12e RDV de l’assurance : Mohamed Hassan Bensalah dessine les contours de l’assurance de demain

À l’ouverture de la 12ᵉ édition du Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance, Mohamed Hassan Bensalah a mis en avant le rôle structurant de cet événement dans l’accompagnement des mutations du secteur.
« Cela fait 12 ans que le Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance accompagne les grandes transformations de notre secteur. Il décrypte ses enjeux, éclaire ses interrogations et porte ses ambitions », a-t-il déclaré.
Évoquant le contexte international, il a alerté sur une nouvelle phase d’incertitude liée aux tensions géopolitiques. « Avec le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, nous sommes entrés dans une nouvelle phase d’incertitude », a-t-il indiqué, rappelant que la Banque mondiale anticipe une dégradation des perspectives économiques régionales.
Il a détaillé les répercussions déjà perceptibles : « Hausse des prix de l’énergie, pression sur les coûts de transport, inflation sur les produits de base… ». Mais, selon lui, ces effets visibles masquent une transformation plus profonde : « Il y a une réalité plus profonde, une transformation du risque lui-même ».
Abordant la question des risques de guerre, il a expliqué que ceux-ci restent généralement exclus des contrats d’assurance. « Dans la plupart des contrats, les dommages liés à la guerre sont exclus. Non pas par choix, mais parce que ces risques sont, par nature, massifs, simultanés et difficilement mutualisables », a-t-il précisé.
Il a néanmoins rappelé l’existence de mécanismes spécifiques dans certains secteurs : « Le transport maritime, l’aérien ou encore certaines grandes entreprises utilisent des mécanismes spécifiques pour couvrir les “war risks” », tout en soulignant leur complexité et leur coût.
Dans ce contexte, il a posé une question centrale : « Sommes-nous à l’aube d’une assurance plus géopolitique ? », estimant que les acteurs économiques sont désormais exposés à une nouvelle génération de risques.
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« Ce que nous observons aujourd’hui, ce n’est pas une crise isolée. C’est une mutation profonde », a-t-il affirmé, citant l’émergence de risques politiques, climatiques, cyber et géostratégiques. Face à ces évolutions, il a souligné les limites du modèle traditionnel : « Ces risques peuvent toucher tout le monde en même temps, remettant en cause le fondement même de notre métier ».
Dans ce cadre, il a insisté sur le rôle croissant des pouvoirs publics et des partenariats : « Le rôle des États, des réassureurs et des partenariats public-privé devient central ». Il a également évoqué l’évolution du rôle des assureurs : « Nous ne sommes plus uniquement des gestionnaires de sinistres. Nous devenons des acteurs de la résilience économique et sociale ».
Dans un monde plus incertain, il a rappelé la mission fondamentale du secteur : « Protéger le plus grand nombre ». Un défi particulièrement important en Afrique, où « des millions de citoyens restent encore en dehors du système assurantiel ». À ce titre, il a mis en avant le rôle de la technologie : « Aujourd’hui, grâce au mobile, l’assurance peut devenir simple, accessible, immédiate », soulignant que les fintechs et les insurtechs sont désormais « une réalité tangible » sur le continent.
Toutefois, il a insisté sur un facteur clé : « La digitalisation doit s’accompagner de pédagogie, de simplicité et surtout de confiance ». Et d’ajouter : « Cette confiance ne se décrète pas. Elle se construit ». Il a ainsi souligné l’importance de la régulation : « La régulation est un levier clé pour accompagner et accélérer les transformations de notre secteur », devant à la fois protéger les assurés et encourager l’innovation.
Dans ce sens, il a salué la réforme en cours au Maroc : « La refonte du Livre IV du Code des assurances constitue une avancée majeure », traduisant une volonté d’adaptation aux nouvelles réalités. Évoquant les enjeux démographiques, il a mis en garde contre une transformation silencieuse : « Le vieillissement progressif de la population met sous pression les systèmes de retraite ».
Il a cité plusieurs exemples internationaux illustrant des modèles innovants : « Au Kenya, des dispositifs de micro-épargne retraite via le mobile ont permis d’intégrer des travailleurs informels », ajoutant que l’Inde et plusieurs pays d’Amérique latine ont également développé des solutions inclusives. « Ces expériences montrent qu’un autre modèle est possible : plus inclusif, plus flexible, plus proche des réalités », a-t-il souligné, appelant à en tirer les enseignements.
Enfin, il a abordé les transformations technologiques du secteur : « L’intelligence artificielle, la data et l’automatisation redéfinissent nos métiers à grande vitesse ». Mais au-delà des technologies, il a tenu à rappeler un principe fondamental : « L’assurance reste, par essence, un métier de confiance. Une confiance qui ne s’automatise pas et qui repose avant tout sur l’humain ».
Dans ce contexte, il a insisté sur l’importance d’attirer les nouvelles générations : « Les générations Y et Z représenteront bientôt plus de la moitié de la population active », avec des attentes nouvelles en matière de sens et d’impact. « À nous de rendre notre secteur plus attractif, d’offrir des environnements stimulants et d’accompagner durablement les talents », a-t-il conclu, estimant que la réussite de cette transformation dépend avant tout du capital humain.

