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Édito

Pas de Maroc émergent sans les femmes !

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Écrit par Imane Bouhrara I

Comme si on avait besoin d’un rapport pour remuer le couteau dans la plaie.

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En ce jour, la Banque mondiale a organisé une table ronde pour présenter son rapport économique MENAAP sous le thème  » Emplois et femmes, talents inexploités, croissance non réalisée « .

Aucune amélioration sous le ciel marocain, le rapport présenté par Roberta Gatti, Economiste en chef pour la Région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan, Pakistan, relève que dans cette région, seule environ 1 femme en âge de travailler sur 5 participe au marché du travail.

Pis, le Maroc fait partie de la cohorte des pays dont le taux de participation des femmes a reculé ou stagné. Une tendance qui s’est accélérée depuis l’année 2020, le taux de participation des femmes étant passé de 29% à 20 % en 2022. Le Maroc qui avait l’un des taux les plus élevés régresse, même plus les femmes diplômées, au moment où dans d’autres pays la tendance est à la progression, notamment en Tunisie où ce taux est passé à 27% en 2023.

Une situation plutôt paradoxale au moins pour deux facteurs : une accélération de la croissance économique qui sous-tend et une tendance évolutive de la perception du travail des femmes, donc une moindre pression sociétale sur la participation des femmes au marché du travail.

Par ailleurs, le train des réformes en faveur de la participation féminine au Marché du travail connaît une évolution timide par rapport à d’autres pays de la région.

En détails, le rapport relève, pour la région MENAAP, une participation systématiquement plus élevée chez les femmes célibataires, et l’écart entre les taux des femmes célibataires et femmes mariées est le plus important au Monde et atteint un pic notamment au Maroc… sans pour autant établir une corrélation avec la « pénalité du mariage ».

Mais plutôt une pénalité pour les enfants », le taux de participation étant plus faible chez les femmes ayant de jeunes enfants.

Cela induit la problématique de garde des enfants et aussi l’inflexibilité du cadre du travail pour intégrer et faciliter le travail de cette frange de femmes. Par ailleurs, la société dans sa large majorité voit d’un mauvais regard le travail d’une femme ayant un enfant de moins de 3 ans.

L’autre point qu’appuie le rapport avec d’autres études comme le Baromètre arabe bien évidemment c’est la question de la sécurité des femmes qui travaillent, notamment le harcèlement dans les espaces publics (dont les transports) que dans le lieu du travail, qui peut être dissuasif. Sans oublier la discrimination économique à l’égard des femmes qui se traduit souvent par une inégalité salariale pour les mêmes tâches professionnelles. C’est tout bonnement injuste.

Le rapport de la Banque mondiale comme d’autres souligne que cette situation de sous-représentation économique des femmes contribue à une amputation de points de croissance et de développement d’un pays, à l’instar du Maroc.

Au moment où l’on évoque un Maroc émergent, il est légitime de se poser la question au-delà des axes stratégiques et des données économiques, que prévoit ce  projet ambitieux de société pour la femme marocaine et sa contribution à cet élan ?

Le plus important à mon sens, c’est de créer les conditions d’un accès équitable au Marché du travail libre par la suite à chacun et chacune, de se lancer dans une expérience professionnelle. Autrement, il s’agira d’une discrimination qui ne peut continuer au moment où l’État a besoin de toutes ses forces vives pour avancer. Autrement ça sera toujours comme se lancer dans une course à vélo avec un pneu crevé !

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