Al Akhawayn University : cap sur les « talents augmentés »

Écrit par Imane Bouhrara I
Alors que le monde de la formation est chamboulé par les risques de l’IA sur les profils de demain, Al Akhawayn University a élaboré son plan stratégique 2025-2030 pour préparer des « talents augmentés ». La présentation de son bilan à 2025, a été l’occasion également de démystifier cette étiquette d’université élitiste, 55 % de ses étudiants étant boursiers.
L’université Al Akhawayn célèbre le 30e anniversaire de sa création, une pépite pensée par Feu Hassan II qui incarne un modèle d’enseignement universitaire selon le système américain, proposant des programmes de formation en ingénierie, en management, en sciences sociales, en sciences humaines et en arts.
L’université est d’ailleurs depuis 2017 accréditée par la New England Commission of Higher Education au même titre que Harvard, de Yale ou MIT. C’est dire tout le chemin parcouru pour atteindre ce standard, unique au Maroc et en Afrique, en offrant une formation en arts libéraux ou liberal arts education, basée sur l’acquisition de connaissances générales plutôt que sur des compétences très spécialisées. C’est ce qui en fait la particularité comparativement aux autres systèmes de formations existants au Maroc.
Ce n’est pas pour autant que c’est une université élitiste, mais de formation d’élites par la qualité de la formation et des profils qui y sont admis, rectifie Abdellatif Jouahri, Chancelier de l’université Al Akhawayn lors de la conférence de presse de présentation du bilan 2020-2025, organisée cette semaine à Rabat.
Et pour cause, 55% des étudiants d’Al Akhawayn sont des boursiers, dont 48% sont les premiers de leurs familles à accéder à l’enseignement universitaire, précise pour sa part, Amine Bensaid, le Président d’Al Akhawayn.
A.Jaouhri s’est également félicité du taux de féminisation des étudiants avec 54 % de filles et 46 % de garçons, ce qui relève la confiance des familles en Al Akhawayn.
Durant cette période 2020-2025, l’Université a érigé comme priorité l’employabilité de ses lauréats à travers des actions allant des partenariats avec des acteurs économiques à l’insertion professionnelle à mi-temps des étudiants durant leur cursus.
Un modèle pédagogique basé également sur l’excellence, de l’inclusion, de la flexibilité et le bien-être personnel, avec comme objectif former des talents qui créent un impact sociétal et qui répondent aux besoins du Maroc dans différents domaines.
Ainsi, selon Amine Bensaid, 84 % des étudiants de la promotion 2024 ont reçu des offres d’emploi avant même la fin de leur cursus au sein de l’Université. Autre chiffre à retenir, sur 8.000 lauréats incarnent aujourd’hui la vision de l’université à travers leurs contributions dans les domaines de l’économie, de la gestion, de la diplomatie et de la culture, au Maroc comme à l’étranger puisque 70% travaillent au Maroc alors que 30% poursuivent leur carrière à l’étranger.
Aujourd’hui encore, comme cela fût par le passé, le prochain plan stratégique 2025-2030 en cours d’élaboration vise à accompagner les grandes mutations et les défis qui se posent au Maroc. Comme l’explique Abdellatif Jouahri, les transformations numériques et les défis de cybersécurité sont parmi les axes du plan stratégique en devenir, pour justement pourvoir le Maroc de talents à même de relever ces défis. D’ailleurs, l’université est à la disposition du gouvernement pour réitérer l’expérience du contrat de formation de 10.000 ingénieurs conclu sous l’ère du gouvernement de Driss Jettou.
Pour ce faire, l’université a une longueur d’avance sur le sujet puisqu’elle enseigne l’IA depuis 1995, avec des formations en Master et Bachelor.
La singularité de la formation est qu’elle repose sur deux piliers, le premier est que l’IA est intégrée dans toutes les disciplines et le deuxième est une spécialisation dans l’IA. Cette méthodologie particulière permet de former des talents augmentés qui ne subissent pas l’IA mais plutôt la mettent à contribution dans le développement et la croissance.
Pour amorcer le nouveau cap 2025-2030, 16 programmes seront lancés dans ce sens allant de la fintech à la cybersécurité, selon un modèle pédagogique concerté avec l’ensemble des enseignants pour une formation plus affinée qui place encore et toujours l’étudiant et son bien-être au cœur des priorités.

