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Édito

Chômage des jeunes : il y a péril en la demeure

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Ecrit par Imane Bouhrara I

S’il faut souffler après que le taux de chômage a freiné sa course folle vers des sommets historiques, passant de 13,7% à 13,3% en une année, et s’il faut se réjouir du fait que l’économie nationale a créé 282.000 postes d’emploi au niveau national, après avoir perdu 80.000 postes une année auparavant, il ne faut pas perdre de vue l’aggravation du chômage des jeunes.

En effet, le taux du chômage a connu une hausse de 1,8 point parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, passant de 35,9% à 37,7 en une année seulement, selon les données du HCP. Ce taux représente près de trois fois la moyenne mondiale du chômage des jeunes qui se situe autour de 12,6% selon l’OIT.

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C’est dire que c’est un véritable problème qui ne cesse de s’étendre au lieu de résorber. Il n’est pas seulement urgent de réagir mais il y a péril en la demeure. Il en va de la cohésion sociale, de la dignité et du devenir de ces jeunes, si rien n’est fait.

D’autant que ces statistiques tombent une semaine après la tenue de la 2e réunion consacrée au suivi de la mise en œuvre de la feuille de route de l’emploi et appellent à l’opérationnalisation effective et urgente de ces initiatives. Ces 15 Mds de DH dont on parle souvent, à un moment, il faut bien que les jeunes en voient la couleur.

Ainsi que la réforme de l’ANAPEC pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger la hausse de 1,5 point du taux de sous-emploi au niveau national, passant de 10,3% à 11,8%. Il a accru de 2,3 points en milieu rural, passant de 12,5% à 14,8% et d’un point en milieu urbain, de 9% à 10%.

S’agissant du volume de la population active occupée en situation de sous-emploi en termes de nombre d’heures travaillées, il est passé de 576.000 à 664.000 personnes au niveau national. Le taux correspondant s’est accru de 5,6% à 6,3%.

La population active occupée en situation de sous-emploi en termes d’insuffisance du revenu ou d’inadéquation entre formation et emploi exercé est passée de 493.000 à 590.000 personnes au niveau national. Le taux correspondant est passé de 4,8% à 5,6%.

Tous les secteurs ont enregistré une hausse du taux de sous-emploi. Le secteur des BTP, le plus touché par le sous emploi, a connu a hausse la plus importante avec 3,6 points (de 19% à 22,6%), suivi par le secteur de l’agriculture, forêt et pêche avec 2,3 points (de 12,1% à 14,4%), celui de l’industrie avec 1 point (de 6,3% à 7,3%) et de services avec 0,7 point (de 8,3% à 9%).

S’agissant du chômage, cinq régions concentrent 70% des chômeurs. La région de Casablanca-Settat vient en tête avec 23%, suivie de Fès-Meknès (13,2%), de l’Oriental (12,2%), de Rabat-Salé-Kénitra (11,9%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (98%).

Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans la région de l’Oriental (25,2%) et les régions du Sud (23,8%). Là encore, l’exécutif est très attendu, car en plus d’assurer une insertion professionnelle des jeunes, il faut également veiller à une équité territoriale dans l’accès à l’emploi.

 

 

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