Croissance au Maroc : 4,2 % en 2026 selon la Banque mondiale

La Banque mondiale vient de publier ses Perspectives économiques mondiales de juin qui tablent sur une baisse de la croissance en zone MENA Afghanistan et Pakistan à 1,6% en 2026. Pour le Maroc, la Banque mondiale table sur un taux de croissance de 4,2% après 4,7% en 2025.
La croissance au Maroc passera de 4,7% en 2025 à 4,2% en 2026 et 4% en 2027, au moment où la croissance mondiale ralentit à 2,6% et celle de la Région MENA perd près de 3%.
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Hors prévisions pour la République islamique d’Iran, exclues en raison d’une incertitude exceptionnellement élevée, la croissance dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan devrait tomber à 1,6 % en 2026, contre 4 % en 2025, plombée par l’impact du conflit régional.
Ce taux représente une dégradation de 2,7 points de pourcentage par rapport aux projections de janvier. En supposant que les perturbations liées au conflit s’atténuent d’ici la fin de l’année, la croissance régionale
devrait rebondir pour atteindre 4,5 % sur la période 2027–2028. Les perspectives restent néanmoins soumises à une incertitude significative.
Dans les pays exportateurs d’hydrocarbures du Moyen-Orient, la croissance devrait chuter à 0,3 % en 2026, une projection revue à la baisse de 4,3 points de pourcentage depuis janvier. Un ralentissement qui s’explique par les baisses substantielles de la production d’hydrocarbures, conjuguées aux perturbations dans les échanges commerciaux, les investissements étrangers et les services, notamment le tourisme et le secteur aérien.
L’inflation devrait repartir à la hausse, tirée en partie par la hausse des prix des denrées alimentaires importées et des coûts de fret maritime. Les prix des hydrocarbures seront également plus élevés, mais les retombées budgétaires de cette hausse restent très incertaines, compte tenu des tensions croissantes sur les dépenses publiques dans plusieurs économies, notamment en matière de défense.
L’ampleur des effets du conflit variera selon les économies, en fonction de l’étendue de leurs dommages, de leur degré d’exposition aux hostilités et de l’état de leurs marges de manœuvre politiques.
En ce qui concerne les pays importateurs d’hydrocarbures, la croissance devrait également marquer le pas en 2026, sous l’effet de la hausse des prix des hydrocarbures, des perturbations dans le transport maritime et le tourisme, ainsi que du fléchissement des envois de fonds.
Les excédents primaires devraient se tasser en 2026, en partie en raison de l’augmentation des subventions et d’autres mesures de protection sociale dans plusieurs économies. À Djibouti, dont l’accès au financement extérieur est limité, la baisse des dons des bailleurs devrait peser sur les recettes publiques.
La hausse des prix à l’importation et la diminution des transferts de fonds des migrants devraient creuser les déficits courants en 2026, même si, en Jordanie et au Maroc, ces facteurs devraient en partie être compensés par la hausse des prix des engrais, qui contribuera à une augmentation des recettes d’exportation.
La croissance des pays importateurs d’hydrocarbures devrait se redresser sur la période 2027-2028, portée
par la baisse des prix de l’énergie et la reprise du transport maritime, du tourisme et des transferts de fonds des migrants. L’atténuation des pressions inflationnistes ouvrira la voie à un assouplissement de la politique monétaire, de nature à soutenir l’activité. Les excédents primaires devraient s’élargir avec les efforts d’assainissement budgétaire, notamment en République arabe d’Égypte, au Pakistan et en Tunisie.
La création d’emplois devrait cependant rester limitée sur l’ensemble de l’horizon de prévision, en raison notamment de marchés du travail peu dynamiques et de rigidités structurelles, auxquels s’ajoutent de
faibles taux d’activité féminine.
Les perspectives des économies en situation de fragilité et de conflit restent moroses et très incertaines. Le conflit devrait peser sur l’activité, en particulier les exportations et le tourisme, et aggraver l’insécurité alimentaire au Liban et en République arabe syrienne.

