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Édito

Effondrements, inondations… et les responsables ingurgitent des milliards !

football

Ecrit par Soubha Es-Siari I

Les deux terribles tragédies que ce soit celle de Fès ou celle de Safi ne doivent pas encore passer comme si elles sont normales. Il est indispensable voire judicieux de détecter via des audits les dysfonctionnements présents dans la gestion des marchés et l’équipement des infrastructures. Des sanctions doivent incessamment tomber sur les élus, les entrepreneurs, sur tous ceux qui ont un lien direct ou indirect avec des marchés foireux qui sentent à plein nez les liaisons suspectes et la connivence. C’est tout le mal que nous souhaitons au Maroc.

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Le Maroc s’apprête à accueillir en grande pompe la Coupe d’Afrique des Nations. Il suffit de faire un petit tour dans les villes où seront disputés les matchs pour s’émouvoir et s’enorgueillir de leur embellie et du lifting de leurs artères et façades. Un moment fort tant attendu par le pays, par les fans du foot, par toutes les composantes de l’économie pour profiter amplement du ruissellement des richesses que provoque généralement ce type d’évènements pour le pays hôte.

Sauf qu’à quelques jours de cette messe sportive, le Maroc a été brutalement secoué par deux grands incidents : l’effondrement d’un immeuble à Fès et les crues dans la ville de Safi. Deux accidents qui, malheureusement, se sont soldés par des décès, des blessés sans oublier ceux qui du jour au lendemain se convertissent, contre leur gré, en SDF.

Ces deux tragédies ont encore une fois remis à la surface certes la fragilité de notre infrastructure mais surtout la malhonnêteté voire l’indifférence de nos responsables qui chaque fois qu’un incident survienne, rejettent tout sur la volonté divine. Au meilleur des cas, ils reconnaissent la négligence et se rejettent les responsabilités les uns sur les autres. Ils font volontairement fi des pots de vin, de la mauvaise gouvernance, de la lenteur d’adoption des textes pour des raisons souvent méconnues par l’opinion publique qui sont la source de nos malheurs au quotidien.

A ce titre, il est d’ailleurs utile de rappeler que ce n’est qu’en décembre 2024 que la RCD (Responsabilité civile décennale) et la TRC (Tous risques chantiers) sont devenues obligatoires au Maroc. Nous sommes d’ailleurs l’un des rares pays à avoir tardivement rendu ces deux polices obligatoires. Et pourtant la construction, on ne vous apprend rien, est le premier secteur accidentogène dans le monde comparativement à d’autres activités industrielles.

Autre fait important à signaler est la protection civile qui face à l’ampleur des tragédies demeure dépourvue de moyens. Les inondations dans la ville de Safi ont mis en exergue la fragilité et la déficience de la protection civile du moment que c’est la population qui, dans plusieurs cas, s’est mise à l’œuvre pour secourir des proches ou des voisins. Des images choquantes qui ternissent l’image d’un pays misant le tout pour le tout pour faire partie du cercle des pays émergents. Un objectif  qui demeure, ceterus paribus, utopique pour un Maroc à deux vitesses.

D’aucuns outrés, dégoûtés diront que peut-on attendre de plus d’une équipe au pouvoir, censée sévir, rétablir les bonnes règles du jeu, qui ferme les yeux et fait la sourde oreille dans des situations rocambolesques qui en disent long sur les conflits d’intérêts, la gabegie et l’incompétence des responsables appelés à gouverner et tirer vers le haut le service fait.

Le Parlement est devenu malheureusement une enceinte où se lave régulièrement le linge sale attestant de la médiocrité, des coups bas et de la dilapidation des deniers publics. Des responsables qui encaissent des milliards pour, tout simplement, mal gouverner.

Une chose est sûre : ces deux terribles tragédies ne doivent pas encore passer comme si elles sont normales. Il est indispensable voire judicieux de détecter via des audits, les dysfonctionnements présents dans la gestion des marchés et l’équipement des infrastructures. Des sanctions doivent incessamment tomber sur les élus, les entrepreneurs, sur tous ceux qui ont un lien direct ou indirect avec des marchés foireux qui sentent à plein nez les liaisons suspectes et la connivence.

Lire également : Crues à Safi : le gouvernement activera-t-il enfin le FSEC ou recourera-t-il à un autre mécanisme ?

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