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Guerre au cash : Bank Al-Maghrib passe à l’offensive et baisse les frais de carte bancaire

cash bank

A partir du 1er octobre 2026, BAM baisse le plafond général des frais d’interchange monétique domestique de 0,65% à 0,50% (hors taxes), en vertu de sa Décision Règlementaire n°265/W/2026, tout en fixant un plafond spécifique de 0,15% (hors taxes) pour les services gouvernementaux électroniques (e-Gov) et les transactions auprès des commerçants de proximité. Quelle est la portée de cette disposition sur le cash ?

Pour lutter contre l’économie informelle et réduire la circulation persistante d’argent liquide, Bank Al-Maghrib impose une baisse importante des frais d’interchange dès le 1er octobre 2026. En ciblant les commerces de proximité avec un taux plancher de 0,15 %, l’institution tape du poing sur la table pour généraliser le paiement électronique au quotidien.

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A travers cette disposition, Bank Al-Maghrib passe à l’offensive contre sa plus vieille obsession : la circulation de la monnaie fiduciaire. En annonçant cette baisse drastique des frais d’interchange monétique applicables dès le 1er octobre 2026, la banque centrale marocaine ne signe pas seulement une réforme technique. Elle lance une lutte acharnée contre le «cash ».

Pour comprendre l’urgence, il faut scruter les chiffres. Au Maroc, le cash prédomine pesant  plus de 400 milliards de dirhams en circulation. Les billets s’accumulent sous les matelas, s’échangent de main en main dans les souks, à travers les tontines… et s’évaporent des circuits bancaires officiels. Pour faire court, cette prédominance du cash constitue un gouffre pour l’État, un frein pour la transparence fiscale, et un coût logistique colossal pour les banques.

Jusqu’ici, le petit commerçant de quartier avait une excuse toute trouvée pour refuser la carte bancaire : « Ça me coûte trop cher ». Et il avait raison. Entretenir un terminal de paiement (TPE) pour voir sa marge grignotée par les commissions sur un achat de 30 dirhams n’avait aucun sens notamment économique. Contrairement à d’autres pays même à développement comparable où même les petites courses peuvent être réglées par le biais de la carte bancaire.

Afin de saisir la portée de cette réforme, il faut pousser la porte de ces commerces de proximité qui font battre le cœur des quartiers marocains.

À l’angle d’une ruelle animée du quartier Bourgogne à Casablanca, J. A , 52 ans, tient son épicerie fine depuis plus de vingt ans. Pour lui, le Terminal de Paiement Électronique (TPE) a longtemps été un outil de discorde. « Les clients ne se rendent pas compte, mais sur un paquet de lait, une recharge téléphonique ou un paquet de cigarettes, nos marges se calculent en centimes. Quand un client sortait sa carte pour un montant de 30 dirhams, la commission bancaire avalait tout mon bénéfice », tient-il à rappeler.

C’est précisément ce verrou psychologique et financier que Bank Al-Maghrib vient de faire sauter. En plafonnant les frais d’interchange à 0,15 % pour les commerces de proximité et les services e-Gov (contre un taux général abaissé à 0,50 %), l’institution dirigée par Abdellatif Jouahri rend le paiement électronique presque indolore pour l’épicier, le pharmacien ou le boulanger.

La réglementation interdit formellement aux commerçants de facturer des frais supplémentaires (les « 2 % de plus ») aux clients payant par carte, une pratique illégale désormais soumise à une tolérance zéro de la banque centrale. Les frais de commission TPE incombent exclusivement au commerçant, tandis que l’obligation d’affichage transparent sur le lieu de vente est renforcée pour protéger le consommateur.

L’objectif est clair : asphyxier le cash par le bas, là où se font les transactions du quotidien. Si payer son pain ou son litre de lait par carte ou par smartphone devient un geste gratuit pour le client et neutre pour le commerçant, le réflexe du passage systématique au guichet automatique (GAB) va ainsi s’effilocher avec le temps.


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