Les marchés mondiaux digèrent mercredi le discours prudent du président de la banque centrale américaine (Fed) quant à la trajectoire de politique monétaire de l’institution, mais aussi le revirement à l’ONU de Donald Trump concernant la guerre en Ukraine.
Dans les premiers échanges européens, la Bourse de Paris perdait 0,33%, Francfort 0,29%, Londres 0,30% et Milan 0,59%.
Mardi, près d’une semaine après que la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) a procédé à sa première baisse des taux depuis décembre 2024, le président de l’institution monétaire a mis en garde contre des baisses « trop soutenues » des taux directeurs qui feraient déraper l’inflation.
« Si nous assouplissons de manière trop soutenue, nous risquons de ne pas atteindre notre objectif en matière d’inflation et de devoir inverser la tendance par la suite pour la ramener pleinement à 2% », a déclaré Jerome Powell.
Les investisseurs dans les actifs jugés plus risqués, comme les actions, « n’ont pas forcément apprécié le ton prudent de Jerome Powell », a estimé Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
En Asie, les investisseurs sont partagés entre la prudence et l’optimisme « entourant de possibles mesures de relance de Pékin », a rapporté Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en hausse de 0,30%. En Chine, la Bourse de Shanghai a terminé en hausse de 0,83% et Shenzhen de 1,80%. La place de Hong Kong prenait 1,30% dans les derniers échanges, tirée par les valeurs technologiques.
Le géant chinois Alibaba s’envolait de 8,97% à Hong Kong dans les derniers échanges après des déclarations de son PDG Eddie Wu, qui a confirmé l’accroissement massif des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle (IA).
« Le discours controversé de Donald Trump à l’ONU devrait (…) influencer les marchés financiers européens ce mercredi », a jugé Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, en évoquant notamment « les valeurs de la défense ».
Après avoir reproché à l’Inde et à la Chine d’être « les premiers soutiens financiers » de la machine de guerre russe en Ukraine depuis la tribune de l’ONU, le président américain a déclaré que Kiev pourrait « regagner son territoire dans sa forme originelle et peut-être même aller plus loin » face à la Russie.
Il a aussi jugé que les pays de l’Otan devraient abattre les appareils russes violant leur espace aérien, après trois incursions de drones ou avions de combat russes sur le territoire de l’Alliance en moins de deux semaines.
A Paris, vers 07H30 GMT, Thales prenait 2,56% et Dassault Aviation 2,40%. A Francfort, Rheinmetall gagnait 1,86%, Renk prenait 2,82% et Hensoldt 3,71%.
Saab grimpait de 3,24% à Stockholm et Leonardo de 2,69% à Milan. Enfin, BAE Systems montait de 1,67% à Londres.
« Avec les risques géopolitiques toujours présents, le marché (du pétrole) reste pris entre des hausses liées aux perturbations de l’offre et des doutes sur la demande », a relevé Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
« Donald Trump a accentué la pression sur les sanctions visant le pétrole russe, exacerbant les craintes liées à l’offre », a noté Brooks. « Le président américain a appelé l’Europe à abandonner ses plans en matière d’énergie verte et le Royaume-Uni à relancer l’exploration en mer du Nord », a-t-elle poursuivi.
Vers 07H30 GMT, le Brent de la mer du Nord prenait 0,20% à 67,77 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, gagnait 0,25% à 63,57 dollars le baril. (Avec Zonebourse)






