Blé tendre : le Maroc prolonge jusqu’au 31 août les droits de douane

Le Maroc maintiendra un droit de douane sur le blé tendre jusqu’au 31 août, prolongeant de fait l’arrêt des importations afin de protéger la récolte locale, ont déclaré jeudi les présidents de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL) et de la Fédération nationale de la minoterie (FNM).
Les autorités avaient instauré un droit de douane de 170 % du 1er juin au 31 juillet pour décourager les importations et donner la priorité à la commercialisation de la récolte nationale.
La mesure a été prolongée d’un mois supplémentaire en raison de la lenteur de la collecte de la récolte domestique, ont indiqué par téléphone à Reuters le président de la FNM, Moulay Abdelkader Alaoui, et le président de la FNCL, Omar Yacoubi.
Le Maroc, l’un des plus grands importateurs de blé au monde, prévoit que la production céréalière, incluant le blé tendre, doublera pour atteindre 9 millions de tonnes métriques cette saison. Cependant, seulement 0,5 million de tonnes métriques ont été collectées jusqu’à présent, ce qui est bien inférieur à l’objectif d’au moins 1,5 million de tonnes d’ici la fin juillet, car de nombreux agriculteurs conservent le blé pour leur propre usage, a précisé A. Alaoui.
La récolte a également été entravée par des pénuries de main-d’œuvre, le vieillissement des équipements et des précipitations prolongées, ont expliqué des professionnels du secteur à Reuters en juin.
A. Alaoui a souligné que si la récolte continue de prendre du retard et que les subventions à l’importation ne sont pas rétablies, le Maroc, dont les stocks couvrent jusqu’à trois mois de besoins, pourrait être confronté à des problèmes d’approvisionnement dans les mois à venir, dans un contexte de hausse des prix sur le marché international.
Les négociants attendent une décision du gouvernement sur les subventions à l’importation pour leur permettre de sécuriser les approvisionnements pour le mois de septembre, a ajouté A. Alaoui, avertissant que tout retard pourrait davantage tendre les conditions d’offre.
La saison dernière, du 1er juin 2025 au 31 mai 2026, la France a fourni 70 % des 5,1 millions de tonnes d’importations de blé tendre du Maroc, suivie par l’Argentine, la Russie et l’Allemagne, selon les données de la FNCL (Reuters).

