Carburants : la régulation des prix doit devenir une priorité pour le prochain gouvernement !

Après la hausse continue des prix des hydrocarbures, la question des carburants pourrait rapidement s’imposer parmi les dossiers prioritaires du prochain gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri.
Pour l’expert des questions énergétiques Amine Benouna, il ne fait aucun doute : cette problématique doit être « essentielle » dans les priorités du prochain exécutif.
Et pour lui, la réponse ne passe pas nécessairement par un retour aux subventions. L’expert défend plutôt l’idée d’un encadrement des marges des distributeurs.
Concrètement, il propose de réintroduire un mécanisme de suivi régulier des prix. Tous les quinze jours, une commission gouvernementale pourrait examiner l’évolution des coûts d’approvisionnement et déterminer un nouveau prix, en laissant aux distributeurs et aux détaillants une marge jugée suffisante.
« Je ne parle pas de subventionner », insiste Amine Benouna, qui plaide plutôt pour une intervention sur la formation du prix.
Une mesure déjà expérimentée au Maroc
Pour l’expert, cette piste pourrait être mise en place rapidement, notamment parce que le Maroc a déjà connu un tel système.
Avant la libéralisation des prix des carburants en 2015, le Royaume avait déjà expérimenté différentes formes de régulation. Une commission se réunissait notamment deux fois par mois pour examiner les coûts et déterminer les prix.
Une expérience passée qui, selon Amine Benouna, pourrait donc servir de référence alors que la flambée actuelle des carburants remet la question de la régulation sur la table.
Derrière cette question se joue surtout celle du pouvoir d’achat. Le carburant ne concerne pas uniquement les automobilistes. Son évolution pèse indirectement sur les coûts du transport et, par conséquent, sur de nombreux produits et services.
Pour le prochain gouvernement, la question sera donc de savoir quelle réponse apporter à cette hausse : laisser jouer pleinement le marché, encadrer davantage les marges ou réinventer un mécanisme de régulation ?
Pour Amine Benouna, une chose est claire : la question des carburants ne devrait pas être reléguée au second plan. Elle doit figurer parmi les priorités du prochain exécutif.
