Sociétés cotées : les minières tirent la rentabilité au S1 2026

Les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont terminé le premier semestre 2026 sur une note positive, avec une hausse de 12,9 % de leurs bénéfices consolidés. Une performance qui masque toutefois une forte concentration de la création de valeur autour du secteur minier, devenu cette année le principal moteur de la rentabilité du marché.
À fin juin 2026, les 72 sociétés cotées ayant publié leurs comptes semestriels ont généré un chiffre d’affaires cumulé de 189,6 Mds de DH, en progression de 10,3 % par rapport à la même période de 2025. Le résultat d’exploitation s’est établi à 56,6 Mds de DH en hausse de 5,4 %, tandis que le résultat net part du groupe (RNPG) a atteint 29,6 Mds de DH, soit une progression de 12,9 %.
Les industrielles ont constitué le principal relais de croissance avec des revenus en hausse de 13,2 %, à 124,8 Mds de DH. Les assurances ont également affiché une bonne dynamique, leurs primes acquises progressant de 21,4 %. Les financières, en revanche, ont évolué à un rythme plus modéré, avec une hausse limitée à 1,6 % de leur produit net bancaire.
Plusieurs secteurs ont tiré leur épingle du jeu. Le tourisme a poursuivi sa reprise grâce à la bonne orientation de l’activité hôtelière, permettant à RISMA d’améliorer sensiblement ses résultats. Les valeurs technologiques ont également enregistré de solides performances, portées notamment par HPS et M2M Group, qui ont profité du développement des paiements électroniques et des services numériques.
Le secteur bancaire est resté résilient. Malgré un léger repli de son résultat brut d’exploitation, il a vu son bénéfice net progresser de 6,7 %, grâce à une réduction significative du coût du risque et à l’amélioration de la qualité des portefeuilles de crédits.
Les minières s’imposent comme le principal moteur de la cote
La véritable performance du semestre est venue des sociétés minières. Bénéficiant à la fois de la hausse des cours des métaux et de l’entrée en production de nouvelles capacités, le secteur a connu une envolée de ses indicateurs financiers. Son chiffre d’affaires a plus que doublé pour atteindre 13,2 Mds de DH, tandis que son bénéfice net a été multiplié par plus de sept sur un an.
Au cœur de cette dynamique figure MANAGEM. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 3,8 Mds de DH contre 380 MDH un an plus tôt, profitant notamment de la montée en puissance des projets de Boto au Sénégal et de Tizert au Maroc ainsi que d’un contexte favorable sur les marchés des matières premières. SMI et Minière Touissit ont également enregistré de fortes progressions de leurs résultats.
Le poids du secteur minier apparaît déterminant dans l’évolution du marché. Selon le rapport, les mines contribuent à elles seules à hauteur de 3,6 Mds de DH à l’augmentation du RNPG agrégé. La contribution de MANAGEM représente pratiquement l’intégralité de la hausse des bénéfices observée sur la cote.
Cette dépendance apparaît encore plus nettement lorsqu’on neutralise l’effet des minières. Hors secteur minier, la croissance du chiffre d’affaires du marché est ramenée à 6 %, tandis que le résultat d’exploitation global aurait reculé de 3 %. Quant aux bénéfices des industrielles hors mines, ils ressortent en baisse de 10 %.
À l’inverse, certains compartiments ont pesé sur les performances globales. Les télécommunications figurent parmi les principaux freins à la croissance, avec un recul de près de 40 % du bénéfice de Itissalat Al-Maghrib, pénalisé par une base de comparaison élevée après l’enregistrement d’un produit exceptionnel lié au règlement du litige avec Wana Corporate au premier semestre 2025. Le secteur agroalimentaire a également souffert du recul des résultats de plusieurs opérateurs, dont Lesieur Cristal.
Au-delà de la hausse des bénéfices affichée par les sociétés cotées, le premier semestre 2026 met ainsi en évidence une réalité plus structurelle : la rentabilité de la place casablancaise repose aujourd’hui largement sur la performance des groupes miniers. Une situation qui confirme l’importance stratégique du secteur dans la création de valeur boursière, mais qui souligne également la nécessité de voir émerger des relais de croissance plus diversifiés au sein du marché.


