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Édito

Les retombées économiques de la confiance de S&P

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Après des années difficiles de croissance, la récente notation de S&P ravive les espoirs perdus suite à une avalanche de crises. Le pourquoi et le comment de cette évaluation pour notre économie qui depuis longtemps n’a pas eu droit à un tel privilège.

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Dans un environnement international tourmenté et secoué par le conflit en Ukraine et aggravé par la guerre d’Israël sur Gaza, l’économie marocaine a tenu bon face aux vents contraires sous-jacents à une conjoncture défavorable provoquée par les ondes de choc encore persistantes de la crise sanitaire, par la pénurie des matières premières et des produits de base, par les entraves politiques érigées à la circulation des biens, par la flambée du cours du baril et par l’envolée généralisée des prix

C’est ce qu’il faut lire entre les lignes de la récente notation de l’agence américaine Standard & Poor’s publiée ce 30 mars 2024. Dans ses prévisions, S&P table sur un taux de croissance de 3,4% en 2024 contre 3% en 2023 avant de grimper à 3,7% en 2025 et 2027. Elle prévoit par ailleurs une diminution du déficit budgétaire à 3% du PIB d’ici 2027.

Sur le plan mondial, l’économie avec un profil retapé par les réactions qu’elle s’est forgées face à la diversité des crises qui se sont succédées depuis celle de 2007-2008 devrait selon les analystes vivre l’année 2024 comme un tournant dans l’histoire pour retrouver une période et des tendances différentes des phases qu’elle a connues.

Dans cette légère éclaircie de la conjoncture internationale, les perspectives de l’économie nationale pour l’année en cours devraient ainsi se présenter sous de bonnes augures.

Rehausser la perspective du Maroc de stable à positive est très louable et pleine de promesses pour l’économie marocaine. Elle mérite une analyse des indicateurs ayant permis une telle évaluation tout en faisant focus sur ses retombées.

De prime abord, il est important de rappeler que cette évaluation se veut une bonne nouvelle pour notre économie qui depuis longtemps n’a pas eu droit à un tel privilège.

La révision de la notation du risque souverain de stable à positive est due aux indicateurs macroéconomiques qui stabilisent l’économie marocaine. Dans ce cas, l’agence de notation recourt à toutes les politiques monétaire, budgétaire, fiscale… C’est pour dire que les perspectives relevées s’avèrent positives pour tout ce qui est inflation, déficit budgétaire, croissance… 

En sus des indicateurs mentionnés, le chantier titanesque de la protection sociale joue un rôle déterminant dans cette révision de stable à positive opérée par S&P. Il reflète le profil en gestation d’un tissu économique dynamique en pleine mutation.

A ne pas omettre que cette confiance par rapport aux perspectives économiques marocaines est  la condition sine qua none de faire baisser les spread à l’international. Donc si le Maroc sort à l’international, le risque affecté au crédit sera plus bas. Le Trésor ne trouvera pas de difficultés à recourir à l’emprunt à l’international, les bailleurs de fonds étant plus confiants quant à la soutenabilité de la dette publique.

La notation de BBB+ va consolider la position du Maroc et réduire la facture de paiement en intérêts à l’international. Cela permettra également d’alléger la pression des taux d’intérêt en interne et donner plus de souffle à l’endettement interne qui, face à une épargne faible, se veut un moyen sûr de financement de l’économie marocaine.

Sur un autre registre notamment celui de la croissance, d’aucuns estiment que 2024 pourrait même, suite aux dernières pluies des mois de mars et février qui constituent les prémisses d’une bonne campagne agricole, se solder par un taux de croissance oscillant aux alentours de 4%. Une telle prévision se base sur les estimations relatives au PIB agricole mais également à ses effets induits sur les autres secteurs.

Le secteur secondaire, à la lumière des appréciations des opérateurs économiques, devrait afficher un accroissement conséquent d’environ 3,7%. Les industries manufacturières selon les prévisions de la Banque centrale seraient en train de retrouver leur capacité productive à la faveur de l’amélioration du climat des affaires, des investissements programmés et des conditions favorables mises en œuvre par les différents plans stratégiques industriels.

Pour conclure, il est important de rappeler que sur le plan compétitivité, le Maroc a toujours du pain sur la planche. Le Royaume face à de redoutables concurrents (Turquie, Inde, Chine, Espagne…) a encore, malgré son positionnement géographique, du mal à percer sur les marchés internationaux. Pour ce faire, le Maroc ne doit pas rater cette période cruciale pour mener à bien les réformes entamées et lutter impérativement contre le secteur informel, ce vrai talon d’Achille de notre économie.


Lire également : 🚨 S&P Global Ratings révise sa perspective sur le Maroc de stable à positive

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