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Édito

[Edito] Encore un remaniement ministériel sans reddition des comptes ?

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Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Le gouvernement d’Akhannouch n’a pas échappé au remaniement ministériel. Comme quoi nul n’est à l’abri d’un revirement de situation. Il faut dire que cela fait un bout de temps que des bruits de couloir circulaient sur ce remaniement que l’on attendait bien qu’il soit partiel (moins brusque que le dernier remaniement à l’ère d’El Othmani en 2019).

Ce n’était donc qu’une question de temps avant que la décision tombe ce mercredi 23 octobre comme un couperet notamment sur les ministres sortants. En effet, depuis la nomination de Chakib Benmoussa, ministre de l’Education à la tête du HCP, on se frottait les mains.

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Toutefois, à la grande surprise, certaines têtes qui ne donnent pas satisfaction sont restées tandis que celles qui n’étaient pas dans le collimateur ont quitté le navire.

Bien entendu, on ne saura pas les raisons de ce remaniement mais une question s’impose, qu’en est-il de la reddition des comptes ? Les ministres sortants vont-ils rendre des comptes ? La reddition des comptes est-elle encore une lettre morte dans notre pays ? Jusqu’à quand ? Ce sont les questions qui restent suspendues aux lèvres à chaque remaniement ministériel.

Et pourtant la reddition des comptes se veut un principe constitutionnel, qui compte parmi les principes fondamentaux d’une bonne gouvernance des finances publiques mais aussi de la gestion de la chose publique.

C’est même l’une des hautes orientations de SM le Roi qui ne cesse d’inciter à la consécration des principes de reddition des comptes et de transparence et de la bonne gouvernance pour une gestion rationnelle des deniers publics, l’amélioration du rendement de la gestion publique et de son efficacité et la modernisation de ses modes. C’est aussi la base de l’instauration d’un Etat démocratique.

Mais cela ne semble pas figurer parmi les priorités du gouvernement. Opérationnaliser ce mécanisme impliquerait d’ouvrir la boîte de pandore pour une grande majorité de ceux qui nous gouvernent.

Aujourd’hui, ils sont 7 ministres qui occupaient des départements stratégiques avec des budgets colossaux notamment la santé, l’agriculture, la transformation numérique, l’enseignement supérieur, le transport…qui ont été remplacés dans le cadre de ce remaniement sans plus.

Ont-ils échoué à leur mission ? Ont-ils dilapidé les deniers publics ? Ou tout simplement ils ont été sacrifiés comme boucs émissaires pour calmer les esprits ? Car comme dit l’adage : il n’y a jamais de fumée sans feu.

Le manque de communication par lequel brille le gouvernement d’Akhannouch depuis qu’il est au pouvoir est en grande partie à l’origine des zones d’ombre qui entourent toute décision politique y compris ce remaniement.

Nous n’avons cessé de décrier le bafouement du droit d’accès à l’information. Mais cela tombe dans une oreille de sourd. Car le gouvernement n’est pas prêt à changer son modus operandi. Cela semble l’arranger. Moins d’informations, de transparence, et d’engagements équivaut à moins de pression de la part de l’opinion publique, de la société civile et des citoyens sur les réalisations et sur la bonne gouvernance dans la gestion de la chose publique.

Il faudra plus qu’une volonté politique pour voir un jour nos politiques jugés sur leur action et sur la gestion. Ils seront à ce moment plus inquiéts sur l’après remaniement que du siège qu’ils ont perdu. A bon entendeur !

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