Distribution des médicaments : l’AMMPS élève les standards de qualité et de traçabilité

De la réception à la livraison, chaque étape du parcours d’un médicament sera désormais soumise à des exigences plus strictes. Avec sa nouvelle ligne directrice sur les bonnes pratiques de distribution, l’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) entend renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement et limiter les risques liés aux produits falsifiés ou mal conservés.
Le médicament ne se résume pas à sa fabrication. Une fois sorti de l’usine, il entame un parcours parfois long, entre entrepôts, plateformes logistiques et points de distribution. C’est précisément cette phase souvent moins visible que l’AMMPS souhaite mieux encadrer à travers une nouvelle ligne directrice destinée aux établissements pharmaceutiques.
Le document rappelle un principe simple : un médicament doit conserver la même qualité lorsqu’il parvient au patient que lorsqu’il a quitté son site de production. Pour y parvenir, les distributeurs devront mettre en place un système qualité couvrant l’ensemble de leurs activités, depuis le stockage jusqu’au transport, en passant par la traçabilité des produits et la gestion des risques.
La responsabilité incombera en grande partie au pharmacien responsable, dont les missions sont renforcées. Celui-ci devra veiller au respect des bonnes pratiques, superviser les formations du personnel, approuver les fournisseurs et les clients habilités à recevoir des médicaments, mais aussi piloter les procédures de rappel ou de retrait du marché lorsque cela s’avère nécessaire.
Sur le terrain, les exigences deviennent particulièrement concrètes. Les établissements devront assurer un contrôle permanent des conditions de conservation des médicaments. Température, humidité, sécurité des locaux, maintenance des équipements : tout devra être surveillé, enregistré et documenté. Les produits périmés, retournés ou suspectés d’être falsifiés devront être immédiatement retirés des stocks destinés à la distribution.
La question des médicaments falsifiés occupe d’ailleurs une place centrale dans le texte. Toute suspicion devra être signalée sans délai aux autorités compétentes et faire l’objet d’une enquête formalisée. Les produits concernés devront être isolés afin d’éviter tout risque d’introduction dans le circuit légal d’approvisionnement.
Le transport fait également l’objet d’une vigilance accrue. Les opérateurs devront démontrer que les conditions de conservation ont été respectées tout au long du trajet, en particulier pour les produits thermosensibles. Les excursions de température, les incidents logistiques ou les dommages constatés pendant le transport devront être documentés et analysés.
Au-delà des obligations techniques, cette ligne directrice marque une évolution de philosophie. L’AMMPS met davantage l’accent sur l’anticipation des risques, la traçabilité et la responsabilisation de l’ensemble des acteurs de la chaîne pharmaceutique. L’objectif est de réduire les failles susceptibles d’affecter la qualité des médicaments avant leur arrivée chez le patient.


