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Economie

Énergie : la facture marocaine s’envole de 40% en un mois ! 

énergie NORMES COMMERCE

Ecrit par S. Es-Siari I

Alors que l’économie nationale espérait une année de stabilisation, le regain de tension au Proche-Orient vient brutalement rebattre les cartes. Cette zone névralgique pour les flux mondiaux traverse une crise profonde qui a immédiatement enflammé les cours de l’énergie. Pour le Maroc, le verdict des chiffres à fin mars 2026 est sans appel : une explosion de 40 % de la facture énergétique en un seul mois.

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L’analyse de la balance commerciale telle que publiée par l’Office des changes à fin mars 2026  montre une accélération assez nette du coût de l’énergie au Maroc à la fin du premier trimestre 2026. `

Décryptons les données pour mieux comprendre la situation :

D’une manière globale, la hausse annuelle reste contenue à +1,1% (+312 MDH), mais ce chiffre cache une réalité plus dynamique.

Les moteurs de la hausse : ce sont les gas-oils et fuel-oils qui tirent la facture vers le haut avec une augmentation de +14,7% (+1,964 Md de DH). Cela suggère bien évidemment une hausse des cours mondiaux sur ces produits spécifiques, due au conflit au Proche-Orient et un besoin accru en combustible pour la production d’électricité ou le transport.

Le chiffre le plus frappant est le bond de +40% (+3,614 Mds de DH) entre février et mars 2026. Une telle variation en un seul mois indique un pic de consommation conjugué à une remontée brutale des prix à l’importation sur une période assez courte.

En résumé, si la facture énergétique est restée stable sur le début de l’année, le mois de mars marque un tournant avec une pression beaucoup plus forte sur les approvisionnements.

Quel impact sur la balance commerciale ?

La flambée des coûts des produits pétroliers en mars a directement contribué à creuser le fossé entre les importations et les exportations. À fin mars 2026, le déficit commercial s’est aggravé de 23,9%, atteignant -87,37 Mds de DH, contre -70,55 Mds de DH l’année précédente.

En cause, l’effet dominant des prix. Bien que les volumes importés aient globalement baissé de 5,2%, la facture totale a tout de même augmenté de 1,1% à cause de la volatilité des cours mondiaux ou ce que nous appelons l’inflation importée.

Dans un pareil contexte, malgré cette pression sur les sorties de devises pour payer l’énergie, les économistes rassurent quant à un Dirham montrant une résilience notable. Au 1er mai 2026, le Dirham s’est même renforcé de 1,19% sur le dernier mois face au dollar, s’établissant autour de 9,25  $/DH.

Cette stabilité est soutenue par des réserves de change qui ont atteint un niveau record de 462 Mds de DH en février 2026, offrant un filet de sécurité confortable à la Banque Centrale pour gérer cette volatilité.

Rappelons le,  Cette solidité du Dirham est de bonne augure et intervient alors que le Maroc envisage une libéralisation plus poussée du régime de change (flottement du dirham) courant 2026 si les autres indicateurs macroéconomiques tiennent bon.

Quid du pouvoir d’achat et de l’inflation ?

La hausse de la facture énergétique se répercute déjà sur le consommateur final. 

Prix à la pompe : au 1er avril 2026, le prix du gasoil a bondi de 1,70 DH/L, atteignant environ 14,50 DH/L.

L’inflation a grimpé à 0,90% en mars (contre une déflation en février), portée par l’énergie et les produits alimentaires. 

Portée par une hausse massive des approvisionnements en gas-oils et fuel-oils, cette flambée de plus de 3,6 Mds de DH en glissement mensuel fragilise ainsi la balance commerciale et ravive les pressions inflationnistes. Entre dépendance aux marchés extérieurs et impératif de souveraineté, le Royaume se retrouve face à un défi de taille : protéger son équilibre macroéconomique face à une onde de choc géopolitique dont personne ne semble encore maîtriser la durée et l’ampleur.

Pour remédier un tant soit peu à la situation, des mesures macroéconomiques à prendre sont d’une valeur inestimable. Le Maroc a intérêt à booster davantage les exportations (Métiers mondiaux du Maroc : Automobile, Aéronautique, Phosphates) pour générer davantage de devises et ainsi équilibrer la balance commerciale qui souffre depuis des décennies d’un déficit structurel. Aussi, positionner le Maroc comme exportateur d’énergie propre, tel que l’Hydrogène vert, à moyen terme pour transformer une charge (importations) en une ressource (exportations) est crucial dans les temps imprévisibles qui courent.

Sans omettre l’utilisation à bon escient des instruments financiers sur les marchés internationaux pour bloquer les prix d’achat du pétrole à un niveau prédéfini et éviter les surprises de volatilité comme celle de mars 2026.

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