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Édito

[Edito] La crise des étudiants en médecine : quand la solution dépend de l’humain ou plutôt de son égo

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Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Il a fallu aux nouveaux ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé moins de 15 jours après leur nomination le 23 octobre pour désamorcer la crise des étudiants en médecine qui a duré plus de 11 mois et dont les conséquences sont lourdes sur tous les plans. Qui est responsable de ce désastre ? Est-ce une question d’égo des ministres sortants ? Ou l’absence d’un vrai capitaine à bord qui intervient avant que le bateau ne coule ?

C’est un grand ouf de soulagement après plus de 11 mois de bras de fer entre les 2 tutelles (Enseignement supérieur et Santé) et les étudiants en médecine. Il a fallu aux 2 ministres, Azzedine El Midaoui et Amin Tahraoui, fraichement nommés le 23 octobre, moins de 15 jours pour désamorcer une crise qui n’a que trop duré.

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Le Médiateur du Royaume est parvenu à mettre toutes les parties d’accord et à concrétiser un accord qui met fin à plusieurs mois de souffrance, de déception, d’indignation, de manque de visibilité et surtout de perte de confiance en ceux qui nous gouvernent.

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Aujourd’hui, les étudiants en médecine qui ont pu résister malgré les pressions, convaincus de la justesse de leur cause, rejoignent enfin les bancs des amphis et pourront se concentrer sur leur vrai objectif : celui de devenir médecin. Les étudiants ont désormais déserté les rues, rangé les pancartes et les slogans, remis leur blouse et sortis leurs bistouris des tiroirs. Certes cette page de l’histoire de la médecine au Maroc est tournée mais à quel prix ?

Malheureusement, en étant un pays qui souffre d’une pénurie critique de médecins, cette crise devait être désamorcée depuis belle lurette. Faut-il rappeler qu’en 2023 la Cour des comptes révélait dans un rapport que le Maroc fait face à un déficit de 47.000 médecins en 2023. Pis, le déficit atteindrait 53.000 médecins à l’horizon 2035. Faut-il aussi rappeler que le Maroc a une densité de personnel soignant inférieure au seuil critique de 2,5 pour 1.000 établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sans parler de la fuite à l’étranger avec environ un tiers des médecins formés qui optent pour exercer sous d’autres cieux.

C’est dire la sensibilité de ce secteur qui constitue l’un des piliers fondamentaux de la réussite du chantier de la généralisation de la couverture sanitaire.

D’où les questions qui taraudent nos esprits : ça en valait-il la peine de malmener ces étudiants durant toute cette période pour des considérations que nous ignorons à ce jour ? Est-ce une question d’égo des ministres sortants ? Pourquoi le Chef du gouvernement n’est-il pas intervenu à temps pour stopper l’hémorragie et pour rationaliser ses ministres ? Qui est responsable du préjudice qu’ont subi non seulement les étudiants mais aussi leurs familles et les Marocains de manière plus large ?

Des questions légitimes après que le gouvernement ait accepté la majorité des revendications des étudiants. Il aurait pu le faire avant et épargner les futures médecins de la nation toute cette souffrance.

Mais comme nous ne cessons de le déplorer nous vivons dans un monde où les consciences politiques ne sont qu’un mythe, où les engagements politiques ne se résument qu’à des paroles, où l’intérêt général est sacrifié sur l’autel des intérêts individuels, où la chose publique est gérée selon la vision étriquée des individus et non pas selon une vision et une stratégie élargie.

Il faudra tirer les leçons de cette crise pour éviter de refaire les mêmes erreurs et plonger des secteurs vitaux dans des conflits et des guerres inutiles.

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