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1er mai : des voix dissonantes se feront entendre

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Ecrit par Soubha Es-Siari I 

Le jeudi, 1er mai,  c’est la fête du travail. Ce jour-là se veut une occasion idoine pour les centrales syndicales de clamer haut et fort leurs revendications. Des voix dissonantes vont ainsi s’élever pour dénoncer tous ces problèmes et tracas qui vont à l’encontre d’une situation paisible pour une classe ouvrière qui peine à joindre les deux bouts. Depuis la crise sanitaire qui a frappé de plein fouet le pouvoir d’achat des salariés pour différentes raisons (fermetures d’entreprises, réduction drastique des salaires, travail à mis temps…), cette catégorie a vu son niveau de vie s’écrouler comme un château de sable.

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Le gouvernement a joué au sapeur-pompier pour sauver ce qu’il peut mais la situation était très compliquée pour la restaurer en entier. Depuis cette crise, nombreux sont ceux ou celles qui n’arrivent plus à retrouver leur situation d’avant-crise, même si elle n’était pas aussi avantageuse. Et pour cause, même après la crise sanitaire, le spectre de l’inflation ne s’est pas dissipé à cause des tensions géopolitiques se traduisant par des hausses des cours des matières premières et leur impact sur les différents pans de l’économie.

Cette fête du travail se tient ainsi  dans un contexte contraignant marqué par la hausse fulgurante des prix et l’effritement du pouvoir d’achat.

A J-7 de la célébration de la journée du travail, soit à l’occasion de la dernière session d’avril du dialogue social, les centrales syndicales ont mis en avant plusieurs revendications prioritaires pour la classe ouvrière, notamment l’augmentation générale des salaires et des pensions de retraite, ainsi que la poursuite de l’abattement de l’impôt sur le revenu (IR) afin d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés des secteurs public et privé.

Elles ont par ailleurs évoqué la question de la revalorisation des allocations familiales, jugées « insuffisantes » face aux coûts de la scolarisation et de la vie, tout en notant que les réunions ont abordé les dialogues sectoriels, en particulier dans l’éducation, la santé, les collectivités territoriales et d’autres secteurs marqués par des difficultés dans le dialogue social.

S’agissant de la réforme des régimes de retraite, Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT a exprimé les réserves de sa formation syndicale quant aux « réformes paramétriques » impliquant le relèvement de l’âge de départ à la retraite, appelant à ce que cette mesure demeure « optionnelle », en tenant compte des métiers pénibles, tout en rejetant toute hausse des cotisations ou diminution des pensions.

La réforme des régimes de retraite figure d’ailleurs parmi les sujets les plus importants abordés lors de la session du dialogue social avec le gouvernement. Ce dossier devrait faire l’objet « d’un consensus » et « ne pas se faire au détriment de la classe ouvrière ».

Dans ce sillage, il est utile de rappeler que la réforme de la retraite en deux pôles (public et privé ) est un chantier tant attendu. Il semble que le gouvernement n’arrive pas à pondre une réforme à même de satisfaire tous les désidératas. D’où le retard et le dépassement du délai reporté sine die par l’équipe au pouvoir.

Il faut dire que le gouvernement continue à faire dans la demi-mesure comme la baisse relative à l’impôt sur le revenu introduite dans la Loi de Finances 2025. On aurait tant souhaité que la réforme soit plus large. On s’attendait que l’impôt sur le revenu soit finalement l’impôt de la famille, un impôt qui fait la différence entre le célibataire et le marié, entre un couple avec enfants et un couple sans enfants, ou un couple avec des enfants en situation d’handicap…  Aussi, serait-il plus judicieux de défalquer de l’assiette fiscale les frais de scolarité ou de soins prodigués par le secteur privé (école ou clinique). Mais niet.

Avec de tels réaménagements, nous pouvons aboutir à un impôt sur le revenu qui encourage la scolarité des enfants, qui encourage le mariage… un impôt au service de la famille et non pas un impôt qui pèse lourdement sur son budget.

Malheureusement, le gouvernement chaque fois qu’il est interpelé sur ces hausses insignifiantes des salaires, sur ce réaménagement des taux de barème, qui in fine, ne résout pas une grande partie des problèmes de la classe moyenne, il riposte qu’il faut raisonner d’une manière globale et qu’il ne faut pas se focaliser sur ces hausses, qu’il reconnait comme dérisoires, mais il faut prendre en considération l’élargissement de la protection sociale, les aides directes au logement qui font également partie intégrante du pouvoir d’achat des ménages. 

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