Briser les idées reçues : l’impact de l’arthrite et du psoriasis sur les patients (Laila Najdi)

Laila Najdi, présidente de l’Association Marocaine des Polyarthritiques et du Psoriasis (AMPS) revient dans cet interview sur des idées reçues les plus fréquentes sur l’arthrite et le psoriasis, et comment affectent-elles les patients.
EcoActu.ma : Quelles sont les idées reçues les plus fréquentes sur l’arthrite et le psoriasis, et comment affectent-elles les patients ?
Laila Najdi : Ce qu’on voit souvent, c’est une mauvaise compréhension de ces maladies. Par exemple, beaucoup de gens pensent que l’arthrite ou le psoriasis sont contagieux, ce qui n’est absolument pas le cas. Mais cette croyance pousse les patients à s’isoler, parfois même à éviter les lieux publics, de peur d’être jugés ou rejetés.
Ensuite, il y a aussi cette tendance à minimiser leurs symptômes. On entend des choses comme : « Ce n’est qu’une éruption cutanée » ou « Tout le monde a mal aux articulations parfois ». Ces phrases peuvent sembler anodines, mais pour les patients, elles renforcent un sentiment d’incompréhension et d’isolement.
Et puis, il y a les répercussions sur l’accès aux soins. Beaucoup de patients, influencés par ces idées reçues, se disent que consulter ou suivre un traitement, ce n’est pas nécessaire. Ils perdent parfois des années avant de demander de l’aide.
Avez-vous des exemples concrets de l’impact de ces idées reçues sur les patients ?
Oui, absolument. Par exemple, j’ai rencontré un patient atteint de psoriasis qui a arrêté de participer à des réunions familiales. Il avait peur des jugements, des regards, et cela a fini par affecter sa santé mentale. Il est tombé dans l’anxiété et la dépression.
Un autre exemple, c’est un patient souffrant d’arthrite. Sa douleur chronique l’a obligé à quitter son travail, qu’il adorait. Cette situation a non seulement causé des difficultés financières, mais aussi une perte d’estime de soi. Ces histoires montrent bien que les impacts vont au-delà de la maladie elle-même.
Pourquoi la sensibilisation est-elle si importante dans ce contexte ?
La sensibilisation, c’est vraiment clé. Elle peut faire évoluer les mentalités. Quand les gens comprennent que ces maladies ne sont pas contagieuses et qu’elles peuvent toucher n’importe qui, ils deviennent souvent plus empathiques et compréhensifs.
Mais ce n’est pas tout. Sensibiliser, c’est aussi inciter les patients à chercher des soins adaptés. Avec une meilleure information, ils sont moins tentés de minimiser leur situation ou d’attendre trop longtemps avant de consulter. Et puis, ça peut même pousser les gouvernements et les organisations à améliorer l’accès aux traitements.
Enfin, il y a l’aspect du soutien émotionnel. Par exemple, grâce à des campagnes de sensibilisation, on voit émerger des groupes de soutien où les patients peuvent partager leurs expériences et se sentir moins seuls.
Quel rôle les médias peuvent-ils jouer dans cette sensibilisation ?
Ils ont un rôle essentiel. À travers des articles ou des reportages, ils peuvent démystifier ces maladies et corriger les idées fausses. Les témoignages de patients, par exemple, permettent de donner un visage humain à ces maladies. Quand les gens voient ou entendent ces récits, ils comprennent mieux les défis que les patients traversent.
Les campagnes sur les réseaux sociaux sont aussi très puissantes. Elles permettent de toucher un large public, de créer un dialogue et même de mobiliser les communautés. Et puis, il ne faut pas oublier les partenariats avec des ONG. Ensemble, médias et associations peuvent organiser des événements ou des programmes pour améliorer l’accès aux soins et informer le public.
En résumé, les médias, s’ils sont bien utilisés, peuvent vraiment changer la donne pour les patients.

