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Édito

Syndicats-gouvernement : fin de la lune de miel !

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Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Le projet de loi relatif au droit de grève met fin à la lune de miel gouvernement-syndicats. Une lune de miel qui a tout de même durée plus de 3 ans et durant laquelle la voix des syndicats se faisait à peine entendre. Mais contrairement à ce que l’on croyait, le couple n’est pas au beau fixe.

Aujourd’hui, les syndicats sortent de leurs gonds pour dénoncer une politique gouvernementale antisociale et non populaire dont les conséquences sur le plan économique et social sont de plus en plus inquiétantes.

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Ils dénoncent aussi un gouvernement qui vit sur une autre orbite et qui applique la politique d’autruche sans se soucier réellement des Marocains qui continuent de souffrir en silence. Mais jusqu’à quand ? Le gouvernement ne joue-t-il pas avec le feu au risque de faire exploser cette bombe à retardement dû aux conditions de vie de plus en plus difficile ?

En effet, hausse continue du coût de la vie, manque flagrant de communication du gouvernement avec toutes les composantes du champ politique et économique, adoption de lois non populaires, des aides sociales en-dessous du seuil de l’acceptable, non respects des engagements sociaux…, autant de factures qui ont poussé l’UMT à hausser le ton et à passer directement à l’acte en annonçant non pas un mais deux jours de grève générale (5 et 6 février).

Le projet de loi sur le droit de grève n’est que la goutte qui a fait déborder le vase Bien que nous nous demandions où étaient les syndicats durant ces 3 années d’exercice ? Pourquoi n’ont-ils pas réagit avant sur les politiques publiques qui vont à l’encontre de leur principe ? Pourquoi ont-ils accepté des propositions sociales injustes qu’ils dénoncent aujourd’hui ? Autant de questions qui nous poussent à dire que la responsabilité est partagée. Mais comme dit l’adage : vaut mieux tard que jamais.

Aujourd’hui, l’UMT condamne des politiques impopulaires mises en place par le gouvernement qui continue de fragiliser le pouvoir d’achat de la classe ouvrière et condamne les lois sociales régressives qui portent atteintes aux acquis sociaux des travailleurs.

Dans un point de presse tenu ce lundi 3 février, le secrétaire général de l’UMT n’a pas mâché ses mots. « La loi sur le droit de grève ne doit pas être vidée de son sens et doit garantir le droit des travailleurs, maillon faible de la chaîne, à exercer leur droit législatif », a précisé Miloud Moukharik.

Et d’ajouter « le gouvernement, à travers le ministre de l’Emploi, veut nous forcer la main et passer un projet de loi que nous rejetons ».

Pour exprimer leur rejet, les membres du groupe de l’Union marocaine du travail (UMT) se sont retirés de la séance législative à la Chambre des conseillers ce lundi 3 février lors de laquelle le projet de loi organique n° 97.15 fixant les conditions et les modalités d’exercice du droit de grève, tel qu’il a été modifié, a été adopté avec 41 voix pour et 07 contre, sans aucune abstention.

« Nous refusons de participer à cette mascarade orchestrée par le ministre de l’Emploi et nous disons niet à ce projet de loi », a martelé le SG de l’UMT.

Outre la loi sur le droit de grève cette rencontre avec les médias a été également l’occasion de mettre sur la table toutes les politiques antisociales que mène le gouvernement et qui vont à l’encontre du projet d’Etat social qu’il vante. Parmi les sujets soulevés, le dialogue social. Rappelons que le 29 avril 2024, soit la veille du 1er mai (fête du travail), Gouvernement, Patronat et Syndicats étaient parvenus à un accord après de rudes rounds de dialogue social.

Malheureusement selon le SG de l’UMT, le gouvernement n’a pas honoré les engagements pris dans le cadre du Pacte social.

« Nous sommes parvenus à la conclusion que le gouvernement ne croit pas dans le principe du dialogue social. A travers sa politique, le gouvernement  est en phase de provoquer une grogne sociale qui n’est pas dans l’intérêt de notre pays », a-t-il martelé.

Et d’ajouter « que ces 2 jours de grève ne sont qu’un avertissement pour le gouvernement de revoir sa feuille et de retrouver la raison en rouvrant un vrai dialogue social et en honorant les engagements pris».

La question est de savoir si ce premier bras de fer syndicats-gouvernement va-t-il pousser l’Exécutif à se remettre en question et à rectifier le tir ou campera-t-il sur sa position au risque de perturber la stabilité sociale ? A suivre !

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