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Economie Internationale

🚨La Banque mondiale revoit à la hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2023

banque mondiale maroc

La Banque mondiale a relevĂ© mardi ses prĂ©visions de croissance mondiale pour 2023, les États-Unis et d’autres grandes Ă©conomies s’Ă©tant rĂ©vĂ©lĂ©s plus rĂ©sistants que prĂ©vu, mais a indiquĂ© que des taux d’intĂ©rĂŞt plus Ă©levĂ©s pèseraient plus lourdement que prĂ©vu sur les prĂ©visions pour l’annĂ©e prochaine.

Le PIB mondial rĂ©el devrait augmenter de 2,1 % cette annĂ©e, indique la Banque mondiale dans son dernier rapport sur les perspectives Ă©conomiques mondiales. Il s’agit d’une hausse par rapport Ă  la prĂ©vision de 1,7 % publiĂ©e en janvier, mais bien en deçà du taux de croissance de 3,1 % prĂ©vu pour 2022.

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En excluant la Chine, les Ă©conomies Ă©mergentes et en dĂ©veloppement devraient voir leur croissance ralentir Ă  2,9 % cette annĂ©e, contre 4,1 % l’annĂ©e dernière. Ces anticipations font Ă©tat d’une rĂ©vision Ă  la baisse gĂ©nĂ©ralisĂ©e.

« Le moyen le plus sĂ»r de faire reculer la pauvretĂ© et de favoriser la prospĂ©ritĂ© est l’emploi, et le ralentissement de la croissance rend la crĂ©ation d’emplois beaucoup plus difficile, souligne le prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga. Il est important de garder Ă  l’esprit que les prĂ©visions de croissance ne sont pas une fatalitĂ©. Nous avons la possibilitĂ© d’inverser la tendance, Ă  condition d’y Ĺ“uvrer tous ensemble. »

Jusqu’Ă  prĂ©sent, la plupart des Ă©conomies Ă©mergentes et en dĂ©veloppement n’ont Ă©tĂ© que peu affectĂ©es par les turbulences bancaires rĂ©centes dans les Ă©conomies avancĂ©es, mais elles Ă©voluent dĂ©sormais dans des eaux dangereuses.

Avec le durcissement croissant des conditions de crĂ©dit au niveau mondial, 25 % d’entre elles ne peuvent plus accĂ©der aux marchĂ©s obligataires internationaux. La situation est particulièrement critique pour celles qui prĂ©sentent des vulnĂ©rabilitĂ©s sous-jacentes telles qu’une faible solvabilitĂ©.  Les projections de croissance pour 2023 sont infĂ©rieures de moitiĂ© Ă  celles d’il y a un an, ce qui rend ces Ă©conomies très vulnĂ©rables Ă  de nouveaux chocs.

« L’Ă©conomie mondiale est dans une position prĂ©caire, indique Indermit Gill, Ă©conomiste en chef et premier vice-prĂ©sident du Groupe de la Banque mondiale. En dehors de l’Asie de l’Est et de l’Asie du Sud, elle est loin du dynamisme nĂ©cessaire pour Ă©liminer la pauvretĂ©, lutter contre le changement climatique et reconstituer le capital humain. En 2023, le commerce progressera Ă  moins d’un tiers du rythme observĂ© dans les annĂ©es prĂ©cĂ©dant la pandĂ©mie. Dans les marchĂ©s Ă©mergents et en dĂ©veloppement, la pression de la dette s’accroĂ®t sous l’effet de la hausse des taux d’intĂ©rĂŞt. La faiblesse des finances publiques a dĂ©jĂ  fait basculer de nombreux pays Ă  faible revenu dans une situation de surendettement. Dans le mĂŞme temps, les financements nĂ©cessaires pour atteindre les objectifs de dĂ©veloppement durable dĂ©passent largement les projections les plus optimistes en matière d’investissement privĂ©. »

Selon les dernières prĂ©visions, les chocs simultanĂ©s causĂ©s par la pandĂ©mie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et le ralentissement Ă©conomique brutal dans un contexte de resserrement des conditions financières mondiales constituent un sĂ©rieux revers pour le dĂ©veloppement, qui persistera dans un avenir prĂ©visible.

D’ici Ă  la fin de 2024, l’activitĂ© Ă©conomique dans les pays Ă©mergents et en dĂ©veloppement devrait en effet ĂŞtre infĂ©rieure d’environ 5 % aux projections Ă©tablies Ă  la veille de la pandĂ©mie. Dans les pays Ă  faible revenu, en particulier les plus pauvres, les dĂ©gâts sont considĂ©rables : dans plus d’un tiers de ces pays, le revenu par habitant Ă  l’horizon 2024 sera encore infĂ©rieur aux niveaux de 2019. La faiblesse de la croissance des revenus aggravera l’extrĂŞme pauvretĂ© dans nombre d’entre eux.

« De nombreuses Ă©conomies en dĂ©veloppement sont dĂ©jĂ  aux prises avec une croissance faible, Ă  la persistance d’une inflation Ă©levĂ©e et Ă  des niveaux d’endettement record. Or de nouveaux risques pourraient encore aggraver leur situation, dont notamment l’Ă©ventualitĂ© et les rĂ©percussions plus Ă©tendues d’un regain de tensions financières dans les Ă©conomies avancĂ©es, explique Ayhan Kose, Ă©conomiste en chef adjoint au Groupe de la Banque mondiale. Les responsables politiques de ces Ă©conomies doivent agir rapidement pour prĂ©venir la contagion financière et rĂ©duire les vulnĂ©rabilitĂ©s intĂ©rieures Ă  court terme. »

Toujours selon le rapport, dans les Ă©conomies avancĂ©es, la croissance devrait chuter de 2,6 % en 2022 Ă  0,7 % cette annĂ©e, et rester faible en 2024. Après une croissance de 1,1 % en 2023, l’Ă©conomie des États-Unis devrait ralentir Ă  0,8 % en 2024, principalement sous l’effet de l’impact persistant de la forte hausse des taux d’intĂ©rĂŞt enregistrĂ©e ces dix-huit derniers mois. Dans la zone euro, la croissance devrait tomber de 3,5 % en 2022 Ă  0,4 % en 2023, en raison de l’effet diffĂ©rĂ© du durcissement de la politique monĂ©taire et de l’augmentation des prix de l’Ă©nergie.

Le rapport analyse en outre les consĂ©quences de l’augmentation des taux d’intĂ©rĂŞt amĂ©ricains sur les Ă©conomies Ă©mergentes et en dĂ©veloppement. La hausse des rendements des bons du TrĂ©sor Ă  deux ans depuis un an et demi s’explique en grande partie par le fait que les investisseurs s’attendent Ă  ce que les États-Unis durcissent leur politique monĂ©taire pour juguler l’inflation.

Ce qui se traduit par des effets financiers particulièrement nĂ©fastes dans les Ă©conomies Ă©mergentes et en dĂ©veloppement, avec notamment une probabilitĂ© plus Ă©levĂ©e de crise financière. En outre, ces effets sont plus prononcĂ©s dans les pays plus vulnĂ©rables sur le plan Ă©conomique. En particulier, sur les marchĂ©s naissants (caractĂ©risĂ©s par des marchĂ©s financiers moins dĂ©veloppĂ©s et un accès plus limitĂ© aux capitaux internationaux), les coĂ»ts d’emprunt ont tendance Ă  s’accroĂ®tre de manière disproportionnĂ©e. Les Ă©carts de risque sur les obligations d’État peuvent ainsi y augmenter plus de trois fois plus que dans les autres Ă©conomies Ă©mergentes et en dĂ©veloppement.

Par ailleurs, le rapport fournit une Ă©valuation complète des enjeux de politique budgĂ©taire auxquels sont confrontĂ©es les Ă©conomies Ă  faible revenu. Ces pays sont en grande difficultĂ©. La hausse des taux d’intĂ©rĂŞt a aggravĂ© la dĂ©tĂ©rioration de leur situation budgĂ©taire au cours de la dernière dĂ©cennie.

La dette publique y reprĂ©sente aujourd’hui en moyenne 70 % du produit intĂ©rieur brut (PIB). Les paiements d’intĂ©rĂŞts absorbent une part croissante de recettes publiques dĂ©jĂ  limitĂ©es. Quatorze pays Ă  faible revenu sont dĂ©jĂ  surendettĂ©s ou fortement menacĂ©s de l’être. Les pressions sur les dĂ©penses s’accentuent dans ces Ă©conomies.

Les chocs nĂ©gatifs comme les Ă©vènements climatiques extrĂŞmes et les conflits sont plus susceptibles de faire basculer les mĂ©nages dans la prĂ©caritĂ© dans les pays Ă  faible revenu que partout ailleurs, en raison de l’insuffisance des filets de protection sociale. En moyenne, ces pays ne consacrent que 3 % de leur PIB Ă  leurs populations les plus vulnĂ©rables, ce qui est bien infĂ©rieur Ă  la moyenne de 26 % pour l’ensemble des Ă©conomies en dĂ©veloppement.

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