant un droit minimal à indemnisation pour les citoyens.

Ce système s’inscrit dans une architecture globale visant à « optimiser les mécanismes de transfert des risques et renforcer la mutualisation ». À cet égard, il a souligné l’apport des solutions innovantes : « Les solutions paramétriques ont démontré leur efficacité », notamment après le séisme d’Al Haouz.

Le troisième axe concerne la transformation des modèles. « La refonte du cadre de distribution et la mise en place d’une gouvernance produit visent à améliorer la qualité des offres », a-t-il indiqué. Dans ce cadre, le projet d’assurance multirisque habitation (MRH) vise à « renforcer la protection des biens et des personnes ». Le président de l’ACAPS a également insisté sur le rôle central de la digitalisation. « Elle contribue à renforcer la transparence, améliorer l’expérience client et moderniser les pratiques ».

Cette transformation touche toute la chaîne de valeur, de la souscription à l’indemnisation, tout en répondant à des attentes accrues en matière de simplicité et d’instantanéité. Il a par ailleurs souligné l’importance de l’intelligence artificielle : « L’IA constitue un levier fondamental », tout en nécessitant un encadrement adapté.

Dans ce sens, l’ACAPS prévoit « la mise en place d’un dispositif digital de contrôle fondé sur l’IA », permettant de surveiller les pratiques du marché et de renforcer la protection des assurés. La transformation du secteur s’accompagne également de nouveaux défis, notamment en matière de cyber-risques. « Le développement de l’assurance cyber repose sur le renforcement des expertises et des capacités financières », a-t-il expliqué, annonçant le lancement prochain de premières solutions.

Parallèlement, le cadre prudentiel évolue. « Le dispositif de solvabilité basée sur les risques, qui sera publié ce trimestre, vise à adapter les exigences en capital au profil réel des risques », a-t-il précisé. Ce cadre repose sur « trois piliers combinant exigences quantitatives, qualitatives et de transparence » et implique un renforcement des pratiques de gestion des risques.

En conclusion, Abderrahim Chaffai a souligné que « les transformations en cours redessinent les contours de l’assurance et ouvrent de nouvelles perspectives ». « L’enjeu est de concilier innovation, protection des assurés et stabilité du secteur », a-t-il insisté. Il a également mis en avant le rôle de l’épargne dans le financement de l’économie et appelé à un investissement accru dans le capital humain. « La capacité du secteur à anticiper, à s’adapter et à innover sera déterminante », a-t-il conclu, plaidant pour « une assurance plus inclusive, plus résiliente et en phase avec les mutations actuelles ».


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