Réseaux sociaux : la guerre hybride qui cible le Maroc se poursuit

Écrit par Imane Bouhrara I
Je ne sais pas si ce sont les algorithmes ou bien le Maroc fait-il encore le buzz sur les réseaux sociaux (encore ?).
CAN 2025, Inondations de Ksar El Kébir, match Us Far vs Al Ahly, le conseil de la paix, Gaza… tous les prétextes sont bons pour ouvrir le feu sur le Maroc sur les réseaux sociaux. Et encore une fois, le Maroc semble ignorer l’importance de protéger son espace informationnel du moins réduire cette pression qui tend à altérer la perception de la réalité.
Laissez-moi vous dire, que celui qui a cherché à affaiblir la presse a finalement réussi à affaiblir la voix du Maroc puisque pendant que le Royaume fait une fois de plus l’objet d’une campagne de bashing, les professionnels de la presse, de la Com’ et les médias se livrent une bataille sans relâche à cause du projet de loi sur le CNP.
On en a assez parlé et ça promet un nouveau Round corsé sur le sujet.
Revenons donc au fait que notre pays fait l’objet régulièrement pour ne pas dire avec une méthodologie quasi militaire de grande campagne de dénigrement, désinformation, etc. Pour ne citer que la théorie folle lancée par des profils algériens que l’évacuation des citoyens habitants dans des zones à fort risque d’inondation à Ksar El Kébir, visait à les déporter vers d’autres villes et ramener des colons israéliens. Croyez-le plus c’est grossier et grotesque, plus les gens adhérent malheureusement à ce genre de théorie. D’ailleurs, les profils DZ mangent à tous les râteliers et feraient alliance avec le diable même tant que ça contraint les intérêts du Maroc.
Autre fait important à souligner est celui de la prolifération de nouveaux profils arborant le drapeau marocain qui soit adoptent une posture virulente ou violente contre des pays étrangers (comme insulter les Saoudiens, les Égyptiens etc, cherchant à créer la zizanie et entamer le capital sympathie entre ces états) soit une posture servile pour soutenir des postures contraires aux intérêts du Maroc.
Par conséquent, des milliers de comptes se passent pour des citoyens marocains et parlent au nom du Maroc. Et c’est l’un des revers de l’anonymat sur les réseaux sociaux et l’absence de l’affichage de la localisation des usagers encouragent ce type de comportement
Mais le fait est intéressant pour s’y attarder pour rappeler la publication de la localisation des usagers de X.com en novembre dernier avait révélé les pays qui mènent des campagnes contre le Maroc.
Oui, oui, à ce stade il ne s’agit plus de chamaillerie entre ressortissants de différents pays mais de campagnes menées par des États dans le cadre de l’info guerre (ou guerre informationnelle) qui elle-même fait partie de la guerre hybride.
En effet, ici on dépasse les dérives classiques des réseaux sociaux à savoir la désinformation, la diffamation, la manipulation, les Trolls, l’atteinte à la réputation… mais d’une guerre hybride déclinée par les réseaux sociaux.
En 2022, Oxford Internet Institute relevait qu’au moins 81 pays ont eu recours à des campagnes de manipulation organisées sur les réseaux sociaux.
Dans un tel contexte, l’émergence des réseaux sociaux pose avec acuité les défis de l’encadrement de l’information à l’ère des nouvelles menaces numériques qui planent sur un pays donné.
Les méthodes employées aujourd’hui dans les conflits sont nouvelles, innovantes et radicalement différentes de ce qu’elles étaient auparavant.
Certes, la notion de guerre hybride n’est pas nouvelle mais elle est revenue sur le devant de la scène ces dernières années, alors que des États font appel à des acteurs non étatiques et aux technologies de l’information pour manipuler les opinions publiques.
L’approche hybride identifie les lignes de failles d’une société pour créer des tensions permettant de déstabiliser le pouvoir étatique.
Dont la guerre de l’information qui désigne les opérations menées dans le but d’obtenir un avantage informationnel sur un adversaire. Elle consiste à contrôler son propre espace informationnel et à protéger l’accès à ses propres informations, tout en cherchant à obtenir et à utiliser celles de l’adversaire, à détruire ses systèmes d’information et à perturber le flux des informations.
D’où la question : où en est le Maroc de cette menace qui plane sur lui ? Que fait le ministère de la communication ?
Les médias relèvent du domaine stratégique des États ce qui est loin d’être le cas au Maroc où les médias sont gérés à des finalités méconnues et intérêts particuliers loin de ceux d’un État tel que le Maroc qui mène de grandes batailles internationales.
Continuer à gérer ce secteur avec tant d’amateurisme reviendrait à se tirer une balle dans le pied. A bon entendeur !

