Corruption dans la santé : le coût varie entre 5 et 7 % du produit intérieur brut (PIB) mondial

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère la corruption dans la santé comme une menace structurelle entravant la réalisation des Objectifs du développement durable (ODD) en la matière.
Les dangers de la corruption dans le secteur de la santé est le thème d’un atelier qui s’est ouvert, mardi à Rabat, à l’initiative de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC).
S’exprimant à l’ouverture de cet événement, organisé en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale, l’ambassade de Norvège au Maroc et le Centre norvégien de ressources sur la lutte contre la corruption (U4), le président de l’INPPLC, Mohamed Benalilou, a affirmé que la corruption dans les systèmes de santé sape la confiance des citoyens envers les institutions étatiques, porte atteinte à la volonté commune d’atteindre la couverture médicale universelle et menace la sécurité sanitaire nationale.
Il a, dans ce sens, souligné que la corruption provoque la perte de 7% du total des dépenses du secteur au niveau mondial, citant un rapport de l’organisation “Transparency International”.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) considère ce fléau comme une menace structurelle entravant la réalisation des Objectifs du développement durable (ODD) en matière de santé, a poursuivi M. Benalilou.
Le débat sur la corruption dans le secteur de la santé au niveau mondial ne concerne pas uniquement un dysfonctionnement partiel ou des manifestations isolées, a-t-il dit, notant dans ce sens qu’il s’agit d’un débat sur la gestion de la vie humaine en tant que droit non négociable.
Et d’ajouter que l’INPPLC œuvre pour identifier les meilleures pratiques, proposer des solutions innovantes et recommander les amendements législatifs ou réglementaires nécessaires afin de remédier aux dysfonctionnements réels ou potentiels observés dans le secteur de la santé.
Pour sa part, l’ambassadeur de Norvège au Maroc, Sjur Larsen, a affirmé que la corruption a un impact sur l’ensemble des pays du monde, expliquant qu’elle fragilise le développement, l’État de droit et les fondements démocratiques tout en compromettant les ODD et les engagements en matière climatique.
Les estimations indiquent que ce fléau coûte entre 5 et 7 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, entrave la croissance économique, aggrave les inégalités et sape la confiance des citoyens dans les institutions, a-t-il fait remarquer.
Larsen a, par ailleurs, salué les efforts déployés par le Maroc qui “mène actuellement de profondes réformes dans le secteur de la santé”, rappelant l’élection de l’INPPLC à la présidence du Réseau des autorités de prévention de la corruption (NCPA) pour la période 2025-2026.

