Les Assises nationales de l’intelligence artificielle auront lieu les 1er et 2 juillet prochain

La signature d’une déclaration d’intention pour la création d’un pôle numérique régional arabo-africain sur l’Intelligence Artificielle et la science des données en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) afin de coordonner le développement de la digitalisation et de l’IA aux niveaux arabe et africain est aussi dans le pipe.
L’Inspecteur Général des Finances, Mohamed Manchoud, a souligné, récemment à Salé, l’importance d’une gouvernance augmentée par l’intelligence artificielle (IA), connectée et solidaire dans le domaine de l’audit interne public.
Intervenant à l’ouverture du Symposium international sur l’audit interne à l’ère de l’IA, tenu sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, à l’occasion du 65ème anniversaire de l’inspection générale des finances (IGF), M. Manchoud a indiqué que l’IA constitue une nouvelle puissance appelée à transformer en profondeur les méthodes, réflexes et responsabilités de l’audit interne public.
Il a, dans ce sens, appelé à une gouvernance de l’IA “efficace et juste”, fondée sur la coopération internationale.
À cette occasion, Manchoud a annoncé la création du Cercle des inspections générales des finances africaines (CIGFA), une plateforme de réflexion commune en matière de contrôle, d’audit et d’appui aux politiques publiques, destinée à renforcer la pertinence, la réactivité et l’impact des institutions africaines.
De son côté, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, est revenue sur les défis de la gouvernance publique à l’ère de l’IA et l’apport de cette dernière au secteur public.
Elle a rappelé, à cet effet, l’organisation, les 1er et 2 juillet prochain à Rabat, des Assises nationales de l’intelligence artificielle et la création d’une direction spécialisée dans l’IA et les technologies émergentes au sein du son ministère.
La ministre a mis l’accent aussi sur la signature d’une déclaration d’intention pour la création d’un pôle numérique régional arabo-africain sur l’IA et la science des données en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) afin de coordonner le développement de la digitalisation et de l’IA aux niveaux arabe et africain.
A. Seghrouchni a, par ailleurs, noté que la transformation de l’action publique va consister en l’automatisation des processus administratifs, la détection proactive de fraudes et d’anomalies, les services personnalisés pour les citoyens, ainsi que l’audit augmenté, faisant remarquer que l’IA dans le service public ou dans le domaine de l’audit est une révolution qui est déjà en marche.
Pour sa part, la vice-présidente et auditrice générale de la Banque mondiale (BM), Anke D’Angelo, a mis en avant la relation de confiance historique entre la BM et l’IGF marocaine, entamée en 1984.
Cette confiance, a-t-elle soutenu, repose sur la qualité constante du travail de l’IGF, son intégrité et son esprit de coopération, des valeurs jugées fondamentales pour la fiabilité des systèmes de gouvernance financière.
D’Angelo a également indiqué que l’IA, loin d’annuler la fonction de l’audit, offre des opportunités majeures pour l’élargir et l’approfondir.
Parallèlement, elle a reconnu les craintes légitimes liées à la sécurité des données et aux biais algorithmiques, tout en insistant sur la nécessité de penser l’IA comme un outil d’automatisation intelligente, capable d’améliorer l’analyse des données, d’optimiser la couverture des risques et d’offrir des capacités prospectives accrues.
Relevant l’importance de cadres réglementaires éthiques et transparents, ainsi que le rôle crucial des audits publics dans la maîtrise des mutations technologiques, D’Angelo a appelé à un investissement continu dans la formation des auditeurs, le développement des compétences numériques et la coopération internationale, notamment à travers l’initiative “Assurance for Development” (A4DI), lancée en 2023 par la Banque mondiale.
