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Édito

Al Haouz : 1 an et 8 mois après le séisme et toujours pas d’indemnités pour les dégâts corporels

corruption conflit d'intéret enréchissement illicite

Ecrit Lamiae Boumahrou I

Après plus d’un an et demi du tragique séisme, plus précisément 1 an et 8 mois, qui a secoué non seulement la région d’Al Haouz mais tout le pays, une  nouvelle secousse tellurique de magnitude 4,6 sur l’échelle de Richter survenue ce mardi dans la région de Marrakech-Safi vient nous remémorer les moments difficiles que les habitants de la région et tous les Marocains ont vécus.

Certes cette secousse n’a fait aucune victime ni dégâts matériels, mais toujours est-il qu’elle vient remuer le couteau dans la plaie à tous ceux qui ont vécu cette tragédie, à tous ceux qui ont tout perdu aussi bien sur le plan humain que matériel, et tous ceux qui vivent encore dans des conditions difficiles et ne voient pas encore le bout du tunnel. Certes la reconstruction d’une région sinistrée nécessite du temps et de la patience. Mais au moins que le droit des victimes soit garanti.

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Au moins que ces habitants de la région pour qui tout le pays s’est mobilisé pour aider, soutenir et partager ne serait-ce qu’un peu leur douleur et leur souffrance, ne tombent pas aux oubliettes.

Certains diront que la vie continue et que l’Etat est mobilisé pour mettre en œuvre les directives royales de la  reconstruction d’Al Haouz. Mais ces directives sont-elles exécutées avec la rigueur et le rythme qu’exige cette tragédie ?

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Une question légitime allusions faite à l’activation du dispositif principal dédié au catastrophes naturelles en l’occurrence le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC).

Comment est-ce possible que les victimes du séisme ne soient pas indemnisées à ce jour pour les dégâts corporels ? Comment se fait-il que les fonds dédiés aux indemnités ne soient pas encore débloqués ? Qu’attend au juste le gouvernement ?  Pourquoi priver les victimes de leurs droits ?

Un droit que  la loi n° 110-14 instituant un régime de couverture des conséquences d’événements catastrophiques leur garantit. Rappelons que l’article 28 de ladite loi stipule que pour le cas des indemnités corporelles, les personnes éligibles sont celles ayant subi un préjudice corporel occasionné directement par l’évènement catastrophique, y compris les personnes prenant part aux actions de secours, de sauvetage et de sécurisation liées à cet évènement, ou leurs ayants droit, en cas de décès ou de disparition desdites personnes.

Or les plus de 8.000 victimes dont plus de 3.000 décès et plus de 5.000 blessés (chiffres non officiels) n’ont à ce jour rien perçu.

Certes le gouvernement a débloqué des aides directes pour les familles touchées ainsi que procédé au déblocage des aides de reconstruction non pas dans le cadre du dispositif FSEC mais par le Fonds spécial pour la gestion des effets du tremblement de terre ayant touché le Royaume du Maroc créé au lendemain du terrible séisme.

Mais toujours est-il que les indemnités corporelles que le FSEC doit verser aux victimes n’ont toujours pas été débloquées. Et pourtant les fonds y sont. Rappelons que le Fonds est financé en partie par la dotation de l’Etat ainsi que les taxes parafiscales fixées à 1% des primes, surprimes ou cotisations versées au titre des contrats d’assurances. Mais aussi faut-il rappeler que Gallagher Re, courtier mondial en réassurance, a versé à l’Etat dans le cadre de la ligne de précaution 275 millions de dollars.

Aujourd’hui ce que nous demandons au gouvernement, c’est plus de transparence dans la gestion de la chose publique mais surtout dans ces cas  où les victimes non seulement ont besoin de cette indemnité mais ignorent même son existence. Espérons au moins que malgré le retard accusé,  les victimes seraient indemnisées.    

 

 

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