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Assemblées annuelles FMI/BM

Assemblées annuelles FMI/BM : il faut repenser le multilatéralisme, selon Abdellatif Jouahri

Assemblées annuelles abdellatif jouahri

Pour ce 1er jour des Assemblées annuelles du FM/BM à Marrakech, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri s’est prêté au jeu des questions-réponses de la DG du FMI, Kristalina Georgieva, sur les attentes d’un tel événement. La réponse.

La première journée des Assemblées annuelles FMI/BM s’est ouverte avec la présentation de l’ouvrage consacré par le FMI au Maroc : « La quête du Maroc pour une croissance plus forte et plus inclusive ». A cette occasion, le Wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri s’est prêté au jeu des questions-réponses de la DG du FMI, Kristalina Georgieva. En voici le dixit.

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L’incidence du séisme d’Al Haouz sur les équilibres macro-économiques ?

Interpellé par la DG du FMI sur l’impact du séisme d’Al Haouz, Abdellatif Jouahri explique :

Bien sûr très rapidement nous avons suivi ce qu’a fait le gouvernement sous les orientations de SM le Roi et nous avons mis une cellule d’évaluation et nous avons travaillé avec les premières données disponibles sur les dégâts matériels et non matériels : 60.000 logements totalement ou partiellement détruits, plus de 1.000 écoles et établissements scolaires détruits ; et pour ce qui est immatériel, des monuments historiques détruits et évidemment il faut saluer la rapidité de réponse mais aussi le phasage maîtrisé de ce qui a été fait. C’est-à-dire à la fois les aides annoncées aux victimes et ensuite tout ce qui est relogement et constructions… avec comme trame de fond le désenclavement et la réduction des déficits sociaux sur les 5 années à venir.

C’est une région qui est à la fois Marrakech touristique, 22% de la VA du Tourisme, l’activité a été très peu affectée et la reprise a été rapide pour quelque chose avec votre décision et votre rôle dans le maintien de la tenue de ces assemblées à Marrakech.

Mais également pour ce qui est du côté agricole, dans les montagnes a été pris en compte. Nous avons fait un rapprochement entre ce qui s’est passé dans d’autres pays mais évidemment après coup nous avons été en contact avec la cellule du FMI et nous avons suivi les évaluations de la Banque mondiale qu’elle vient de publier très rapidement.

Il est évidemment difficile de donner des chiffres précis sur les conséquences du séisme mais ce que nous avons remarqué est que quand il y a des séismes de ce genre, eh bien la croissance reprend. Et nous l’avons constaté dans les pays ayant vécu des événements similaires à celui que nous avons vécu, chacun avec sa spécificité mais avec une reprise de la croissance.

Sur le plan des équilibres macro-économiques, pour ce qui est du budget, le gouvernement a annoncé le programme de reconstruction d’Al Haouz de 120 Mds de DH sur les cinq ans à venir, ce qui est à peu près l’équivalent de 10 % du PIB.

Sur le plan compte courant et balance de paiement, il y aura certainement un impact mais sur le plan des autres composantes, il y aura des éléments positifs.

Bien sûr il faut attendre les chiffres de mieux en mieux disponibles pour mieux cerner les impacts, qui ne seront pas sur le plan négatif autrement démesurés mais avec des éléments positifs.

Il y a aussi le compte de solidarité qui compte désormais 12 Mds de DH, une solidarité nationale et extérieure qu’il faut applaudir.

Et si le besoin se fait se sentir, on peut négocier avec les banques de développement comme vous, la Banque mondiale, la BAD, le Maroc a encore des marges de manœuvres intéressantes.

De 1993 à 2023, comment le Maroc a-t-il inversé les rôles ?

L’un des points sur lesquels Jouahri a été interpellé est celui du train des réformes menées par le Maroc. Bien évidemment, en tant qu’ancien ministre des Finances, Jouahri ne pouvait faire l’impasse sur le PAS (plan d’ajustement structurel) :

Partons d’un autre séisme, celui des années 80, nous avons eu une crise de change, nous avons échelonné la dette et nous avons eu un plan d’ajustement structurel (PAS) avec le FMI et la Banque mondiale. Comment on s’en est sorti ? Je ne vais pas citer les réformes structurelles qui ont été menées depuis, mais ce que je retiens c’est que dix ans après, en janvier 1993, le Maroc a souscrit à l’article VIII du FMI au titre de la convertibilité des opérations courantes. Il a repris le paiement normal de ses échéances de dette.

Le nouveau règne au Maroc a mis l’humain au centre de ses préoccupations et des réformes structurelles ont été menées dans ce sens mais sans oublier le développement économique, notamment les infrastructures, la réforme fiscale, la charte de l’investissement…

Comment on a réussi ? Je pense qu’avec un leadership éclairé, une mise en œuvre ordonnée de ces réformes… suivies par les organismes internationaux.

Cela nous a permis de signer la LPL en 2012 avec vous, la LCL en 2023… nous rééchelonnions nos dettes en 93 et nous pouvions tirer sur vous sans conditionnalité en 2023. Voilà ce que nous avons fait !

Les attentes des Assemblées annuelles ?  

Bien qu’étant un conclave de la finance internationale, il est attendu de ces assemblées annuelles du FMI/BM, de replacer la terre et l’homme au centre des priorité dixit Abdellatif Jouahri :

Je pense d’abord à la terre où nous vivons ensemble. J’ai retenu une formule du SG des Nations unies, qui disait « nous avons ouvert les portes de l’enfer ». Je pense que pour ces assemblées tenues ici à Marrakech et votre institution doivent contribuer au maximum à refermer les portes de l’enfer.

Et le financement ne doit pas être un obstacle pour refermer cette porte, ça serait malheureux que l’humain bute sur des problèmes de financement lorsqu’il s’agit de sa survie. Et là nous comptons beaucoup sur vous. Nous avons vu ce que vous avez fait pendant le Covid pour assurer un accès équitable au vaccin, pendant le Davos également au niveau du G20 concernant la dette des plus vulnérables, et pour la redistribution des DTS. Mais la question d’aujourd’hui est existentielle et on vous demande plus Mme la Directrice générale.

Maintenant, une fois que nous aurions résolu le problème de la terre, il faut résoudre le problème de l’humain… Je pense qu’il faut vaincre la pauvreté, l’analphabétisme, l’égoïsme des États, la montée du souverainisme, la montée de la fragmentation géopolitique que nous voyons s’accentuer de jour en jour.

Ce que nous vous demandons est que ce multilatéralisme qui, bien sûr, a donné quelques résultats positifs mais qui a laissé beaucoup de gens sur le bord du chemin, avec la bonne volonté de tous, exige des gouvernements des politiques publiques plus valables mais aussi une coopération internationale qui puisse donner confiance particulièrement aux pays en voie de développement et aux jeunes dont nous avons beaucoup besoin.


Lire également : Assemblées annuelles FMI/BM : Akhannouch appelle les banques multilatérales de développement à plus de souplesse

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