Allianz Maroc : l’analyse du baromètre des risques par les experts

Ecrit par Soubha Es-Siari I
Ledit baromètre fait ressortir que l’interruption d’activité reste une préoccupation majeure pour les entreprises qui doivent renforcer leur résilience et diversifier leurs chaînes d’approvisionnement dans un monde qui évolue rapidement.
Allianz Maroc a organisé récemment une rencontre avec les médias à l’occasion de la visite de Patrick Thiels, Directeur Général d’Allianz Commercial Région France, Afrique et Moyen-Orient, et Maxime Darmet, Economiste Senior États Unis et Europe chez Allianz, en présence de Abderrahim Dbich, Administrateur Directeur Général d’Allianz Maroc et de Hicham Bensaid Alaoui, Directeur Dénéral d’Allianz Trade au Maroc.
Cette rencontre a été une occasion pour le top management de passer en revue les réalisations de Allianz Maroc et de sa stratégie de développement dans un contexte en mutation très concurrentiel.
Il ressort ainsi qu’au terme de 2023, la compagnie a réalisé dans certaines branches des croissances au-dessus de la moyenne du marché. Installée au Maroc depuis plus de 70 ans, la compagnie a pu au fil des années se positionner et ganger des parts de marché dans un environnement très concentré.
« Après une année axée sur la conception d’un parcours client automobile unique sur le marché, avec une présence d’un expert sur les lieux de l’accident 24H/7J pour assurer l’aide au constat, une expertise instantanée et une proposition de remboursement immédiate, la compagnie se tourne vers l’humain, un segment souvent négligé en termes de sophistication des parcours clients », rappelle Youssef Snani, Directeur Indemnisation d’Allianz Maroc.
A rappeler que le 4 septembre 2023, Allianz et Sanlam ont obtenu les approbations réglementaires requises pour la création d’une joint-venture qui opère désormais sous le nom de SanlamAllianz. Cette opération stratégique donne naissance à un acteur de premier plan dans le domaine des services financiers non bancaires en Afrique, opérant dans 27 pays du continent.
Ladite rencontre a été par ailleurs enrichie par l’intervention de Patrick Thiels, Directeur Général d’Allianz Commercial Région France, Afrique et Moyen-Orient sur les résultats du baromètre des risques d’Allianz. Il s’agit d’une étude menée annuellement par Allianz Commercial auprès d’entreprises et de professionnels de l’assurance qui en est à sa 13ème édition, avec plus de 3.000 participants originaires de 92 pays, représentant 24 secteurs.
Le risque cyber arrive en tête du classement mondial –et pour la 1ère fois avec une avance confortable et pour toutes les tailles d’entreprises. L’interruption d’activité – qui y est étroitement associée – est en 2ème position. Les catastrophes naturelles grimpent de la 6èmeà la 3ème place après une autre année record en termes d’événements climatiques extrêmes et de sinistres.
« L’interruption d’activité reste une préoccupation majeure pour les entreprises qui doivent renforcer leur résilience et diversifier leurs chaînes d’approvisionnement dans un monde qui évolue rapidement », insiste le Directeur Général d’Allianz Commercial Région France, Afrique et Moyen-Orient.
Pour Abderrahim Dbich, Administrateur Directeur Général d’Allianz Maroc , si l’on se limite au secteur des assurances, le cadre réglementaire est en train d’évoluer aussi bien concernant les produits d’assurance, la distribution ou la réglementation (allusion faite au livre IV). Des actions que mène en continu la profession pour anticiper le changement, offrir des produits adaptés et assurer la résilience.
Il est utile de rappeler comment la crise sanitaire liée au Covid 19 qui nous a pris au dépourvu a mis sous pression les marges des entreprises se traduisant par des pertes d’exploitation souvent non assurables. A ce titre Abderrahim Dbich, explique dans une réponse à une question posée par la salle que vu la complexité de cette catégorie d’assurance, il est utile de lancer la réflexion sur la mise en place de nouveaux mécanismes faisant intervenir l’Etat, les compagnies d’assurances, la réassurance à l’international, une mutualité qui va permettre de couvrir les risques non assurables comme ce qui se fait actuellement pour les Cat Nat.
« Après le tragique séisme qui a touché notre pays en septembre 2023, les entreprises ont davantage pris conscience de leur fragilité face à ce type de risque et de l’importance de disposer de couvertures solides pour se prémunir ». Le Directeur Général d’Allianz Trade a partagé également sa vision concernant le premier risque dans le classement, à savoir, les évolutions législatives et réglementaires.
En analysant le baromètre des risques, Hicham Bensaid Alaoui, Directeur Dénéral d’Allianz Trade au Maroc annonce à son tour que les conclusions que nous pouvons tirer de ce baromètre sont différentes de celles que l’on tirait avant. Il dégage quelques constats : le premier est relatif à la modernité. Il entend par là les risques liés aux nouvelles technologies de l’information tels que les cyber-risques. Le second pilier est l’exogène ( réglementation, législation, séisme…). Le troisième constat qu’il fait à la lecture baromètre est la prime à l’immédiateté. Ce positionnement s’expliquerait en partie par le changement récent ayant touché la loi portant sur les délais de paiement ou encore celle afférente à la TVA.
Maroc : des réalisations économiques au-dessous du potentiel
Pour sa part, Maxime Darmet a fait focus sur l’économie marocaine, confirmant un atterrissage en douceur en 2024 avec une croissance du PIB de l’ordre de 2,7%, sur fond d’accélération de la croissance séquentielle dans la zone euro en 2024 et un ralentissement aux États-Unis.
Concernant le Maroc, le PIB connaîtra une croissance de 2,8% en 2024 selon l’économiste, avec une inflation en net recul par rapport à 2023, s’établissant à 3%, projetée à 2,9% en 2025. D’après l’intervenant, l’économie nationale croit au-dessous de son potentiel. D’où l’intérêt d’actionner d’autres leviers de la politique économique pour intégrer le cercle des pays émergents.
« Le Maroc jouit de plusieurs atouts susceptibles de le positionner sur une trajectoire de croissance durable », déclare-t-il. Il évoque à ce titre les équilibres externes, le positionnement favorable du pays en matière de transition verte et d’accès aux marchés de l’export et aux importations de matériaux critiques ainsi que le développement des infrastructures.
Hicham Bensaid Alaoui à son tour, a fait un focus sur les principaux risques soulevés par les entreprises marocaines, alignées globalement sur leurs homologues à l’international au niveau du top 3, désignant les catastrophes naturelles et les risques cyber en tête du classement.

