Flash
ONU : Trump doit dĂ©cider entre « anĂ©antir » l’Iran ou passer un « accord » La Bourse de Casablanca finit en territoire positif Prix des mĂ©dicaments : une première baisse attendue pour près de 300 rĂ©fĂ©rences MarchĂ©s : les cĂ©rĂ©ales progressent, le pĂ©trole corrige BAD : 5,28 millions de dollars pour le projet d’hydrogène vert de Nareva Holding Ă  Guelmim Élections 2026 : le ministère de l’IntĂ©rieur rappelle les modalitĂ©s de localisation des bureaux de vote Bank Al-Maghrib anticipe une croissance Ă  4,4 % en 2026 sous un bouclier d’inflation faible BAM maintient le taux directeur inchangĂ© Ă  2,25% Les Marocains aux urnes mercredi pour Ă©lire les membres de la Chambre des ReprĂ©sentants Menace sur l’Ă©nergie et l’alimentation : le cri d’alarme du G7 contre l’escalade au YĂ©men
Economie Nationale

🎥Directions financières : les DAF d’un optimisme béat en 2025 ?

directions financières DAF PwC

Ecrit par Imane Bouhrara I

Les directeurs administratifs et financiers marocains (DAF) sont de plus en plus optimistes quant aux perspectives de croissance économique au Maroc, avec une progression de la confiance de plus de 10% au cours des trois dernières années. Les directeurs financiers sont confiants à hauteur de 93%. Mais c’est loin d’un optimisme béat puisque les priorités changent et les risques ne sont pas perdus de vue comme en témoigne la troisième édition de l’étude PwC sur les priorités des DAF au Maroc.

L’optimisme pour l’annĂ©e 2025 se renforce auprès des DAF, relève la CFO Survey, l’étude PwC consacrĂ©e aux prioritĂ©s 2025 des Directions financières au Maroc intitulĂ©e: « Bâtir l’avenir avec optimisme ».

Publicité

Menée auprès 110 directions financières de différentes entreprises marocaines (dont 71% filiales de groupes internationaux) opérant dans 13 secteurs d’activité.

Ainsi, de 2024 à 2025, confiance quant aux perspectives de croissance économique au Maroc a progressé de 10% sur cette période (À 93%). La confiance à moyen terme a également progressé de manière significative, enregistrant une hausse de plus de 15 % (à 95%).

Selon PwC, cette forte progression dĂ©coule de la confiance inspirĂ©e par les rĂ©formes Ă©conomiques en cours et les initiatives gouvernementales visant Ă  stabiliser et dynamiser l’Ă©conomie.

Cette convergence sur les deux horizons, traduit des attentes positives quant à la solidité économique ou à la mise en œuvre réussie de politiques favorables à la croissance.

Les tendances observĂ©es pourraient ĂŞtre influencĂ©es par des Ă©lĂ©ments spĂ©cifiques, tels que des projets d’investissement et une amĂ©lioration des conditions macroĂ©conomiques. Le Maroc a mis en place plusieurs mesures pour amĂ©liorer le climat des affaires et attirer les investissements Ă©trangers.

La présentation des résultats de l’étude PwC ce 11 décembre à Casablanca, a été marquée par la présence de Larabi Jaïdi, économiste, senior Fellow au PCNS et professeur à l’UM6P pour mettre en relief ces résultats. Et effectivement, le renforcement de l’optimisme des DAF contraste avec celui d’autres études sur le contexte économique ou avec le moral des chefs d’entreprises optimiste avec modération. Ce qui peut expliquer ces variations dans l’appréhension du contexte économique nationale et de l’appréciation des perspectives d’avenir et que l’étude PwC cible une niche certes, les DAF, mais qui sont au cœur de la stratégie des entreprises et sont des leviers certains d’anticipation et de transformation dans un contexte empreint de grandes fluctuations.

« Je ne suis pas surpris de cet optimisme, dans un monde qui évolue à plusieurs vitesses… Autant y voir de la lucidité de voir le positif dans le changement dans le contexte économique mais aussi l’autre moitié vide du verre », explique Larabi Jaïdi en faisant référence à des problématiques telles que les défaillances des entreprises et d’un pessimiste exprimé par les entreprises dans d’autres études.

Nous avons posé la question à Mohamed Rqibate, Associé Audit – PwC au Maroc, pour mieux comprendre la source de cet optimiste accru pour 2025.

Basculement des priorités des DAF en 2025

L’étude relève Ă©galement un changement du Top 3 des DAF en 2025, puisque la prioritĂ© n°1 pour 2025 est le pilotage de la performance. Ainsi, 64 % des Directions Financières souhaitent faire Ă©voluer leur organisation pour atteindre leurs objectifs de transformation et gagner en agilitĂ©, 60 % envisagent d’investir dans la technologie. 

Kenza Sabouni, AssociĂ©e PwC au Maroc, les grandes tendances de l’annĂ©e 2025 en matière de prioritĂ©s.

Il faut dire que le rôle des DAF dans la prise à la décision est vital et donc, se doter des outils et technologies d’aide à la décision est très pertinent. Pour autant, l’étude PwC relève que 10 % des entreprises ont déjà déployé des initiatives portées par leurs sociétés mères au niveau des entités marocaines, tandis que plus de 34 % des entreprises interrogées ont indiqué avoir mis en place des initiatives locales. 

Enfin, 56 % des CFO interrogĂ©s ont signalĂ© une utilisation faible voir très faible de l’intelligence artificielle, ce qui indique que l’intĂ©gration de ces technologies prĂ©sente des dĂ©fis en matière de mise en Ĺ“uvre, de formation des employĂ©s et de conduite du changement.

La deuxième prioritĂ© est la gestion de cash qui se retrouve encore et toujours dans le top 3 bien qu’elle passe de la pole position au second rang. Selon l’étude, persistante sur les marges dues notamment Ă  l’inflation importĂ©e, aux contraintes d’accès au financement bancaire et Ă  une volatilitĂ© accrue des flux financiers, la gestion proactive et anticipĂ©e du cash reste cruciale. Les Directions Financières marocaines doivent Ă©galement assurer un alignement optimal entre leurs investissements et les prioritĂ©s en termes de croissance.

La troisième prioritĂ© pour 2025 est la maĂ®trise du risque. Ainsi, 20 % des directeurs financiers considèrent qu’une gestion proactive et efficace des risques est essentielle. Ils doivent avoir une vision Ă  360 degrĂ©s de l’entreprise, maĂ®trisant non seulement les risques financiers, mais aussi opĂ©rationnels et industriels. En tant que pivot central, ils collaborent Ă©troitement avec la direction gĂ©nĂ©rale pour non seulement minimiser les impacts nĂ©gatifs, mais aussi saisir les opportunitĂ©s dans un environnement en constante Ă©volution.

Ainsi, les DAF ont exprimĂ© leur sensibilitĂ© Ă  l’inflation. Cette annĂ©e, elle est perçue comme le risque majeur par les directions financières, tandis que l’annĂ©e dernière, elle occupait la troisième place sur le podium des risques.

Les risques liés aux conflits géopolitiques ainsi que les conséquences économiques qui en découlent notamment sur les chaînes d’approvisionnement figurent en permanence dans le radar des DAF.

Et en troisième lieu les risques relatifs Ă  la cybercriminalitĂ©. Les directions financières doivent ainsi non seulement gĂ©rer les risques actuels, mais aussi anticiper et s’adapter aux Ă©volutions technologiques rapides, en investissant dans des technologies de sĂ©curitĂ© avancĂ©es et en formant continuellement leurs Ă©quipes pour maintenir leur compĂ©titivitĂ© et assurer leur sĂ©curitĂ© dans un environnement en perpĂ©tuelle Ă©volution.

Dans le mĂŞme sillage, l’étude de PwC souligne que la gestion de la trĂ©sorerie reste une prioritĂ© essentielle et ne doit pas constituer un obstacle. Ainsi, 30% des dirigeants interrogĂ©s ont fixĂ© la Gestion et l’optimisation de leurs liquiditĂ©s comme prioritĂ© Ă  leur fonction TrĂ©sorerie pour optimiser les frais financiers et disposer d’une meilleure visibilitĂ© sur leur cash disponible.

Quelque 28% ont Ă©galement priorisĂ© la « Digitalisation des processus » dans l’entreprise pour amĂ©liorer l’efficacitĂ© opĂ©rationnelle, rĂ©duire les dĂ©lais de traitement et renforcer la qualitĂ© et la fiabilitĂ© des donnĂ©es financières et 15% ont priorisĂ© le monitoring du Besoin en Fonds de Roulement comme prioritĂ© Ă  leur fonction TrĂ©sorerie pour apprĂ©hender la consommation de cash des activitĂ©s business.

On notera Ă©galement que l’intĂ©gration de la RSE dans les activitĂ©s de la direction financière est en hausse depuis 2 ans, en particulier dans le domaine du Reporting, de la communication externe (marchĂ©s, investisseurs…) et du pilotage de la performance.

Pour le reste des priorités, l’étude PwC pour 2025, on retrouve à la 4e position la conformité réglementaire, qui était considérée l’année dernière par les répondants comme étant la principale activité impactée par la RSE, arrive cette année en 4ème place, alors que la récente étude menée conjointement par l’AMMC et l’IFC sur le bilan des pratiques de reporting ESG des émetteurs marocains sur la période 2021-2023 fais ressortir une amélioration des pratiques mais qui reste plus marquée sur le plan de la conformité que sur celui de la qualité.

En effet, l’étude PwC révèle que les pratiques restent hétérogènes en termes de standards adoptés, de thématiques abordées et de précision des informations fournies dans les rapports ESG publiés, dont la certification par un tiers reste encore optionnelle pour mémoire.

Par ailleurs, l’intĂ©gration d’Ă©lĂ©ments extra-financiers dans le dialogue de gestion (processus prĂ©visionnels, revues d’activitĂ© pĂ©riodiques…) et dans l’Ă©laboration de nouveaux modèles Ă©conomiques se poursuit, mais reste une pratique encore pionnière.

Enfin, le recrutement et la formation des compĂ©tences constitue encore cette annĂ©e pour nos rĂ©pondants une Ă©volution Ă  mettre en Ĺ“uvre prioritairement au sein des directions financières en matière de pilotage de la performance afin de mieux apprĂ©hender l’impact environnemental de l’entreprise.

Publicité

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!