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Édito

Suite à l’accord tripartite, le puzzle d’une année sociale est-il au complet ?

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Ce nouvel accord trace une feuille de route précise et réfléchie visant l’accélération du développement socio-économique du Maroc et la consolidation de l’Etat social. Il prend en considération les constats économiques et sociaux relevés au quotidien, ainsi que les impératifs et enjeux auxquels notre pays est confronté.

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Dans un contexte très contraignant que nous n’avons eu de cesse de dépeindre au cours des dernières années, la conclusion enfin de ce nouvel accord social tripartite Etat, Patronat et Syndicats ne peut être qu’appréciée voire applaudie. Même les plus récalcitrants seraient convaincus des concessions des pouvoirs publics à un moment où l’incertitude et le manque de visibilité plane. Le moins que nous puissions dire, en toute honnêteté, est que la conclusion de ce dialogue social intervient dans un contexte marqué toujours par une hausse des prix, avec un taux d’inflation en légère décélération.

L’inflation ralentit certes mais reste élevée. Les fortes tensions géopolitiques constituent toujours un risque important à court terme pour toute activité et l’inflation, en particulier si le conflit au Moyen-Orient s’embrase perturbant au chemin les marchés de l’énergie. L’amélioration du pouvoir d’achat de toutes les classes sociales des travailleurs est donc un grand pas en avant.

A rappeler que parmi les engagements de l’accord social signé ce 29 avril, on note la hausse des salaires qui intervient au moment opportun. Les données des enquêtes auprès des ménages sur les perspectives pour l’année 2024 laissent présager un certain pessimisme quant à l’évolution du niveau de vie des ménages, de leurs achats de biens durables, de leur situation financière et de leur capacité future à épargner. Selon cette même enquête, les anticipations relatives aux mouvements des prix des produits alimentaires demeurent, pour la plupart des opinions recueillies, préoccupantes. De plus, les perspectives de croissance de l’économie dans son ensemble sont encore incertaines, signifiant que leurs répercussions sur le revenu disponible des ménages seraient loin de combler les pertes de pouvoir d’achat de ces deux dernières années.

Autre engagement important est la réforme de la retraite dont le retard ne sera pas exempt d’effets gravissimes sur la situation financière des caisses de retraite et bien entendu sur les retraités. L’enjeu aujourd’hui est la refonte du système de retraite en étant alignés sur les principes d’étanchéité des caisses et de déploiement progressif des variables de la retraite, ainsi que sur la préservation des droits acquis en termes de prestations fournies actuellement.

Aussi le droit de grève et le code du travail contenus dans l’accord cadre, leur rôle n’est plus à démontrer en matière de climat des affaires pour garantir la stabilité et l’attraction de l’investissement étranger. Pour un pays aspirant attirer un volume important des IDE, créer de l’emploi et des richesses, toutes les réformes seraient vaines sans un code de travail en mesure d’accompagner les mutations que connait le marché de travail.

Une chose est sûre : à l’aune de la situation économique très tendue, le moins pessimiste des analystes ne s’attendait à une hausse des salaires même s’effectuant en deux temps. Même les syndicats les plus exigeants considèrent les décisions prises dans le cadre du dialogue social notamment la hausse des revenus de 1000 DH en deux temps, la baisse de l’IR, la revue à la hausse annuelle des charges de déductions de familles… comme courageuses, audacieuses dans un contexte qui reste fragile à multiples égards.

Avec toutes les réserves que nous pouvons émettre, après un bilan à mi-mandat mitigé de l’équipe au pouvoir, la signature de cet accord social tripartite à la veille de la fête du travail est une prouesse. 2024 peut ainsi être qualifiée d’une année sociale suite à l’aide directe, le RSU, l’élargissement de la protection sociale… les engagements relatifs à l’accord social sont les autres pièces du puzzle.


Lire également : 🚨 Dialogue social : les détails de l’accord gouvernement, Patronat et syndicats

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